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Omar Khadr pourrait rentrer au pays en 2009, si Obama ferme Guantanamo Bay

Presse Canadienne Article mis en ligne le 30 décembre 2008 à 1:00
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Omar Khadr pourrait rentrer au pays en 2009, si Obama ferme Guantanamo Bay
Omar Khadr est aperçu à Guatanamo Bay. THE ASSOCIATED PRESS/US Department of Defense
TORONTO - Les Canadiens qui réclament le rapatriement du jeune Omar Khadr pourraient voir leur souhait exaucé en 2009, alors que le président-élu des Etats-Unis, qui entrera en fonction en janvier, s'est engagé à fermer la prison de Guantanamo Bay et à demander au premier ministre Stephen Harper de ramener le citoyen canadien au pays, selon des experts.
"Je suis absolument convaincu que Khadr rentrera au pays", estime Michael Bryers, professeur de droit international à l'Université de la Colombie-Britannique. "Pas parce que Stephen Harper souhaite qu'il revienne, mais parce que l'administration Obama fait pression sur le premier ministre pour que le Canada fournisse aux Etats-Unis ce petit coup de main, afin de respecter la fermeture de Guantanamo Bay."
Ce qui semble définitif, pour le moment, c'est que la prison où est détenu le jeune Khadr depuis plus de six ans sera fermée au cours de l'année 2009.
Le président désigné des Etats-Unis, Barack Obama, s'y est engagé au cours de la campagne présidentielle, souhaitant rétablir la stature légale et morale de son pays en mettant fin à un système de justice militaire qui a été fortement dénoncé.
Reste à savoir si le pénitencier de Guantanamo Bay sera fermé avant que Khadr, aujourd'hui âgé de 22 ans, subisse son procès pour crimes de guerre. Il est accusé d'avoir tué un soldat des forces spéciales américaines en 2002 en Afghanistan, alors qu'il était âgé de 15 ans.
Si M. Obama concrétise rapidement sa promesse, la question sera alors de savoir si Khadr subira son procès devant une cour américaine, ou si Stephen Harper rapatriera le jeune homme, qui est le plus jeune et l'unique détenu occidental à être toujours emprisonné à Guantanamo.
M. Harper a cependant toujours refusé d'intervenir, prétextant qu'il fallait laisser la justice américaine suivre son cours. Les trois partis de l'opposition, qui ont récemment menacé le premier ministre de renverser son gouvernement minoritaire, estiment de leur côté que Khadr devrait être rapatrié.
Barack Obama doit faire son entrée à la Maison-Blanche six jours avant que ne s'entame le procès d'Omar Khadr, et il demandera vraisemblablement au premier ministre canadien de reprendre son jeune citoyen, selon Audrey Macklin, professeure de droit à l'Université de Toronto. "Si les Etats-Unis demandent à Harper de songer à rapatrier Khadr, Harper le fera", a-t-elle estimé.
L'opinion publique canadienne est par ailleurs fort divisée sur le sort que devrait subir Khadr, dont certains membres de sa famille ont été proches du chef terroriste Oussama ben Laden.
Plusieurs Canadiens considèrent que le rapatriement du jeune homme correspondrait à lui accorder une "carte de sortie de prison gratuite" (comme au Monopoly), a indiqué Jeff Walker, vice-président principal au centre de recherche Harris-Décima, à Ottawa.
Mais des documents rendus publics plus tôt cette année ont révélé que Khadr avait subi des violences physiques et psychologiques de la part de ses geôliers américains. Ces derniers l'ont entre autres menacé de viol, maintenu en isolation et en positions de stress, ainsi que privé de sommeil.
Au mois de juillet, une vidéo, dont la publication a été ordonnée par la Cour fédérale canadienne, montrait Khadr au cours d'un interrogatoire mené par des agents de renseignement canadiens. On y voyait à un moment le jeune détenu, seul dans sa cellule, qui semblait répéter en sanglots: "Oh maman. Oh maman".
Le contenu de la vidéo, qui a été mise sur Internet et visionnée à travers le monde, a démontré que Khadr était "émotionnellement vulnérable" et "pas menaçant", attirant davantage de sympathie à sa cause, selon le professeur Bryers.
Les sondages tirent cependant des conclusions différentes. Le vice-président d'Angus Reid Strategies, Mario Canseco, a indiqué que la vidéo avait eu peu d'impact sur l'opinion publique canadienne, probablement en raison du passé de la famille de Khadr comme sympathisants d'al-Qaïda.
Le lieutenant-commandant Bill Kuebler, l'avocat du Pentagone qui s'est battu corps et âme pour Khadr tant sur le plan juridique que de l'opinion publique, a affirmé que son client devait être traité en tant qu'enfant soldat.
"La première étape, c'est de cesser ce mécanisme judiciaire; la deuxième étape, c'est de trouver quoi faire avec Omar et les autres détenus. Il n'y a pas de solution unique", a souligné l'avocat.
Le gouvernement américain devra examiner les preuves et décider s'il veut maintenir la poursuite intentée contre Khadr, mais selon l'avocat, n'importe quel procureur impartial devra conclure qu'il n'y a pas matière à poursuite.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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