Momin Khwaja, au centre, est montré au tribunal lundi sur cette illustration d'artist. LA PRESSE CANADIENNE/Tammy Hoy
OTTAWA - L'avocat de Momin Khawaja affirme que ceux qui ont séjourné au camp d'entraînement terroriste de Malakand, au nord du Pakistan, à l'été 2003, l'ont fait croyant qu'ils allaient ensuite combattre en Afghanistan, et non participer à un complot terroriste visant le Royaume-Uni.
Lawrence Greenspon a fait cette déclaration, mercredi, lorsqu'il a entrepris le contre-interrogatoire du témoin vedette de la Couronne, Mohammed Babar, un ancien agent d'al-Qaïda devenu informateur de police.
"Leur truc était de parler de l'Afghanistan, d'entraîner ces hommes pour l'Afghanistan et de ne pas leur parler du complot terroriste", a lancé Me Greenspon.
Babar a acquiescé, expliquant que lorsqu'un homme nommé Omar Khyam lui a demandé de mettre en place le camp d'entraînement, l'objectif était de former des hommes pour qu'ils puissent traverser la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan pour aller se battre. Selon lui, il est rapidement devenu évident que le véritable but de Khyam était d'obtenir une formation sur les explosifs et de préparer des attaques terroristes en sol britannique.
Babar affirme toutefois n'avoir jamais eu de discussion concernant un complot avec Khawaja, qui n'aurait reçu qu'un entraînement aux armes légères et aurait quitté avant que les tests d'explosifs ne débutent.
Khawaja fait face à sept chefs d'accusation reliés au complot avorté qui visait plusieurs cibles à Londres. Il a plaidé non coupable à tous les chefs.
Cinq hommes, dont Khyam, ont été reconnus coupables, l'an dernier, au Royaume-Uni, d'y avoir participé. Khawaja, bien qu'il soit lui aussi soupçonné d'y avoir collaboré, n'a pas comparu avec eux. Il a été arrêté lorsque la Gendarmerie royale du Canada a effectué une perquisition à son domicile dans la région d'Ottawa en mars 2004.
Selon le témoignage de Babar la semaine dernière, Khawaja aurait émis l'idée de construire un modèle réduit d'avion téléguidé pour transporter des explosifs. Il a aussi évoqué par courriel l'idée d'envoyer un collègue à Israël pour un attentat suicide.
Me Greenspon a pour sa part souligné qu'il existe une différence entre une idée et un complot terroriste concret. "Un idée n'est qu'une idée, il n'y a pas de complot qui lui est rattaché, a dit l'avocat. Ce ne sont que des paroles."
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