Mme Blanchard utilise une technique de tonte apprise en Nouvelle-Zélande, qui consiste à tondre la laine pour qu'elle tienne en un seul morceau, telle une couverture. - Jean Chevrette
La laine des moutons, c'est nous qui la tondaine
«La laine des moutons, c'est nous qui la tondaine, la laine des moutons, c'est nous qui la tondons», cette chanson traditionnelle du patrimoine canadien éveille chez plusieurs un souvenir d'enfance, sans plus. Pour Nicole Blanchard, les paroles de cette comptine traduisent son quotidien. Portrait d'une dame d'ici qui exerce l'un des plus vieux métiers du monde; la tonte des moutons.
Il y a vingt-et-un ans, si vous aviez dit à Nicole Blanchard qu'elle deviendrait tondeuse de moutons, elle ne vous aurait pas cru. Forte d'un cours agricole suivi à St-Hyacinthe, la jeune femme d'alors croyait se diriger dans le domaine de l'agroalimentaire ou de l'agriculture biologique.
«La tonte des moutons, c'est un accident de parcours dans ma vie», mentionne Mme Blanchard. Un accident heureux, faut-il croire, puisque la dame est toujours dans le domaine aujourd'hui.
Un métier hors du commun
«À l'école de mon fils, je suis la seule mère qui tond des moutons», souligne Nicole Blanchard en riant. Au Québec, seulement 15 personnes exercent le métier de tondeur de moutons et Mme Blanchard a été pendant longtemps l'unique tondeuse de la région de Lanaudière. Ayant suivi quelques formations en France ainsi qu'en Nouvelle-Zélande, la tondeuse est une réelle experte.
Tondre des moutons n'est pas un métier de tout repos. Les journées de travail sont souvent très longues et demandent un effort physique particulier. «Évidemment, plus on tond de moutons, plus c'est payant, le défi est donc d'en faire le plus possible en le moins de temps possible, explique Nicole Blanchard. En moyenne, je prends de deux à cinq minutes pour tondre une brebis, mais ça dépend toujours de la participation de l'animal.»
Selon la professionnelle, un mouton n'a besoin d'être tondu qu'une seule fois par an. «Ça ne paraît pas énorme, mais avec le nombre de troupeaux qu'il y a à tondre au Québec, je vous jure que ça nous garde occupés à l'année longue!» lance-t-elle.
Bien que Nicole Blanchard habite la région de Lanaudière, elle est souvent appelée à voyager avec son travail. Avec des contrats qui se promènent de l'Abitibi-Témiscamingue à l'Ontario, la tondeuse doit parfois s'absenter de la maison pour des séjours prolongés. «Souvent, je dois rester plusieurs jours dans la région que je visite parce que les éleveurs se passent le mot et informent leurs homologues qu'une tondeuse est de passage.»
Ce que la dame aime par-dessous tout dans son métier, c'est la rencontre sociale que ses voyages lui permettent d'effectuer. «À chaque année, je visite les mêmes fermes et je m'attache aux gens. Je prends les nouvelles comme un visiteur de paroisse.»
Des projets plein la tête
Outre la tonte des moutons, Mme Blanchard possède son propre troupeau, qui compte une centaine de bêtes, depuis 12 ans. La dame n'a donc pas de quoi chômer. «Le mot vacances n'existe pas dans mon vocabulaire, dit-elle en souriant. Quand je ne tonds pas les troupeaux des autres, je m'occupe du mien.»
Bien qu'elle se passionne pour ce qu'elle fait, Nicole Blanchard admet que les temps ne sont pas si faciles pour les éleveurs de moutons. «Les gens aujourd'hui ne portent plus de laine, soutient-elle. Puisque les prix sont basés sur la loi de l'offre et de la demande, le marché est lourdement affecté.» À titre de comparaison, la tondeuse indique qu'une livre de laine était vendue 1$ en 1986, alors qu'aujourd'hui le prix environne les 25 sous pour la même quantité.
En raison des difficultés reliées au marché de la laine, mais aussi par désir d'évolution personnelle, Nicole Blanchard compte s'investir dans de nouveaux projets dans les prochaines années.
«J'enseigne la tonte professionnelle au Vermont une fois par an depuis 15 ans et je compte continuer ça. La construction de ma bergerie à l'Épiphanie avait aussi cette vocation, car j'ai réservé une section pour l'enseignement.»
Nicole Blanchard compte aussi revenir à ses amours de vingt ans, soit l'agriculture biologique et l'aromathérapie pour les animaux, en devenant conseillère pour les éleveurs.
Malgré ces nombreux projets, une chose est certaine; Nicole Blanchard continuera d'évoluer dans ce domaine qui la passionne, suivie par ses fidèles moutons.
michel bourassa
Commentaire mis en ligne le 6 octobre 2009svp , j aimerais rejoidre cette personne tres serieuse ment je suis de joliette et veut vraiment apprendre le metier sur le tas J ai ete planteur d arbre pendant 9 ans marechal ferrand 5 ans conducteur de caleche 10 ans et parle anglais ce metier est fait pour moi je suis sur