Mon pauvre Bob…
Je suis déçu moi aussi, ne vous en faites pas. J'aurais bien aimé que Bob Gainey mette la main sur Bill Guérin, Todd Bertuzzi ou Ryan Smyth.
Pendant que la Sainte-Flanelle se bat, ou plutôt se débat pour se tailler une place dans les séries, tout le monde attendait le gros coup, la grosse transaction.
Et puis, rien.
Dans les journaux, les « lignes ouvertes », les émissions sportives, les portiques de garages et les dépanneurs, c'est la consternation.
«Bob dort au gaz! »
« On va perdre Souray cet été. »
« On fera pas les séries. »
C'est possible que tout ce beau monde ait raison. Gainey a sans doute gaffé, laissant un peu tomber Guy Carbonneau qui se sent de plus en plus seul derrière le banc du Canadien.
Mais peut-on vraiment blâmer Bob Gainey pour son inaction? N'oublions pas qu'il y a quelques mois à peine, sa fille disparaissait en mer. Pas facile de faire son deuil d'un enfant, même pour un guerrier de la trempe de Gainey qui, match après match, se donnait corps et âme sur la glace du Forum du temps où on pouvait encore qualifier les Canadiens de Glorieux.
Bob, peut-être te faisais-tu geler les deux épaules pour continuer à jouer quand ça faisait mal, mais tu ne peux pas te faire geler le cœur pour autant. Tes quelques semaines de vacances n'ont pas été suffisantes. Croise-toi les doigts pour que tes joueurs se rendent en série, signe Souray et prend donc congé. Si tu as encore le goût de diriger une équipe de hockey à la fin de l'été, ne t'en fais pas, on aura tout oublié.