Yves Brochu, citoyen de Saint-Damien, a sorti sa chaloupe.
Photo Pierre Grenier
Saint-Damien: les pieds dans l’eau
La municipalité la plus touchée de la région
Les pieds dans l’eau depuis dimanche, de nombreux Damiennois ont troqué leur véhicule pour une chaloupe. Une trentaine de résidences ont été inondées dans ce secteur, ce qui fait de Saint-Damien la municipalité la plus affectée par la crue des eaux dans Lanaudière.
«Mardi, j’avais un rendez-vous à Saint-Jean-de-Matha pour une prise de sang. Je m’y suis rendu en bateau», a soutenu Yves Brochu, citoyen du chemin de la Presqu’Île.
Vivant à Saint-Damien depuis 10 ans, M. Brochu ne s’étonne pas de la situation. Chaque année, la rivière Noire apporte son lot d’inconvénients.
«Tous les ans, quand la fonte des neiges approche, on se prépare. On fait des provisions d’essence et de nourriture. On sort nos pompes. Les inondations sont de plus en plus pires d’une année à l’autre», a-t-il fait valoir.
Les quatre pieds d’eau qui se trouvent au sous-sol de sa résidence ne l’ont pas poussé à quitter les lieux. «On pompe 24 heures sur 24. Sinon, il y aurait au moins cinq pieds d’eau dans la cave», a indiqué Yves Brochu.
Au lieu de faire du covoiturage, les citoyens font du «cobateau». Ils se rendent au travail, vont à l’école et font leurs courses comme à l’habitude. «L’entraide est de mise. On s’assure de ne pas se faire voler nos chaloupes. Ce n’est pas simple», a soutenu M. Brochu.
À Saint-Damien, les chemins des Brises, des Trois-Sœurs, des Castors et de la Rivière ont été touchés. L’eau s’est même rendue jusqu’à la route 347.
Les Émélinois ont eux aussi goûté aux désagréments causés par la crue de la rivière Noire. Une trentaine de maisons ont été inondées dans le domaine Sainte-Marie. «Ce n’est rien d’inhabituel. C’est comme cela tous les ans», a assuré la mairesse de la municipalité, Lyne Marcil.
Elle a précisé qu’aucune mesure d’urgence n’a été lancée, mais que plusieurs citoyens ont quitté leur propriété en attendant que tout redevienne à la normale.
La rivière L’Assomption a également causé des mots de tête, principalement dans les secteurs de Saint-Alphonse-Rodriguez, Saint-Paul et Saint-Félix-de-Valois.
Une douzaine de résidences ont été isolées par l’eau, à Saint-Alphonse. Trois maisons ont été menacées à Saint-Félix et deux résidences ont été inondées à Saint-Paul. Des domiciles de Sainte-Mélanie ont aussi été touchés.
Personne n’a toutefois été contraint à quitter son domicile.
À Mandeville, la rivière Maskinongé menaçait quatre résidences, mercredi. Cinq rues ont été touchées par la crue des eaux, ce qui a forcé le ralentissement de la circulation.
Au total, dans Lanaudière, en date du 23 avril, la Sécurité civile du Québec dénombrait neuf résidences menacées, 12 maisons isolées, 76 résidences secondaires touchées et huit personnes évacuées.
Malgré tout, Jean-Pierre Corneault, conseiller en communication d’urgence pour les régions de Montréal, Laval et Lanaudière, s’est montré positif. Questionné à ce sujet mercredi dernier, il envisageait le début d’une décrue dans les «24 prochaines heures».