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Pacifistes ou moumounes ?-

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 14 septembre 2007 à 14:00
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Pacifistes ou moumounes ?-
Ne faut-il pas sécuriser le terrain avant de reconstruire l'Afghanistan ?
Pacifistes ou moumounes ?-
Les Québécois veulent bien que leurs forces armées jouent un rôle sur la scène internationale à la condition que ce soit pour venir en aide à une population opprimée et sous l'égide des Nations Unies. C'est d'ailleurs pourquoi nos soldats ne combattent pas en Irak.

Dans le cas de l'Afghanistan, c'est différent. Le Parlement canadien a décidé d'y envoyer des troupes dans le cadre d'une opération menée par l'OTAN, parrainée par l'ONU et visant à libérer une population opprimée depuis des lustres par les talibans. Au surplus, depuis quelques années, nos troupes s'y trouvent à l'invitation d'un gouvernement démocratiquement élu. Mais ça ne suffit pas pour rallier la population québécoise derrière cette mission de plus en plus controversée.

On se targue d'être pacifiste au Canada, c'est même devenu une de nos valeurs. Mais du pacifisme à la « moumounerie », il n'y a qu'un pas. Dès que ça brasse un peu, on préfère se retirer. Comme à l'époque des casques bleus, on préfère voir nos soldats apporter une aide humanitaire ou garder la paix sans utilisation de la force. C'est ce que les troupes du général Dallaire ont fait au Rwanda, témoins silencieux du pire génocide de la fin du 20e siècle. Dénués de la consigne d'intervenir dans un mandat trop restrictif de l'ONU, les soldats canadiens n'ont pu que regarder la parade pendant que les Rwandais s'entretuaient à coup de machettes.

Les temps ont changé et l'ONU a bien compris que pour faire cesser des exactions intolérables, elle devait avoir recours à la force. C'est ce qui s'est produit en Afghanistan au lendemain des attentats du World Trade Center. Bien avant cet acte terroriste, nous nous émouvions du sort réservé aux femmes et aux fillettes par les talibans. Ce qui était vrai en 2001 l'est encore aujourd'hui et les raisons qui nous y ont amenés sont encore valables.

Certains voudraient que le Canada se contente d'aider à la reconstruction du pays en soutien aux organismes humanitaires. Encore faut-il que le terrain d'exercice de ses bonnes actions soit sécuritaire. L'an dernier seulement, les talibans sont parvenus à incendier près de 200 écoles.

Nos soldats québécois, dont plusieurs Lanaudois mériteraient un meilleur soutien des leurs. J'ai beaucoup de respect pour ces militaires qui risquent leur vie en notre nom pour assumer les responsabilités internationales qui nous incombent. Je salue leur courage, de même que celui de leurs conjoints et de leurs familles qui vivent l'angoisse de voir revenir un cercueil.

Je trouve aussi déplorable que des politiciens utilisent cette mission à des fins partisanes réclamant la fin de la mission ou la limitant à l'aide humanitaire. Le Canada s'est engagé avec l'accord du parlement jusqu'en février 2009 et il doit terminer sa mission sans quoi, le sacrifice de 70 jeunes Canadiens aura été vain. Les talibans auront tôt fait de reprendre le terrain perdu et d'instaurer à nouveau un régime de terreur.

Si le Canada a un rôle à jouer, il ne doit toutefois pas être le seul à prendre ses responsabilités. Des 37 pays membres de la coalition, près d'une trentaine n'y font que de la figuration et les autres se cantonnent pour la plupart dans des régions déjà pacifiées. Où sont les soldats français, allemands, belges et italiens ? Le gouvernement Harper a sollicité l'aide des autres membres de l'OTAN afin que d'autres pays envoient des soldats au front. Les réponses se font toujours attendre et la relève des soldats canadiens en zone de guerre n'est pas assurée. Si la situation ne change pas, le Canada aura beau jeu de revoir sa participation d'ici février 2009. Un retrait dans ces conditions serait tout à fait honorable quoique désolant. Il ne faudrait toutefois pas précipiter les choses simplement parce qu’en s'appuyant sur les sondages, c'est un bon prétexte pour défaire le gouvernement et provoquer des élections.

André Nadeau

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