Ma dernière nuit
C’était il y a trois ans. C’était une idée et c’est devenu tout. Avec des amis et collègues, nous avons décidé de créer ce qui peut paraître impossible, un événement de 24 heures consécutives en philosophie et d’y inviter tous et chacun. Eh bien, croyez-le ou non, ça a fonctionné. L’appel a été entendu et répondu par plus de 1000 personnes. Nous l’avons donc refait, et deux fois plutôt qu’une.
C’était la fin de semaine dernière. Nous y avons reçu plusieurs milliers de personnes et même des conférenciers du Cameroun et du Burkina Faso qui se sont déplacés pour se joindre à nous. Je pourrais en dire plus sur La nuit de la philosophie, je la connais par cœur. Je la redis depuis trois ans au point que ceux qui m’entourent ne doivent plus l’entendre. Ce que j’en dirai, par contre, c’est que c’était la dernière ou du moins, ma dernière.
Une idée d’étudiants et de jeunes finissants est devenue celle d’étudiants, certes, mais aussi d’un enseignant, d’une journaliste et d’une intervenante, une idée devenue malheureusement un peu trop lourde à porter sur cinq petits dos. Une idée que j’ai aimée, mais aussi maudite. Une idée qui m’a faite grandir, sourire et pleurer. Une idée pour laquelle j’ai délaissé beaucoup de ceux que j’aime et que je remercie d’ailleurs pour leur soutien indéniable. Merci à ceux qui ont compris l’importance de cette Nuit pour moi et qui sont encore derrière moi lorsque je me retourne. Une idée qui m’a rendue malheureuse et comblée. Ce dont je suis le plus fière dans ma courte, mais pour moi pas tant que ça, vie.
Je laisse maintenant cette idée un peu folle derrière moi le cœur gros et les yeux brouillés, en espérant ne pas laisser avec elle les gens que j’y ai rencontrés et qui sont si précieux pour moi.
Je me dis, un peu à la Dominique Michel, que c’était ma dernière nuit…