MONTREAL - Alors que le nombre d'offres d'emploi de premier échelon est en baisse de 25 pour cent, les directeurs canadiens de programmes universitaires de troisième cycle se préparent à recevoir un nombre croissant de demandes d'admission en vue de la prochaine année scolaire.
Il semble que les étudiants choisiront de demeurer sur les bancs d'école plutôt que d'intégrer le marché du travail, au moment où celui-ci est durement touché par l'incertitude économique.
L'Université de Toronto a déjà reçu 12 631 demandes d'admission à des programmes de troisième cycle, une augmentation d'environ neuf pour cent par rapport à la même période l'an dernier, selon la doyenne des études supérieures de l'université, Susan Pfeiffer.
Du côté de l'Université Queen's, de Kingston, en Ontario, le nombre de demandes d'admission à la maîtrise en administration des affaires (MBA) a doublé, comparativement à l'an dernier, selon le directeur du programme, Scott Carson.
Les membres de direction des universités canadiennes s'attendent à ce que la compétition soit forte pour décrocher le peu d'emplois de premier échelon qui seront offerts prochainement, mais également à ce que la lutte soit féroce quant à l'obtention de places au sein des programmes de troisième cycle universitaire.
Le directeur du service de planification de carrière de l'Université McGill, Gregg Blachford, a pour sa part reconnu qu'une hausse des demandes d'admission aux écoles supérieures était chose commune en période de difficultés économiques. Il met toutefois les étudiants en garde de ne pas choisir de rester aux études pour les mauvaises raisons.
"Il y a encore des emplois qui sont disponibles et des possibilités d'emploi, particulièrement pour les diplômés universitaires", a-t-il souligné, ajoutant que les étudiants ne pourront pas simplement compter sur les offres d'emploi qui sont affichées, mais qu'ils devront aussi approcher eux-même leurs employeurs éventuels.
"Nous encourageons les étudiants à continuer de chercher du travail comme avant, mais ils devront probablement travailler plus fort pour décrocher un poste que dans le passé", a expliqué M. Blachford.
Les offres d'emploi présentées à l'Université McGill ont baissé de 10 pour cent, a-t-il indiqué, alors qu'elles ont chuté de 25 pour cent du côté de l'Université de Calgary.
Le mois dernier, les Canadiens ont subi plus de 34 000 pertes d'emploi à travers le pays, selon des données publiées par Statistique Canada la semaine dernière.
Malgré la situation de l'économie, qui est en mauvaise posture, les directeurs d'université et les spécialistes de l'emploi estiment que les jeunes de la génération Y sont peut-être les mieux préparés pour faire face à la tempête qui s'annonce.
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