Jocelyn est propriétaire avec sa conjointe des Ruchers du troubadour, mais ni lui ni sa conjointe n’ont de famille dans l’agriculture. C’est grâce à de multiples formations et une bonne mise de fonds qu’ils ont réussi à démarrer leur entreprise.
- Photo Julie Roy
Se faire piquer par la passion du miel
Jeune entreprise apicole
C’est en cherchant ce qu’il pouvait faire de sa vie que Jocelyn Boulianne s’est fait piquer par la passion de l’apiculture. Voulant aller plus loin sur ce chemin, ce rawdonnois d’adoption a parcouru les sentiers d’outre-mer et québécois pour parfaire ses connaissances de ce milieu qui était très loin de tout ancrage familial.
L’histoire débute en 1996 comme le raconte Jocelyn. « Je me dirigeais vers la philo et un de mes amis m’a proposé de faire un cours en apiculture à l’Institut technologique de La Pocatière à Québec. Je me suis dit pourquoi pas. Ce que j’ai su par la suite c’est que mon ami se cherchait un « lift », mais j’en suis très heureux parce que ça m’a donné quelque chose à faire de ma vie », raconte M. Boulianne. Jocelyn a poursuivi sa formation et a entrepris un baccalauréat en agronomie. À l’été 1997, il se rend en Europe pour en apprendre d’avantage d’un apiculteur français. Durant cette même année, il en profite pour suivre une formation théorique à l’école d’apiculture tropicale et subtropicale de Mons en Belgique. Les autres années, c’est la République dominicaine, Toulouse, le Mali et la Suisse qui seront ses écoles.
Avec toutes ces connaissances dans son sac à dos, il caresse le rêve de démarrer sa propre affaire, mais ni lui ni sa conjointe Valérie n’ont de famille dans l’agriculture. Ils partent donc de rien. La première fois qu’ils se présentent à la Financière agricole, celle-ci leur refuse toute aide. « Je n’étais vraiment pas content. Je leur paraissais brouillon, mais je suis retourné chez moi et j’ai fait mes devoirs. Ce n’est pas parce qu’un conseiller te dit non que c’est un non définitif. » En 2004, il reçoit une subvention du Centre local de développement Matawinie, il suit une formation en gestion au cégep et une formation en mise en marché avec le Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière. En plus d’accroître ses connaissances, ce nouveau Lanaudois, qui vient tout juste de s’installer à Rawdon, bâtit un nouveau réseau de connaissances. « Nous étions nouveaux dans la région, les cours m’ont permis d’établir un très bon réseautage, car tout le monde a besoin de l’autre un moment donné. »
Durant toutes ces années, Jocelyn s’est également entouré de deux mentors. Un, pour le transfert technique et les connaissances et un autre, pour le montage d’un plan d’affaires.
Jocelyn et Valérie croient que la formation est essentielle surtout quand tu ne viens pas d’un milieu agricole. « Sans formation, tu ne fais pas sérieux, tu fais rêveur. Si tu es bien formé, les gens te font confiance. » Cependant, sans mise de fonds, ils admettent que même avec la meilleure formation du monde, ils n’auraient rien pu faire.
Même avec toutes les connaissances qu’il a acquises, Jocelyn en apprend tous les jours surtout du côté du marketing. « Moi et Valérie sommes en agronomie, nous n’avions aucune connaissance en marketing. Cependant, un moment donné, tu n’as plus le temps et il faut bien partir, alors tu apprends sur le tas. » Ce n’est sans doute pas pour rien qu’il s’est entouré de partenaires pour développer des produits.