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Des corps n'ont toujours pas été inhumés au cimetière Notre-Dame-des-Neiges

Presse Canadienne Article mis en ligne le 15 mai 2008 à 0:00
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MONTREAL - Un an après qu'un long conflit de travail l'eut contraint d'attendre tout un été avant de pouvoir enterrer sa mère décédée à l'âge de 90 ans, Paul Caghassi souffre encore de la situation.
Il affirme que le souvenir de cette épreuve lui revient en mémoire chaque fois qu'il entend l'une des publicités que diffuse à la radio le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal, afin de vanter la qualité de ses services.
Il y a aujourd'hui un an, le 16 mai 2007, environ 130 employés de l'un des plus grands cimetières au Canada ont été mis en lock-out par leur employeur et sont ensuite allés en grève.
Pendant quatre mois, quelque 500 corps ont été entreposés en chambre froide, avant que les inhumations n'aient repris au début du mois de septembre.
"J'ai perdu ma mère le 13 mai et nous l'avons enterrée le 30 septembre, et j'étais l'un des premiers", a raconté M. Caghassi dans le cadre d'un entretien accordé à La Presse Canadienne.
Depuis, presque tous les corps ont eu droit à des funérailles en bonne et due forme, mais d'autres n'ont toujours pas été inhumés.
"Certains corps n'ont pas (encore) été enterrés à cause du lock-out, et ils prétendent qu'ils peuvent offrir le service à de nouveaux clients", a déploré M. Caghassi.
"Ils disent qu'ils vont mieux traiter leurs clients, mais le Québec a déjà été témoin de la façon dont nous avons été traités l'an dernier", a-t-il ajouté.
"On nous a manqué de respect et nous n'avons pas obtenu le service auquel nos disparus avaient droit."
Le directeur du cimetière, Yoland Tremblay, a affirmé en entrevue, jeudi, qu'environ 50 dépouilles demeuraient entreposées, mais que la situation n'avait rien à voir avec le conflit de travail.
"Il n'y a que cinq dépouilles touchées par le conflit qui n'ont pas encore enterrées (...) nous sommes en contact avec les familles depuis plusieurs semaines, et elles n'ont pas encore pris de décision quant aux dates des funérailles", a-t-il indiqué.
Par voie de communiqué, la direction du cimetière a fait savoir jeudi que "contrairement à ce que laisse entendre l'Association pour la défense des droits des défunts et des familles (...) il n'y a pas de lien entre le conflit de travail de l'été 2007 et le fait que des dépouilles soient en attente d'inhumation".
"Les dépouilles en attente d'inhumation sont celles de personnes décédées après le 15 novembre 2007. Si ces inhumations n'ont pu être faites, c'est parce que certaines sections du cimetière n'étaient pas accessibles en raison des conditions climatiques. Il s'agit d'une situation habituelle qui se répète chaque année lorsque l'hiver arrive et les familles concernées en sont informées."
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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