La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. LA PRESSE CANADIENNE /Jacques Boissinot
QUEBEC - Québec mise essentiellement sur l'industrie de la construction pour contrer le ralentissement économique anticipé en 2009.
La rénovation des résidences et des infrastructures devrait aider le Québec à traverser la crise économique, selon la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.
Dans l'énoncé économique qu'elle a présenté mercredi à l'Assemblée nationale, convoquée en session extraordinaire, la ministre a annoncé quelques mesures de soutien à l'économie, dont l'octroi d'un crédit d'impôt pouvant atteindre 2500 $ pour les propriétaires désireux de rénover leur maison d'ici la fin de l'année.
Par exemple, des travaux de rénovation d'une salle de bains au coût de 20 000 $ donneraient droit au crédit d'impôt maximal de 2500 $. Des travaux de 15 000$, à un crédit de 1500 $.
Québec anticipe que 170 000 ménages pourraient se prévaloir de cette offre, qui pourrait coûter jusqu'à 250 millions $ au trésor public.
La ministre a aussi confirmé l'intention du gouvernement d'accélérer la mise à niveau des infrastructures, en y consacrant près de 42 milliards $ d'ici 2013 et non 37 milliards $ comme prévu antérieurement.
Malgré l'ampleur de la crise économique qui a frappé tous les continents au cours des derniers mois, le Québec s'est bien tiré d'affaire jusqu'à maintenant, a noté Mme Jérôme-Forget dans son énoncé.
Mais l'avenir s'annonce moins rose, assurément.
"Les prochains mois seront plus difficiles en raison de la détérioration de la conjoncture économique internationale", écrit-elle dans son texte.
"2009 va être une année difficile. Je l'ai répété plus que des dizaines de fois", a-t-elle renchéri en conférence de presse.
D'où l'importance pour le gouvernement d'annoncer dès maintenant des mesures ciblées visant à diminuer les effets à court terme du ralentissement anticipé.
Comme l'avait indiqué le premier ministre Jean Charest lundi, son gouvernement a choisi de ne pas présenter un plan d'action ambitieux de soutien global à l'économie, mais plutôt d'adopter quelques mesures ciblées destinées à éviter une hausse du taux de chômage, actuellement autour de 7 pour cent.
Toutes les mesures annoncées mercredi étaient connues et faisaient partie des engagements pris par les libéraux de Jean Charest lors de la dernière campagne électorale. Elles apparaissaient dans le plan d'action économique rendu public par M. Charest le 6 novembre.
Il faudra donc attendre le dépôt du premier budget du troisième mandat du gouvernement Charest, prévu en mars, pour avoir une vue d'ensemble de ce qu'il entend faire en vue de sortir le Québec de la crise.
De nouvelles mesures devraient donc s'ajouter à celles de mercredi, quand Québec aura pris connaissance du budget fédéral et des transferts anticipés, de même que des engagements pris par la nouvelle administration des Etats-Unis, sous la gouverne de Barack Obama.
"Notre prochain budget tiendra compte de l'impact des actions prises par ces gouvernements", a commenté la ministre Jérôme-Forget.
Le budget de mars permettra aussi d'avoir l'heure juste sur les finances publiques du Québec et de mettre à jour les prévisions de croissance économique.
Entretemps, le coup de pouce à l'industrie de la construction devrait contribuer à créer à court terme 2000 emplois et à en maintenir 25 000, selon les calculs du gouvernement.
Parallèlement, Québec veut aussi éviter les fermetures d'usines en apportant un soutien accru à l'entreprise.
Ainsi, une somme de 1 milliard $ sera mise à la disposition de la Société générale de financement (SGF) pour accroître les investissements dans les entreprises, en 2009 et 2010.
Par ailleurs, les entreprises pourront souffler un peu en étalant sur 10 ans, au lieu de cinq, le refinancement de leurs caisses de retraite. Un projet de loi a été déposé dans ce but mercredi par le ministre de l'Emploi, Sam Hamad.
A part cette mesure législative, qui aurait pu être déposée lors de la reprise des travaux en mars, aucune des mesures annoncées ne nécessitait la convocation d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale.
Quant à eux, les travailleurs au bas de l'échelle pourront au moins espérer maintenir leur niveau de vie grâce à une augmentation du salaire minimum, qui passera à 9 $ l'heure le 1er mai, soit une augmentation de 50 cents.
Enfin, Québec bonifie son crédit d'impôt offert aux producteurs de cinéma et de télévision, afin de multiplier le nombre de tournages et ainsi faire fonctionner cette industrie.
Si jamais la crise est plus aiguë que prévu et les revenus moins importants dans ses coffres, le gouvernement Charest envisage de renoncer "temporairement" à rembourser la dette, par l'interruption des versements au Fonds des générations.
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Voici les points saillants de l'énoncé économique présenté mercredi par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget:
- Les propriétaires intéressés à rénover leur résidence auront droit à un crédit d'impôt pouvant atteindre 2500 $, quand la dépense excède 7500$;
- Québec accélère la mise à niveau des infrastructures, en y consacrant 41,8 milliards $ d'ici 2013, au lieu de 37 milliards $ comme prévu antérieurement;
-Une somme de 1 milliard $ est mise à la disposition de la Société générale de financement (SGF) pour accroître les investissements dans les entreprises;
-Le salaire minimum passera à 9 $ l'heure le 1er mai, une augmentation de 50 cents;
-Les entreprises pourront étaler sur 10 ans au lieu de cinq le refinancement de leurs caisses de retraite
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