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L'ombudsman ontarien ne croit pas que la police doit enquêter sur la police

Presse Canadienne Article mis en ligne le 14 janvier 2009 à 1:00
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WINNIPEG - Aucune province ne devrait permettre à un corps policier de mener une enquête sur un autre service de police.
C'est la conclusion à laquelle est arrivé l'ombudsman de l'Ontario, André Marin, qui vient de terminer une enquête sur l'Unité des enquêtes spéciales de cette province.
Selon M. Marin, les policiers font preuve de favoritisme et manquent d'objectivité lorsqu'ils enquêtent sur un confrère. Il croit qu'il ne faut ni un génie ni un policier pour enquêter sur de présumées fautes commises par des policiers.
"Il ne s'agit pas d'un meurtrier en série qui a pris la fuite. Il s'agit de déterminer si un policier qui a causé des blessures graves ou la mort était dans son droit", a fait valoir M. Marin.
Le Manitoba devrait devenir la deuxième province à créer un organisme civil pour enquêter sur le travail de la police. M. Marin croit que toutes les provinces devraient suivre cet exemple.
L'Alberta a fait "des pas de bébé" vers une évaluation citoyenne, a estimé M. Marin, ajoutant que la police demeurait dans le "siège du conducteur" pour ces enquêtes. En dépit d'enquêtes controversées sur des opérations policières au Québec et en Colombie-Britannique, les deux provinces défendent le statu quo, a-t-il noté.
Au Québec, c'est la Sûreté du Québec qui enquête lorsqu'un policier municipal est impliqué dans un incident, comme ce fut le cas à la suite de la mort du jeune Fredy Villanueva, tué par un policier à Montréal-Nord en août dernier.
L'enquête a innocenté l'agent Jean-Loup Lapointe, ce qui a causé la colère de nombreux organismes qui ont déploré que l'enquête n'ait été, selon eux, que l'écho de la version des policiers impliqués.
Le chef adjoint de la police de Saanich, en Colombie-Britannique, Clayton Pecknold, s'est dit d'accord avec la nécessité d'un point de vue indépendant, mais a ajouté que cela ne veut pas dire que des civils sans formation pertinente doivent avoir la responsabilité d'évaluer la conduite policière.
"Les policiers sont ceux qui ont l'expertise particulière pour mener ces enquêtes, a argué M. Pecknold, qui agit à titre de coprésident du comité des amendements législatifs de l'Association canadienne des chefs de police. En autant qu'il y a une évaluation appropriée - policière et indépendante -, les principes de transparence et de responsabilité sont respectés."
Le procureur général du Manitoba, Dave Chomiak, a affirmé que la province n'avait pas encore déterminé quel serait le meilleur modèle à adopter. De vastes consultations seront menées et le gouvernement évaluera ce qui se fait ailleurs au Canada.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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