Une nation en été
On peut penser ce qu’on veut, sur le fond, du « Plan pour un Québec souverain », rendu public par Pauline Marois le 7 juin dernier, mais on est obligé de lui reconnaître le mérite de relancer un débat qui reste nécessaire, tant qu’il n’a pas trouvé de solution satisfaisante pour les Québécois.
Un sondage Angus Reid Stratégies-La Presse, publié le 9 juin, indique que seulement 32% des Québécois considèrent que le Québec a suffisamment d’autonomie et devrait demeurer au sein d’un Canada inchangé. 30% des répondants veulent plus d’autonomie sans souhaiter la souveraineté et 28% optent carrément pour l’indépendance. Il y a donc au moins 58% des Québécois qui souhaitent qu’il se passe quelque chose sur ce terrain.
Le plan Marois, sans cacher que son objectif ultime est la souveraineté, respecte cette volonté. Il propose d’abord une démarche autonomiste visant à récupérer certains pouvoirs (notamment en matière de culture et communications et de relations internationales), dans le but d’aboutir à un référendum sur la souveraineté. Il n’y a pas là de piège, contrairement à ce qu’affirment certains, encouragés en cela par la maladresse de Jacques Parizeau. Il s’agit d’une démarche par étapes que chacun reste libre d’appuyer jusqu’où il veut.
Le PQ rejoint-il ainsi l’autonomisme adéquiste? Non, pour une raison bien simple. L’ADQ, en effet, affirme vouloir récupérer des pouvoirs, mais n’offre strictement aucune solution de rechange en cas de refus du fédéral. Le PQ, au contraire, établit un vrai rapport de forces, en avançant la possibilité de référendums sectoriels et en conservant son objectif souverainiste.
Il y a, bien sûr, de fortes chances que le fédéral fasse la sourde oreille aux revendications québécoises portées par un éventuel gouvernement péquiste. Les conservateurs de Harper prétendent qu’ils ont déjà fait, dans ce dossier, ce qu’ils avaient à faire et Michael Ignatieff a résumé en un mot ce qu’il avait à offrir : rien.
La solution de l’impasse, alors, reposera sur les autonomistes et les souverainistes mous. Si le fédéral refuse les transferts de pouvoirs qu’ils souhaitent, prouvant ainsi que l’autonomisme est une voie sans issue dans le Canada actuel, choisiront-ils de s’écraser ou d’aller de l’avant avec la souveraineté? De même, un relatif, mais peu probable, succès de l’étape autonomiste les satisfera-t-il ou leur donnera-t-il le goût d’aller plus loin? Tout est possible avec ce plan dont la vertu principale est d’en finir avec un attentisme malsain par rapport à cette question irrésolue qui suscite un malaise permanent chez une majorité de Québécois.
Jean Charest, toujours en panne de noblesse politique, s’est contenté de dire, en guise de réplique, que ce plan créerait de l’instabilité et que la chef du PQ n’avait pas la crédibilité nécessaire pour négocier avec le fédéral. Mais quelle crédibilité a-t-il, lui qui annonce à Ottawa qu’il ne fera rien si ses demandes, plus que modestes, sont refusées et qui n’est stable que dans l’exercice qui consiste à abdiquer face au fédéral qui ne lui répond même plus?
Ce n’est pas le temps de discuter de ces questions en période de crise économique, ont aussi affirmé quelques élus libéraux afin de détourner l’attention. Cette tactique de diversion est franchement étriquée. D’abord, puisqu’on sait bien que, pour les fédéralistes les plus obtus, ce n’est jamais le temps d’aborder ces questions. Ensuite, parce qu’elle laisse entendre qu’un seul enjeu à la fois peut occuper notre esprit. On peut très bien, pourtant, travailler consciencieusement au quotidien, tout en se préoccupant de notre avenir et des grandes questions qu’il engage. Le premier gouvernement Lévesque (1976-1981), considéré comme un des meilleurs de notre histoire, a brillamment dirigé le Québec en préparant le référendum de 1980.
De la même façon, l’été et les vacances qui viennent ne devraient pas nous empêcher de réfléchir à notre avenir national, tout en nous reposant. Ce n’est jamais de la réflexion qu’il faut décrocher, mais, parfois, des soucis terre à terre qui nous empêchent de la mener en toute liberté.
Bonne Fête nationale, bon été et au plaisir de vous retrouver le 9 septembre prochain!
Louis Cornellier
gilles thompson
Commentaire mis en ligne le 18 juin 2009Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!
CENTRE-VILLE DE MONTREAL
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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!
Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ce ne sont que des faits réels.
Allez constater sur ce site:
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html