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Louis Cornellier
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Et ceux qui réussissent

Louis Cornellier par Louis Cornellier
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Article mis en ligne le 27 mai 2009 à 7:22
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Et ceux qui réussissent
Depuis quelques années, quand on parle d’éducation, c’est presque toujours le thème du décrochage et des élèves en difficulté qui s’impose. Cette réaction, d’une certaine façon, est à l’honneur de notre société. Nous avons raison, en effet, de nous préoccuper de cette relève fragile dont l’échec est un drame pour elle-même et pour toute la société. « Si un homme possède cent moutons et que l’un d’eux se perd, lit-on dans l’Évangile de Matthieu, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur la colline pour partir à la recherche de celui qui s’est perdu? » Peut-on dire de notre société que, comme le Dieu de l’Évangile, elle « ne veut pas qu’un seul de ces petits se perde »? C’est à souhaiter.

Cette saine réaction, toutefois, ne doit pas nous faire oublier les autres, c’est-à-dire ceux qui réussissent parce qu’ils font ce qu’ils ont à faire. Si on accepte l’idée qu’il n’y a pas de fatalité de l’échec –tous, ou presque, avec de l’aide, peuvent réussir-, on doit aussi accepter le corollaire, c’est-à-dire l’idée qu’il n’y a pas de fatalité de la réussite. Il faut donc garder en tête que ceux qui vont bien pourraient aller mal si on néglige d’entretenir la flamme en eux. Tous, en d’autres termes, ont besoin de notre appui et de nos encouragements.

Je voudrais donc, aujourd’hui, pour souligner la fin de l’année scolaire au cégep, saluer la réussite des étudiantes et étudiants qui ont complété avec succès, grâce à leurs efforts et à l’appui de leur famille et de leurs enseignants, leur parcours collégial. Tout ne va pas mal dans notre système d’éducation; ces nouveaux diplômés en sont la preuve éclatante.

Hier, à la salle Rolland-Brunelle, avait lieu la remise solennelle des diplômes, organisée par la Fondation du cégep à Joliette. Des centaines de jeunes Lanaudois ont fièrement reçu le précieux DEC qui leur permettra d’obtenir de bons emplois ou de poursuivre des études universitaires.

Parmi ces derniers, qu’on me permette de saluer plus particulièrement les étudiants du programme d’Arts et Lettres. Le 13 mai, les finissants en Cinéma présentaient leurs films au même endroit. Ce sont ces jeunes qui, dans quelques années, nourriront notre imaginaire cinématographique et télévisuel. Le 20 mai, au café-bar L’Azile, en face du cégep, les finissants en Littérature fêtaient leur réussite. Ils, et surtout elles, parce qu’elles sont plus nombreuses, seront nos enseignants, et peut-être nos écrivains et journalistes, de demain. Il y a, oui, au Québec, une jeunesse qui s’accomplit, et ce, dans tous les domaines.

On peut déplorer, bien sûr, que seulement 40% des jeunes Québécois obtiennent un DEC. Il faut toutefois analyser cette donnée avec prudence. D’abord, ce diplôme n’est pas le seul gage de réussite scolaire, et les élèves qui décrochent un diplôme d’études professionnelles (DEP) méritent aussi nos félicitations. Il faut ensuite rappeler que, en 1975, seulement 21% des jeunes Québécois étaient détenteurs d’un DEC. En 25 ans, donc, ce taux a presque doublé. Même au secondaire, au sujet duquel le discours ambiant fait croire à la catastrophe absolue, le taux d’obtention du diplôme, chez les moins de 20 ans, est passé, de 1975 à 2000, de 57% à plus de 80%. Avant la Révolution tranquille, le taux de décrochage au cours classique était de 66%!

Le numéro de mai-juin 2009 de la RND nous rappelle « que plus de 80% des jeunes ont une adolescence normale ». Il faut, bien sûr, tout faire pour permettre aux éclopés, qui sont aussi nos enfants, d’en réchapper, mais cela ne nous dispense pas d’entretenir l’enthousiasme chez ceux qui vont bien. À laisser trop longtemps les 99 moutons seuls sur la colline, on risquerait d’en perdre d’autres.

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

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