QUEBEC - La ministre Nathalie Normandeau soutient qu'Ottawa doit faire sa part pour améliorer la situation du logement social, en évitant toutefois de faire référence à la crise largement décriée par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
La ministre des Affaires municipales et des Régions a souligné, samedi, que le gouvernement du Québec assume déjà une grande part de l'aide au logement et à la rénovation. Pour elle, la province ne peut assumer seule l'ensemble de sa responsabilité en matière d'habitation.
La ministre a affirmé que le gouvernement Charest soutient annuellement 230 000 ménages et familles de la province, ce qui représente une somme de 720 millions $. Cependant, elle a reconnu qu'il reste encore du travail à faire, notamment pour aider les familles comptant plusieurs enfants et les personnes seules à se trouver un logement, même si la situation s'est améliorée depuis quelques années.
Elle a également indiqué que des rencontres auront lieu cet automne à Terre-Neuve-et-Labrador, entre les provinces et le fédéral, pour discuter des enjeux en matière d'habitation.
"Notre gouvernement a fait beaucoup depuis 2003, avec des investissements de 2,5 milliards $, a confié la ministre. Est-ce qu'il faut en faire plus? Assurément. Mais pour ça, on a besoin du gouvernement fédéral."
Mme Normandeau a soutenu qu'Ottawa laissait planer une grande incertitude et qu'il était impossible de savoir si des programmes en rénovation allaient être reconduits après le 31 mars 2009.
"C'est un enjeu très réel, a-t-elle fait valoir. Nous craignons que l'attitude d'Ottawa se traduise par un désengagement permanent."
Le gouvernement du Québec n'est pas le seul à déplorer l'inaction d'Ottawa. Lors d'une manifestation organisée samedi à Québec, le porte-parole du FRAPRU, François Saillant, a rappelé que le gouvernement de Stephen Harper, depuis son arrivée au pouvoir, n'a pas investi d'argent neuf pour financer de nouveaux logements sociaux.
Même s'il concède que Québec fait plus que les autres provinces, il affirme que les 24 000 nouveaux logements annoncés dans le budget sont toujours insuffisants pour combler les besoins.
A l'approche du 1er juillet, période privilégiée par les Québécois pour déménager, le FRAPRU note que la crise du logement persiste dans plusieurs régions de la province.
A Québec, Trois-Rivières et Saguenay, entre autres, la pénurie sévit avec beaucoup de vigueur. Les taux d'inoccupation se situent entre 1,1 pour cent et 1,8 pour cent.
Si la crise s'est atténuée à Montréal, où le taux d'inoccupation se situe autour de 2,5 pour cent, la situation est plus critique à l'extérieur des grands centres. Par exemple, à Gaspé, le taux d'inoccupation est à peine de 0,2 pour cent, à Thetford Mines, il est de 0,4 pour cent et à Amos, de 0,5 pour cent.
Le porte-parole du FRAPRU, François Saillant, estime que la région de Québec se trouve notamment dans une situation particulière. Il croit qu'en raison des célébrations du 400e, certains propriétaires sont plus enclins à louer leurs appartements à des touristes, pour de courtes durées, ce qui rend le marché plus restreint.
Par ailleurs, M. Saillant a indiqué que plusieurs personnes ont manifesté samedi à Québec pour marquer la fin du Camp des 4-Sans. Le camp, érigé dans le Parc de l'Amérique française plus tôt cette semaine, se voulait une façon de faire pression sur les gouvernements pour les amener à réagir sur la question du logement.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne