Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
L'Action
Le blogue d'André Nadeau
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

La crainte de redevenir minoritaire dans son pays

André Nadeau par André Nadeau
Voir tous les articles de André Nadeau
Article mis en ligne le 22 septembre 2007 à 7:04
Soyez le premier à commenter cet article
La crainte de redevenir minoritaire dans son pays
Il existe, à travers le Québec francophone, une crainte assez largement répandue de voir les valeurs communes des Québécois mises au rancart au profit des valeurs et coutumes d'autres communautés ethniques ou religieuses. Cette crainte s'est amplifiée depuis quelques années à mesure que les médias rapportaient des cas d'accommodements raisonnables qui apparaissaient plutôt déraisonnables à une large partie de la population.

Une certaine presse en a d'ailleurs fait ses choux gras montant en épingle le moindre incident. Pourtant, la plupart des cas rapportés ne découlaient même pas du concept d'accommodement raisonnable. Ils ne faisaient même pas l'objet d'une revendication des minorités ou étaient simplement imputables à des dirigeants zélés qui veulent en donner plus qu'on en demande.

Pourquoi ce débat a-t-il pris de telles proportions pour qu'on ait jugé bon de créer une commission d'enquête sur le sujet ? Il semble bien qu'au-delà des cas d'accommodements raisonnables, c'est l'insécurité des Québécois qui s'exprime à l'occasion des audiences de la Commission Bouchard Taylor. Après tout, il n'y a pas si longtemps que les Québécois se comportent comme une majorité. Il faut à peine remonter 40 ans ou 50 ans en arrière pour retrouver ici, un peuple traité comme une minorité dans son propre pays. Les entreprises étaient pour la grande majorité propriété d'anglophones, la langue du « boss » était aussi la langue de travail et même les chèques provenant du gouvernement fédéral étaient libellés uniquement dans la langue de Shakespeare. On n'a qu'à regarder des photos d'époque de commerces joliettains pour s'apercevoir que bien souvent, seul l'anglais avait droit de cité. À la même époque, les immigrants envoyaient leurs enfants à l'école de la majorité canadienne, c'est-à-dire l'école anglaise.

Avec la Révolution tranquille et la loi 101, les Québécois se sont donné des instruments économiques et législatifs qui ont permis de se forger une identité de majoritaire. C'est là, que nous sommes passés de Canadien-français à Québécois. Il n'est donc pas étonnant qu'aujourd'hui, on craigne de perdre ces acquis assez récents. Une période de 40 à 50 ans, c'est court dans l'histoire d'un peuple.

Vu avec l'œil grossissant des médias, on comprend que le débat prenne autant d'envergure dans des régions qui ne comptent pourtant qu'une infime proportion d'immigrants. On remarque aussi que ces craintes sont surtout le fait de gens d'un certain âge. Les jeunes, plus sûrs de leur identité ou plus habitués à côtoyer des immigrants, semblent moins nombreux à se sentir concernés par le débat.

La recherche de solutions réside en bonne partie dans le raffermissement de l'identité québécoise. Il passe probablement par un soutien financier plus important aux mesures d'intégration déjà en place et une sélection plus rigoureuse des candidats à l'immigration. On pourrait peut-être aussi s'inspirer de la réforme du président français Nicolas Sarkozy qui propose d'assujettir l'immigration à la signature d'un contrat d'intégration qui inclurait une formation civique et l'apprentissage du français comme condition d'entrée.

Une municipalité de Lanaudière possède une solide expertise dans l'art d'intégrer les immigrants tout en s'enrichissant de leur apport culturel. Il sera intéressant de prendre connaissance du témoignage de la mairesse de Rawdon devant la Commission Bouchard Taylor à Joliette mercredi prochain. Rawdon, c''est l'exemple parfait dans notre région de la cohabitation harmonieuse de plus de 25 ethnies et de presque autant de religions.

D'autre part, il faudrait peut-être éviter d'imputer aux seuls immigrants, le débat portant sur la laïcisation des institutions. Bien souvent pour ne pas dire la plupart du temps, la suggestion d'abandonner des traditions bien québécoises et catholiques provient de Québécois de souche. Ce ne sont pas les immigrants qui suggèrent de sortir le crucifix de l'Assemblée nationale, d'abolir la fête de Pâques ou d'interdire la prière avant la séance du conseil municipal de Sainte-Julienne. La religion n'a plus l'emprise qu'elle a déjà eue sur notre société, mais même si les églises sont vides, une grande majorité des Québécois se disaient catholiques lors du dernier recensement. La présence du crucifix et de la prière avant la réunion du conseil municipal relèvent bien plus d'une tradition qu'on veut conserver que d'une réelle expression de foi. Les conseillers municipaux n'ont d'ailleurs pas à rougir de maintenir cette tradition puisque même la Constitution canadienne reconnaît que le « Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ».

André Nadeau

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net