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L'hôpital Honoré-Mercier fait l'objet d'un recours collectif de plusieurs millions

Presse Canadienne Article mis en ligne le 27 août 2008 à 23:00
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MONTREAL - Une demande de recours collectif dont la valeur pourrait atteindre 10 millions $ a été déposée, mercredi, contre l'hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe au nom des victimes de l'éclosion de bactérie clostridium difficile qui a touché cet établissement entre les mois de mai et novembre 2006.
Au total, ce sont tout près de 70 personnes qui avaient été infectées par cette bactérie, dont 16 qui en sont subséquemment décédées. Le recours collectif pourrait éventuellement englober une centaine de personnes.
Les requérants - Mme Sylvie Dorion, dont la soeur Marie-Andrée est décédée après avoir été infectée par la bactérie, et l'Association pour la défense des victimes d'infections nosocomiales (ADVIN) - sont représentés par l'avocat montréalais Jean-Pierre Ménard.
Celui-ci reproche notamment à l'hôpital Honoré-Mercier de ne pas avoir pris au sérieux la prévention des infections nosocomiales, dont celle au c.difficile, et d'avoir fait preuve de négligence et d'incompétence.
"La direction de l'hôpital et le conseil d'administration ont été avertis à de nombreuses reprises à partir de 2005, a lancé Me Ménard en conférence de presse, jeudi. Ils ont été prévenus que le nombre de cas (d'infections au c.difficile) risquait d'augmenter. Ils ont fait preuve d'une désinvolture et d'une insouciance étonnantes, incompréhensibles et inqualifiables. Il y a de quoi s'indigner."
Il a ajouté avoir été contacté par des centaines de personnes inquiètes au moment où le c.difficile défrayait les manchettes québécoises. La loi lui interdisant de regrouper tous les plaignants au sein d'un seul et même recours collectif contre de multiples établissements de santé, il a décidé de s'attaquer au cas de l'hôpital Honoré-Mercier parce que c'est celui pour lequel on dispose des informations les plus complètes, en raison de l'enquête menée par la coroner Catherine Rudel-Tessier.
S'appuyant sur le rapport présenté par cette dernière en septembre 2007, le texte de la demande de recours collectif évoque d'ailleurs "de nombreuses contraventions au niveau du non-respect des précautions de contact", avant d'ajouter que "le lavage des mains n'était pas respecté, (...) il y avait une insuffisance de lavabos (et) l'isolement des patients atteints du c.difficile n'était pas fait systématiquement".
Souffrances atroces
La requérante Sylvie Dorion a relaté, lors de la conférence de presse, les souffrances endurées par sa soeur avant sa mort.
"Elle se raidissait même (de douleur) pendant qu'elle était dans le coma", a-t-elle dit, tout en expliquant que sa soeur était hospitalisée pour un problème de santé mineur quand elle a été infectée par le c.difficile.
Mme Dorion s'est dite particulièrement outrée de n'avoir reçu ni excuses, ni explications de la direction de l'hôpital. Elle a aussi condamné l'attitude de l'ancien directeur général de l'établissement, Denis Blanchard, qui lors de son témoignage devant la coroner Rudel-Tessier, a fait porter tout le blâme à ses subalternes et lancé qu'il faut "cesser de vivre dans le passé".
"Dans le passé j'avais ma soeur avec moi, dans le présent je suis toute seule", a-t-elle dit.
Me Ménard réclame pour chaque personne ayant été infectée des dommages moraux de 50 000 $.
Il estime de plus que les victimes qui ont dû subir une intervention chirurgicale en raison de leur infection au c.difficile sont en droit de réclamer des dommages additionnels, dont le montant sera déterminé en fonction de la gravité de leur situation et des séquelles encourues.
Il demande également des dommages additionnels pour les familles des victimes décédées, notamment en raison de la perte de soutien financier.
Chaque victime devrait enfin, croit-il, recevoir 25 000 $ en dommages exemplaires.
Me Ménard estime que la valeur totale potentielle du recours collectif pourrait atteindre entre 5 et 10 millions $.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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