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Louis Cornellier
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Ignatieff séduira-t-il le Québec?

Louis Cornellier par Louis Cornellier
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Article mis en ligne le 6 mai 2009 à 14:00
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Ignatieff séduira-t-il le Québec?
En Michael Ignatieff, le Parti libéral du Canada (PLC) s’est donné un chef de qualité. Depuis Trudeau, cette formation politique n’avait jamais eu à sa tête un penseur de cette envergure intellectuelle. Élu par acclamation lors du congrès national du PLC qui s’est tenu en fin de semaine dernière à Vancouver, ce nouveau leader libéral saura-t-il présider à la réconciliation entre le Québec et Ottawa? Rien n’est moins sûr.

Michael Ignatieff est un intellectuel de fort calibre. Magnifiquement écrit, son plus récent essai intitulé Terre de nos aïeux (Boréal, 2009) en constitue la preuve éclatante. Vibrant éloge du Canada, cet ouvrage au ton romantique avance qu’ « aimer son pays est un acte d’imagination » et que le sentiment d’appartenance à une nation est essentiel puisqu’il donne « le sentiment que notre vie rejoint celle de ces inconnus que nous appelons nos concitoyens ».

Ignatieff, pour autant, n’est pas naïf. Il reconnaît que le sentiment patriotique est controversé parce que les citoyens ne s’entendent pas toujours sur leur conception du pays. Il insiste donc sur la nécessité du débat et sur l’idée, originale, que la responsabilité du patriote est aussi « d’imaginer les sentiments de ceux qui ne pensent pas comme nous ».

Trois mythes rivaux –l’anglais, le français et l’autochtone- sont en concurrence au Canada. Pour parvenir à les réconcilier, sans les fondre les uns dans les autres, les citoyens doivent les reconnaître et accepter, malgré des désaccords, de travailler ensemble. Aimer notre pays, affirme Ignatieff, ce n’est pas aimer ce qu’il est maintenant, mais plutôt ce qu’il pourrait devenir. « Notre vie commune en tant que peuple, écrit le chef du PLC, a pour objectif de réduire l’écart qui sépare le pays réel du pays rêvé. »

Séduisante par son lyrisme et son ton rassembleur, cette invitation à contribuer à l’avènement du pays rêvé ne fera toutefois pas de miracles. Le blocage canadien, en effet, résulte justement du fait que les Québécois ne rêvent pas au même pays que les Canadiens anglais. Attachés au principe des deux peuples fondateurs, auquel s’ajoute la reconnaissance des peuples autochtones, la plupart des Québécois qui croient encore au Canada rêvent, au fond, d’une sorte de souveraineté-association qui, sans passer par l’indépendance, donnerait au Québec les outils dont il a besoin pour s’épanouir en tant que nation. Depuis une cinquantaine d’années, ce rêve, pour les nationalistes québécois demeurés fédéralistes, s’est appelé statut particulier, société distincte ou fédéralisme asymétrique et a toujours signifié la recherche d’une plus grande autonomie dans tous les domaines, notamment en matière culturelle et d’action internationale.

Or, cette quête d’autonomie, même pensée dans le cadre canadien et sans préjudices pour les autres provinces, a été accueillie, au Canada, par un refus de plus en plus catégorique. Ce n’est pas pour rien que même un parti fédéraliste comme le Parti libéral du Québec a toujours refusé de signer la constitution canadienne de 1982.

Aujourd’hui, un politicien fédéral qui prendrait parti pour la reconnaissance de la nation québécoise et, c’est essentiel, pour des modifications constitutionnelles qui iraient en ce sens serait violemment rejeté dans le reste du Canada. Les souverainistes, pour leur part, en ont donc tiré la conclusion que le rêve québécois ne trouverait jamais sa place au Canada.

Avec une grâce littéraire envoûtante, Ignatieff tente de convaincre les Québécois hésitants que le rêve canadien n’est pas incompatible avec le rêve québécois. Or, parce qu’il ne saurait le faire sans s’aliéner le reste du Canada, il ne leur offre rien de concret. Si j’étais un Canadien anglais, je voterais peut-être pour lui. Comme je suis un Québécois, je me contenterai de saluer ses talents d’écrivain.

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

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Patrick M.

Commentaire mis en ligne le 7 août 2009
Nous vivons une situation où la majorité agit comme si elle était minoritaire et vice-versa. Mais tu as bien résumée la problème. Si les commerçants nous servent en anglais, c'est que la plupart agissent en colonisés et acceptent d'être servis en anglais sans protester.

Il faut se mobiliser collectivement et globalement. Ça ne doit pas être seulement un petit groupe mais tous les francophones qui refusent d'être servis en anglais. Si seulement un petit nombre refuse, la situation ne peut qu'empirer.

Cessons d'agir en colonisé ou nous courrons à notre perte. La vraie raison du déclin, c'est qu'on se laisse faire. On envoie le message qu'on n'a pas besoin de parler français au Québec. Les commerçants le savent et ne se forcent donc plus.

Il faut carrément boycotter, ensemble, tous les Québécois, quiconque refuse de nous servir en français. C'est la seule façon de leur faire comprendre

Jeanne du Lys

Commentaire mis en ligne le 14 mai 2009
Très bonne analyse monsieur Cornellier, pragmatique.

Si vous désirez savoir comment va le français à Montréal, voici copie d'un commentaire que j'ai écris dernièrement :

Quel gouvernement sale avons-nous ??

Je ne sais pas ou vont tous ces millions mais sûrement pas dans la francisation de Montréal…probablement vont-ils en salaires, frais de représentation ou d’administration ou dans les caisses du PLQ ??

C’est de plus en plus difficile de se faire servir en Français à Montréal. Il nous faudrait faire comme en France et faire de la langue une condition à l’immigration au Québec.

Ce n’est pas de l’argent que ça prend c’est des lois.

Des nouvelles de Montréal...

Dernièrement, juste avant d’aller chez H&R Block, j’arrête sur la rue Wellington à Verdun dans une boutique impression de photo une heure, juste en face du métro de l’église. Un homme d’origine asiatique me répond en anglais. Chaque fois que ça m’arrive je leur dit en français que je ne parle pas anglais et qu’ici on n’est au Québec et qu’on parle le Français. C’est ce que j’ai fait comme d’habitude, mais…

Il n’a pas compris un « criss » de mot de ce que je lui ai dit, alors je lui répète en anglais cette fois. Il me répond non pas besoin je parle anglais « the liberal representative told me that English is an official language in Québec. So it’s not necessary and French is very complicate to learn… »

Je sors en calvaire ! J’entre chez H&R Block au 4120, Wellington à Verdun, elle me répond en anglais, mais lorsqu’elle s’aperçois que je ne voulais pas parler anglais, elle s’est forcée et m’a parlé en Français. Ils me font attendre 3/4 d’heure mais bon normal, c’est le temps des impôts. Pendant tout ce temps une jeune fille deux sièges à côté de moi parle au téléphone cellulaire en anglais.

Elle racontait que ça coûtait pas mal moins cher « here » pour les études. Elle avait reçu bien entendu des prêts et bourses qu’elle n’avait pas l’intention de rembourser. Car dès que sa mère sera guérie, ils retourneront dans son pays où elle doit se marier. Ils vont tout de même garder la citoyenneté Canadienne au cas ou sa mère aurait une rechute pour son cancer ou si elle-même avait des problèmes de santé.

Je n’étais plus capable d’en entendre davantage, alors après 3/4 d’heures, je lui ai demandé poliment en Français si elle pouvait aller parler au cellulaire dehors. Bien entendu elle me répond en anglais et refuse. Je lui dis en anglais qu’ici on parle Français. Elle me répond toujours en anglais vous être donc bien un peuple replier sur vous-même le francophones, il faut vous ouvrir au monde !

Pendant ce temps là on en n'arrache pour arriver à chaque mois...

Pendant ce temps une femme de race blanche, probablement québécoise anglophone, d'environ 50 ans, blonde, cheveux aux épaules qui travaille à cet endroit travaille en anglais seulement elle parlait aux autres employés et aux clients en anglais seulement. J’entendais donc de l’anglais partout, je me croyais dans un autre pays que le mien…

Ce n’est pas tout ! Lorsque mon tour arrive enfin, une femme d'origine de l’Inde ou tamoul qui ne parle pas un mot français, vient me trouver elle me dit en anglais « Sorry I don’t speak french, wait for the next one who will be avalaible » et elle fait passer cette fille là avant moi, parce que je parlais Français !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

«Ouwo»………….

Là, je me suis fâchée ! Il y a colonisé et colonisé…

Je me suis sentie révoltée et le mot est faible.

C’est assez calvaire!

Ces criss d’énergumènes de politiciens qui sont présentement au pouvoir mériteraient tous à quelques exceptions de se faire sortir à coup de pied dans l’cul, et sans pension les écœurants.

Je me suis plains à la réception et leur dit d’un ton pas mal fort qu’ils ne feront pas passer quelqu’un en avant de moi parce que je parle en Français !!! La dame blonde francophobe ci haut mentionné s'en n’est mêlée elle est venu m'écoeuré et m’a dit qu’elle avait le droit de parler en anglais au Canada et que je n’avais pas un mot à dire, que je ne les empêcherai pas de parler anglais, que si je n’étais pas contente d’aller ailleurs. Alors, qu’en plus elle parlait français...

Va-t-il falloir que j’aille faire faire mon rapport d’impôt en région pour être servi en français ???

Tant qu'à être dans le coin, à Verdun, toujours sur la rue Wellington au coin de la 6 ième avenue. Il y a deux dépanneurs un de chaque côté de la 6 ième, côté nord. Les proprios des deux dépanneurs sont d'origine asiatique et ne parlent pas un criss de mot français. Celui du côté est se forcent un peu si on refuse de parler anglais et disent quelques mots en français comme bonjour ou merci.

Pour celui à l'ouest de la 6 ième toujours sur Wellington ils parlent seulement anglais et ne savent pas dire un mot en français, en plus ils me répondent carrément qu'ils ne veulent rien savoir du Français, qu'ils ne l'apprendront pas, que c'est une langue trop compliquée que c'est à moi à parler l'anglais. Ils m'ont même dit que je suis la seule que ça dérange et qui se plaint de ça, que les autres (colonisés) se forcent pour parler anglais et que j'ai seulement à faire comme les autres et parler l'anglais.

Va-t-il falloir que j’aille acheter ma pinte de lait en région pour être servi en Français, calvaire !!!

Dire que l'office de la langue Française à des centaines d’employés et nous coûtent une fortune...ils mériteraient tous de se faire ‘’calisser’’ à porte, c'est une belle gang d'incompétents qui sont complices de l'anglicisation de Montréal car de savoir et ne rien faire c'est de la complicité !!

Ils font quoi au juste tout ces employés ??? Ils ne sont pas supposer s’occuper de la langue Française ??? Ils ne sont pas supposés donner des amendes lorsque des employés ne parlent pas Français dans un commerce à Montréal ???

Le comble, c'est que mon adolescente est entrain de se chercher un emploi d'été à Verdun, 100% des offres d’emplois (même au salaire minimum) demandent de parler anglais. De surcroît de plus en plus, surtout sur l'Île des Sœurs demandent ; connaître le mandarin ou cantonais un atout !!!

Je n'ai pas connu personnellement Pierre Bourgeault mais je suis tombé sur un extrait vidéo des années 70, ils disaient justement que les Québécois avait de la difficulté à se trouver un emploi parce qu'ils parlaient Français et ce dans un pays supposément francophone...

Il avait bien raison et en conclusion le temps passe mais c'est toujours du pareil au même. Au bout du compte le PQ n'a pas réussi à changer les choses.

Camille Laurin a tenté de renverser la vapeur avec sa loi 101 mais les fédécrasses ont fait plus de 200 amendements (exemptions...) donc existe-elle encore cette loi 101 aujourd’hui ?

Mais le pire, c'est que c’est le gouvernement péquiste qui a créé pour eux les commissions scolaires anglaises de Montréal avec notre argent en plus. Nos impôts servent donc à angliciser Montréal.

La morale de cette histoire, C'est qu'après avoir refait nos lois québécoises, suite à notre indépendance, il faudrait abolir la possibilité de faire des amendements. Une loi doit être une loi et doit être respectée. Si pour une raison ou une autre il y a un problème avec une loi, la seule possibilité devrait être de l'abolir mais seulement par un référendum en même temps que des élections municipales ou nationales. Si non, on tourne en rond.

La seule manière de s'en sortir une fois pour toute économiquement, culturellement et environnementalement c'est de faire notre indépendance, il n’y a pas d’autres solutions !!

C’est urgent et ce, sans référendum. Fini le ‘’niaisage’’ on n’a plus le temps. On veut un vote référendaire, comme l’ont conseillé Bourgault et Parizeau. Ce n'est sûrement pas le PQ confédéraliste/fédéraliste qui nous y mènera. La preuve, ils ont eu 40 ans pour la faire et ne l’on jamais fait. On ne peut pas se permettre d’attendre un autre 40 ans, il sera trop tard.


Sylvie R. Tremblay
Chef, parti Jeanne du Lys
Souveraineté Autonomiste



























alain milette

Commentaire mis en ligne le 12 mai 2009
C`est certains qu`il séduira l`électorat québécois, vous n`avez qu`à regarder les différents sondages, il est en avance et le demeurera jusqu`aux prochaines élections car nos politiciens dirigent selon les sondages et en déclenchent aussi des élections selon l`humeur du public.

Le bon peuple québécois sans mémoire, reportera au pouvoir un parti qui les a méprisé depuis l`ère Trudeau.

Même si on le compare à Obama avec son charisme, il n`en demeure pas moins que le Monsieur est un libéral fédéral, il a beau en être le chef mais les instances du parti le ramèneront vite à la réalité dès qu`il tentera d`en faire plus pour le Québec.
Les décisions se prennent en Alberta quand c`est Conservateur et en Ontario quand c`est Libéral, alors Ignatieff où pas ce sera du pareil au même.

gilles thompson

Commentaire mis en ligne le 9 mai 2009
Le centre-ville de montréal s'anglicise à la vitesse grand V. Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ce ne sont que des faits réels.

CENTRE-VILLE DE MONTREAL ====================================

Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos Déjà un millier d'infractions possibles à la loi 101!

Allez constater sur ce site: http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html `

Armand Larin

Commentaire mis en ligne le 9 mai 2009
J'ai accroché sur votre phrase "Les Québécois ne rêvent pas au même pays que les Canadiens anglais" Qui sont ces Québécois? À quel pays rêvent les québécois d'origine arabe ou chinoise de St-Laurent ou de Brossard? À quel pays rêvent les "canadiens français" des 5 comtés de Lanaudière qui ont préféré voter ADQ à l'avant dernière élection qui avait porté Mario Dumont au poste de chef de l'opposition? Quand on est un souverainiste convaincu comment peut-on préférer un candidat adéquiste à un candidat du PQ? À quel pays rêvent cette majorité d'électeurs? Vous comprendrez que votre opinion, aussi légitime soit-elle, représente la perception limitée d'un francophone de souche qui adopte celle de la majorité de son entourage selon les circonstances.

Pierre Grandchamp

Commentaire mis en ligne le 7 mai 2009
En fait, Ignatieff se situe dans la foulée des Trudeau et Chrétien:
1-de la loi sur le multiculturalisme(au lieu du biculturalisme de la Commission Laurendeau Dunton) à celle du soi-disant "bilinguisme"(une fiction étrangère au fonctionnement du Canada).

2-Le rapatriement unilatéral et l'imposition d'une constitution bétonnée et irréformable au Québec(1982).

Il n'y a pas si longtemps, M. Ignatieff déclarait:
« Reconnaître le Québec en tant que nation à l’intérieur du Canada n’équivaut pas à faire de nouvelles concessions. »


On lui doit aussi cet écrit, en 1995:
« […] le Québec est un cas classique d’État ethnique en formation. Aussi longtemps qu’il demeurera à l’intérieur du Canada, sa politique linguistique peut être limitée et, dans certains cas, contrecarrée […]. Si le Québec devenait souverain, les individus perdraient cette possibilité de recours et la voie serait ouverte à la tyrannie ethnique majoritaire. »

Pierre Paquette

Commentaire mis en ligne le 31 décembre 1969
Le texte de Louis Cornellier est d'une grande clairvoyance. J'ai déposé un projet de loi pour que la Charte de la langue française s'applique sur le territoire québécois aux 250 000 salariés qui travaillent dans des entreprises sous juridiction fédérale comme les banques, les télécommunications, les aéroports... Et bien le Parti libéral et Michel Ignatieff s'y opposent. Comment peut-on refuser à 5% de la main d'oeuvre de ne pas avoir droit comme les 95% autres de travailler en français. C'est ça l'ouverture? C'est ça la reconnaissance de la nation québécoise? Mon oeil!
Pierre Paquette
Député de Joliette

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