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Un message vraiment clair

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 24 novembre 2007 à 10:18
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Un message vraiment clair
Ramener à .05 mg le taux d'alcool permis est-il un message assez clair pour les chauffards ?
Un message vraiment clair
On a un problème culturel au Québec avec la conduite automobile. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le premier ministre Jean Charest en marge de l'étude du projet de loi modifiant le Code de la sécurité routière.

Est-ce dû à nos racines latines ? Il y a probablement un lien, car c'est effectivement dans les pays latins qu'on retrouve le plus de délinquance sur la route. Le Québec présente le tableau le plus sombre au Canada. Pensez-y! On dénombrait l'an dernier 717 personnes qui ont perdu la vie sur les routes, alors que dans la province voisine, l'Ontario, pourtant plus populeuse, le bilan routier ne dépasse guère les 200 décès. Il y a effectivement un coup de barre à donner.

Il n'y a qu'à se promener sur les routes de l'Ontario ou du Vermont pour constater à quel point les automobilistes anglo-saxons sont plus respectueux des règles. Dans les villes, il suffit qu'un piéton se présente sur le coin d'une rue pour qu'immédiatement, les véhicules s'immobilisent pour céder le passage. À Joliette, le journal a déjà fait le test à la traverse de piéton de la rue Saint-Louis, face au palais de justice. Sur 100 véhicules, aucun n'a cédé le passage, ni même ralenti. Traverser dans ces conditions équivalait à un suicide. La priorité aux piétons est tellement loin de notre culture de conduite que les policiers n'émettent même pas de contraventions pour ce genre d'infraction.

Le projet de loi présentement à l'étude augmente considérablement le niveau des amendes pour les excès de vitesse pourvu qu'ils dépassent de 40 km/h la limite permise. Le message sera-t-il assez clair ? Peut-être que les fous du volant verront dans cette modification une tolérance à rouler à 30 km/h de plus que la vitesse permise. Il faudrait des mesures pas mal plus musclées pour convaincre les conducteurs à casquette à palette de rentrer dans le rang.

L'utilisation du photoradar aura certainement un effet, mais il risque d'être très localisé puisqu'on préviendra l'automobiliste de sa présence par des panneaux routiers. Les chauffards ralentiront pour relancer le moteur aussitôt le danger de contravention passé. À l'approche d'une courbe dangereuse, ça pourra être utile, mais guère plus.

La diminution du taux d'alcool permis dans le sang de .08 mg à.05mg semble la mesure la plus controversée du projet de loi. Les gens sont très divisés sur cette question comme en témoigne la question du net qui apparaît ci-bas. Ces résultats rejoignent ceux de sondages scientifiques réalisés plus tôt cette semaine. Certains sont contre parce que trop limitatif alors que d'autres s'y opposent parce qu'ils préféreraient la tolérance zéro.

Il y a déjà de nombreuses années que la conduite avec les facultés affaiblies est considérée comme un acte criminel. Toutefois, il faut bien reconnaître que pour une large partie de la population celui qui se fait prendre au volant en état d'ébriété, sauf s'il provoque un accident meurtrier, est rarement considéré par son entourage comme un criminel en puissance. On entend souvent dire de ces personnes, qu'elles ont tout simplement été malchanceuses. Il faut reconnaître qu'on a tout de même progressé depuis les années 70, alors qu'on considérait normal de conduire avec une bière entre les jambes.

En introduisant des amendes à compter de .05 mg d'alcool dans le sang, c'est bien davantage le bilan financier du gouvernement qu'on améliorera plutôt que le bilan routier. Le chef de l'ADQ, Mario Dumont, a bien raison lorsqu'il affirme que le vrai problème réside dans les récidivistes et là-dessus, le projet de loi est muet. On fait semblant d'agir et de régler le problème! On se serait attendu à ce que l'État serre encore plus la vis à ces ivrognes qui passent leur vice avant le respect de la vie humaine. Il aurait suffi de hausser considérablement les amendes et les peines de prison pour les conducteurs en état d'ébriété. On aurait pu envisager des mesures encore plus radicales comme la possibilité pour les victimes de poursuivre les conducteurs fautifs et leur retirer l'admissibilité aux prestations de la Société de l'assurance automobile du Québec. Après tout, connaissez-vous une compagnie d'assurances privée qui indemnise le titulaire de la police pour des dommages résultants de son agissement criminel ? Il n'y a que le gouvernement pour faire ça.

Québec devrait s'inspirer du gouvernement Harper en cette matière. Le gouvernement fédéral lorsqu'il lance un message est autrement plus clair. On vient de lancer tout un message aux petits trafiquants de drogues en établissant des peines minimales d'emprisonnement, ce qui évitera les sentences-bonbons dans le domaine des drogues.

André Nadeau

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