Monseigneur Gilles Lussier est le président du Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.
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Fruits de la terre et du travail humain
Pour un contrat social avec le monde rural
Au moment où la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Québec vient de déposer son rapport, le Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, présidé par monseigneur Gilles Lussier, désire apporter sa réflexion sur la difficile réalité du travail indispensable des producteurs agricoles à l'approche de la fête des travailleurs, le 1er mai.
L’agriculture, rappelle le Comité des affaires sociales, joue un rôle essentiel dans la société tant au plan économique, environnemental que culturel. Sa mission de base consiste à développer la fertilité de la terre, à nourrir les populations et à fournir un revenu équitable aux hommes et aux femmes qui y travaillent.
Avant 1960, l’agriculture était un mode de vie et les gens vivaient au rythme de la nature qui leur enseignait le soin et le respect à donner à la terre. Le territoire était occupé par de nombreuses fermes de type familial. L’introduction de nouvelles technologies et l’industrialisation ont apporté d’importants changements qui ont eu des répercussions sur les cultivateurs, la culture du sol, les élevages, l’environnement, la taille des fermes et la commercialisation. Les politiques agricoles ont valorisé la spécialisation des cultures et des productions animales afin de répondre à la mondialisation des marchés.
Les effets néfastes de l’industrialisation
L’industrialisation a causé des torts à la terre cultivable, soutient le Comité des affaires sociales. Certaines pratiques ont des effets néfastes sur l’écosystème, l’environnement et, à plus long terme, sur la santé de chacun, telles que la monoculture sur de vastes terres agricoles, l’usage excessif de fertilisants chimiques et de pesticides et la diminution des terres fertiles au profit d’étalements urbains. Ces conséquences de l’industrialisation affectent le moral des producteurs et la détresse psychologique est présente.
L’agriculture est en crise, des changements structurels s’imposent et c’est un grand défi pour l’agriculture au Québec, croit le Comité des affaires sociales de l’AECQ. Un virage s’opère chez quelques agriculteurs pour sortir des impasses provoquées par les exigences de l’agriculture industrielle et par la mondialisation des marchés. Les populations sont témoins de l’émergence d’une agriculture d’exploitation du sol plus écologique fondée sur les écosystèmes. Cette approche de production agricole gère les sols, l’eau, les plantes et les animaux comme les composantes d’un tout fonctionnel.
Acteurs de changement social
Il devient impératif de redonner à l’agriculture sa fonction de base première, insistent les membres du comité, soit celle de nourrir les communautés locales et nationales. Les choix de consommation agroalimentaire sont importants pour sauvegarder l’agriculture, assurer une qualité de vie aux personnes qui en vivent, conserver les terres agricoles et protéger l’environnement. Les marchés mondiaux influencent de plus en plus les marchés locaux et les multinationales exercent un grand pouvoir sur l’alimentation. Chacun est appelé à devenir acteur de changement social.
Les consommateurs sont invités à réfléchir sur les modes d’opération de toute la chaîne agroalimentaire. Ils sont amenés à remettre en question leurs achats, en intégrant, dans les critères de sélection des aliments, des questions d’ordre environnemental, social, culturel, éthique et politique. Il importe de revoir les valeurs, les pratiques et les relations à l’autre pour la survie des générations à venir.
Le Congrès eucharistique international 2008, qui se tiendra à Québec du 15 au 22 juin, sera l’occasion de rappeler combien le mémorial de la messe invite à partager les fruits de la terre et du travail des humains.