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La campagne électorale au Québec ne porte plus que sur la politique fédérale

Presse Canadienne Article mis en ligne le 3 décembre 2008 à 1:00
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La campagne électorale au Québec ne porte plus que sur la politique fédérale
Jean Charest dans un restaurant en Québec, le 3 decembre, 2008. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
MONTREAL - Signe que la campagne électorale au Québec n'arrive pas par elle-même à susciter un grand intérêt, les chefs des trois principaux partis ont passé une autre journée, mercredi, à discuter de politique fédérale, précisément du bras de fer qui oppose le gouvernement conservateur de Stephen Harper à la coalition libérale-néo-démocrate qui tente de lui ravir le pouvoir.
Et pour la énième fois, le chef libéral et premier ministre sortant, Jean Charest, s'est contenté de tergiverser sans vraiment se compromettre, malgré les appels répétés de ses adversaires Pauline Marois et Mario Dumont qui veulent connaître sa position sur ce qui se passe à Ottawa.
Le chef libéral, qui trône en tête des sondages et cherche par tous les moyens à éviter les déclarations chocs qui pourraient changer l'allure de la campagne électorale, a tout au plus affirmé mercredi qu'il s'accommodera de la nouvelle donne politique à Ottawa. En conférence de presse à Québec, il n'a pas voulu exprimer de préférence entre un gouvernement minoritaire dirigé par M. Harper ou une coalition dirigée par Stéphane Dion.
"A mes yeux à moi, comme premier ministre du Québec, il est très important de ne pas soumettre nos intérêts à un parti politique fédéral. J'ai toujours défendu cette liberté que nous avons au Québec et l'importance d'avoir les mains libres", a dit M. Charest, en marge d'une rencontre avec les dirigeants de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).
En fin de journée, M. Charest a toutefois senti le besoin de mettre en garde la classe politique canadienne contre les manifestations d'intolérance envers les souverainistes québécois.
Le chef libéral a condamné "les procès d'intention" qui sont menés à son avis contre le Bloc québécois depuis que la formation souverainiste a apporté son soutien à la coalition libérale-néo-démocrate.
"Je vis dans une société où les gens peuvent être souverainistes ou fédéralistes, mais ils se respectent. La même chose devrait être vraie dans le parlement fédéral. Nous n'avons pas à faire des procès d'intention à qui que ce soit parce qu'il défend une position ou l'autre", a dit M. Charest, lors d'un impromptu de presse à Québec.
En matinée, Mme Marois et M. Dumont avaient donné le ton à la journée en pressant M. Charest de faire connaître sa position, en tant que premier ministre du Québec, sur la crise politique à Ottawa ainsi que sur ses enjeux pour la province.
"Il n'a rien dit au moment de l'énoncé économique (du gouvernement de Stephen Harper) et il continue de se taire et de se cacher", a lancé Mme Marois lors d'un point de presse à Montréal, avant de prendre la route vers Québec pour elle aussi rencontrer les dirigeants de la FQM.
Selon elle, M. Charest a la responsabilité de faire savoir aux Québécois lequel des scénarios est le plus favorable pour eux entre celui de l'arrivée au pouvoir du gouvernement de coalition ou celui du maintien du gouvernement conservateur.
Par ailleurs, alors que l'association entre deux partis fédéraux et le Bloc québécois a suscité des réactions d'indignation dans le reste du Canada, Mme Marois a affirmé que l'objectif poursuivi par le chef bloquiste Gilles Duceppe dans ce contexte était d'abord d'arracher des gains pour le Québec, et non de créer sciemment un contexte favorable à la souveraineté du Québec.
Comme elle l'avait fait mardi, elle a toutefois de nouveau indiqué que la crise qui secoue actuellement Ottawa démontre que le Québec aurait avantage à quitter la fédération.
Quant à M. Dumont, il a accusé M. Charest de se déguiser en courant d'air alors que ses homologues des autres provinces se sont prononcés sur l'éventualité d'un gouvernement fédéral regroupant des partis de l'opposition.
Selon le chef de l'Action démocratique, le silence de M. Charest dans ce dossier s'ajoute à celui qu'il maintient sur d'autres sujets tels que la santé, la Caisse de dépôt et placement et le bilan de son gouvernement.
M. Dumont ne craint pas, pour sa part, de prendre parti dans le bras de fer qui oppose à Ottawa les conservateurs et les partis d'opposition. Il a qualifié M. Dion de centralisateur et il a rappelé que les trois partis à l'Assemblée nationale ont voté des motions pour dénoncer sa façon d'agir et sa vision du Canada.
Le chef adéquiste a affirmé que même si elle détourne l'attention de la campagne provinciale, la crise fédérale a un aspect éducatif parce qu'elle permet aux électeurs de voir lequel des trois partis provinciaux est "capable de se tenir debout" et de "prendre des positions claires".
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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