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Le gouvernement Harper présente un discours du Trône consacré à l’économie

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 novembre 2008 à 1:00
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Le gouvernement Harper présente un discours du Trône consacré à l’économie
La gouverneure générale Michaëlle Jean fait la lecture du troisième discours du Trône. LA PRESSE CANADIENNE /Adrian Wyld
OTTAWA - Le gouvernement de Stephen Harper a admis mercredi, dans un discours du Trône faisant une large place à l'économie, qu'il pourrait afficher un déficit en 2009, si cela pouvait aider l'économie canadienne à traverser la tempête actuelle sans trop d'égratignures.
Les conservateurs conviennent qu'il serait "inacceptable" de renouer avec des déficits budgétaires structurels "permanents et insoutenables" comme ceux des décennies passées, mais ils refusent de s'engager à équilibrer les finances publiques l'an prochain.
"En ces temps extraordinaires de ralentissement mondial, il serait malavisé de s'engager à déposer à tout prix un budget équilibré à court terme, car au bout du compte, ce sont les familles canadiennes qui pourraient en faire les frais", ont-ils déclaré, par l'entremise de la gouverneure générale Michaëlle Jean.
Comme le veut la tradition, c'est en effet la représentante de la reine du Canada, qui a fait la lecture du discours rédigé par le bureau du premier ministre. L'allocution a lieu devant des dizaines de dignitaires et de députés rassemblés dans l'enceinte du Sénat.
Le texte de cette année était considérablement plus court que celui prononcé en ce même lieu en octobre 2007. Tel qu'annoncé, il portait essentiellement sur les moyens de soutenir l'économie de toutes les régions du pays en cette période "d'incertitude".
Il est d'ores et déjà certain que le plan du gouvernement, qui se résume en cinq points, sera adopté par la Chambre des communes au cours des prochaines semaines. Les libéraux ont en effet rapidement indiqué qu'ils allaient l'appuyer, ce qui permettra au gouvernement Harper de faire face sans problème à son premier vote de confiance.
Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique se prononceront cependant contre, jugeant insuffisantes les promesses qu'il contient pour les travailleurs et les retraités frappés par la crise.
Le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a ajouté que le discours allait à l'encontre de plusieurs consensus de la société québécoise au sujet de la culture, de l'environnement et de la réforme du Sénat, entre autres. "On ne peut strictement pas appuyer un discours du Trône tel qu'il est là", a-t-il déclaré.
Le texte d'une vingtaine de pages donne une idée des grandes orientations du gouvernement, mais ne fournit pas de détails sur les programmes. On devrait en savoir un peu plus lors de l'énoncé économique que le ministre des Finances, Jim Flaherty, doit rendre public la semaine prochaine.
On sait toutefois qu'Ottawa a l'intention de bonifier son aide à l'industrie automobile et à celle de l'aérospatiale. Le secteur de l'énergie devrait aussi recevoir un coup de pouce. Le fédéral veut contribuer à la mise en valeur du gaz naturel de l'Arctique et accélérer le virage du Canada vers les énergies vertes, dans lesquelles les conservateurs incluent le nucléaire.
Le fédéral souhaite aussi encourager le commerce interprovincial et international, notamment avec l'Asie et l'Europe et coopérer à la modernisation des institutions financières mondiales et à l'amélioration de la réglementation de ce secteur en pleine tourmente.
Sur le front national, Ottawa continuera à pousser pour la création d'une commission nationale des valeurs mobilières, en dépit de l'opposition claire du Québec.
Les conservateurs ont aussi réitéré leurs promesses électorales aux familles, à qui ils prévoient envoyer un chèque un peu plus gros chaque mois.
En contrepartie, le fédéral s'engage à revoir les dépenses, à limiter la croissance des salaires dans la fonction publique et à confier certaines activités au secteur privé pour si cela peut faire économiser de l'argent aux contribuables.
"Les ministères disposeront des sommes nécessaires, sans plus, pour assurer la prestation des programmes et des services essentiels", a prévenu la gouverneure générale.
Un autre thème cher aux conservateurs, celui de la justice criminelle, fait aussi l'objet de quelques lignes dans le discours du Trône. Pour l'essentiel, le gouvernement y répète ses engagements électoraux: abolition du registre des armes à feu, peines plus sévères pour les jeunes contrevenants, entre autres.
Ces questions ont fait couler beaucoup d'encre au Québec l'automne dernier et pourraient être à l'origine de tensions entre le fédéral et le provincial. Ce ne seront toutefois pas les seules pommes de discorde à l'horizon entre les deux ordres de gouvernement.
S'il promet une nouvelle fois de limiter le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence des provinces, ce qui est bien perçu par Québec, le fédéral entend toutefois revenir à la charge avec son projet d'augmenter la proportion des députés représentant l'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique.
Stephen Harper veut par ailleurs limiter à huit ans le mandat des sénateurs et mettre en place un processus de consultation de la population pour leur sélection. Le Québec s'est toujours opposé à de tels changements.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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