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St-Jean: des voix s'élèvent pour concrétiser la reconnaissance de la nation

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 juin 2008 à 23:00
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MONTREAL - A quelques jours de la fête de la Saint-Jean, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe et d'autres figures de proue du milieu souverainiste ont réclamé une nouvelle fois, vendredi, que le gouvernement Harper reconnaisse la nation québécoise non seulement sur papier, mais par des gestes concrets.
Le Conseil de la souveraineté, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et les Intellectuels pour la souveraineté sont ainsi venus prêter main forte au chef du Bloc québécois, qui a rencontré la presse à Montréal pour marteler sa revendication.
La reconnaissance par la Chambre des communes du fait que les Québécois forment une nation date de l'automne 2006. Depuis, le Bloc québécois demande que cette reconnaissance théorique se traduise par des mesures concrètes, comme l'application de la Loi 101 aux entreprises sous juridiction fédérale qui ont pignon sur rue au Québec et la création d'un Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications québécoises.
Le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose, n'y est pas allé de main morte pour qualifier l'inaction du premier ministre Stephen Harper en la matière. "Harper est plus vicieux que tous les autres parce qu'il cause, il fait semblant, mais il fourre. En fait, il trompe, il triche. Il le fait sur plusieurs questions, mais particulièrement sur la question nationale", a dit l'ex-syndicaliste.
Gilles Duceppe ne se satisfait pas de la représentation du Québec à l'UNESCO, qu'il juge trop timide, sans véritable droit de parole, à moins que le Québec ne soit déjà d'accord avec le Canada et qu'il se prononce au sein de la délégation canadienne. Avec une pointe d'humour, il a souligné que le Québec ne pouvait s'y tenir debout... puisqu'il n'y a pas de siège.
Jean Dorion, de la Société Saint-Jean-Baptiste, a abondé dans le même sens, affirmant qu'"on vide de sens les concessions qu'on est obligé d'accorder" pour plaire aux Québécois, ce qui fait que le concept de nation reste une coquille vide.
M. Duceppe souligne, par exemple, que pour soumettre à la Charte de la langue française les entreprises à charte fédérale qui ont pignon sur rue au Québec, cela ne prendrait même pas d'amendement constitutionnel. Cela se ferait facilement, dit-il, et donnerait un sens à la reconnaissance de la nation québécoise.
Cannon réplique
Le lieutenant québécois de Stephen Harper, le ministre Lawrence Cannon, a répondu du tac-au-tac au chef bloquiste, lui reprochant de vouloir "que ce soit le Parlement canadien qui définisse ce qu'est la nation québécoise". Le ministre Cannon a habilement récupéré l'idéologie souverainiste, affirmant que le gouvernement conservateur "croit que les Québécois savent qui ils ont été, qui ils sont et qui ils veulent être".
Reprenant le lien avec la fête de la Saint-Jean et défendant son chef, M. Cannon a soutenu que "le 24 juin, le premier ministre Stephen Harper pourra se présenter devant les Québécois et dire ce qu'il a fait pour le Québec", mais que "comme d'habitude, Gilles Duceppe se présentera devant eux les mains vides".
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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