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Au centre-ville depuis 50 ans !

La Belle Décoration

Louis Pelletier par Louis Pelletier
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Article mis en ligne le 14 janvier 2009 à 17:17
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Au centre-ville depuis 50 ans !
Mme Liliane Labelle - Photo le Journal
Au centre-ville depuis 50 ans !
La Belle Décoration
«Mon père avait un restaurant, ma mère un magasin de vêtements. J'ai toujours eu la passion pour le commerce. Le contact client, c'est important pour moi. Je ne peux me résoudre à les quitter même si je devrai m'y résigner un jour.»
C'est ce qu'a fait valoir cette semaine Mme Liliane Labelle dont l'entreprise, La Belle Décoration, vient de franchir le cap des 50 ans à la même adresse sur la Place Bourget à Joliette.

Au cours d'un entretien qu'elle a tenu à réaliser debout, derrière son comptoir, la doyenne des marchands du centre-ville a bien voulu évoquer quelques souvenirs.

«J'ai épousé Denis Labelle en 1952. La même année, nous avons ouvert le Centre de peinture Denis Labelle à Mont-Laurier. Le commerce existe encore. Nous l'avons vendu à mon frère, Gilles Daoust, qui est toujours au poste à 74 ans, trois de moins que moi.»

Sur recommandation d'un représentant en peinture, M. Labelle loue un local à Joliette en 1959. À une certaine époque, le centre-ville réunira jusqu'à 11 marchands en peinture dont les quincailleries Desrochers & Wodon, Louis Desrochers et Fils et Roger Goulet.

Mme Labelle se souvient du vieux marché avec ses bouchers et même, à l'occasion, les chevaux attelés aux parcomètres. Elle avait alors pour voisin l'hôtel de ville de Joliette, la caserne de police et d'incendie, le restaurant Flamenco, «le Flam» comme disaient les habitués.

«J'ai suivi un cours familial à Nominingue avec les Soeurs de Sainte-Croix. J'ai appris la décoration en accompagnant sur le terrain une consultante. Lorsque j'entre dans une pièce, je suis en mesure d'imaginer ce qui lui conviendrait le mieux tout en respectant les goûts et budgets des clients.»

Dès ses débuts, le Centre de peinture Denis Labelle offrait aussi des cadres et des articles de décoration, volet qui a pris de l'ampleur avec les années. «Les gens qui entrent ici n'achètent pas tous mais réfléchissent à la façon dont ils pourraient améliorer leur intérieur ou comment faire plaisir à une connaissance. Ils viennent puiser de l'énergie.» Contrairement aux centres commerciaux, fait-elle valoir, il n'y a pas de promeneurs dans sa boutique.

Dans un premier temps, la conseillère en décoration racontera n'avoir que de bons souvenirs. Elle évoque, avec joie, ses discussions avec Mme Clémentine Martin dont le nom est associé à une famille d'entrepreneurs bien connus de Joliette.

Des moments désagréables, Mme Labelle n'en évoquera qu'un seul, la mort subite de son mari en 2002. «Le temps passe mais je n'ai pas fait mon deuil. Sa photo est encore bien visible tant à la maison qu'ici, derrière moi. J'ai même l'impression qu'il est toujours présent à mes côtés.»

Alors que plusieurs Lanaudois prennent leur retraite à 55, 60, 65 ans, Liliane Labelle ne se fixe ni de jour ni de saison pour franchir la porte de son commerce une dernière fois. «La retraite, c'est bien pour ceux et celles qui peuvent remplacer le travail par le sport. J'ai tellement vu de gens déprimés après avoir quitté le travail. Je suis attachée à ma clientèle», confie celle qui n'a pas pris de vacances depuis 16 ans.

Le commerce est rempli à craquer d'articles pour tous les goûts. «Dans le sous-sol, j'en ai 20 fois plus», précise la Lanaudoise qui s'est donné comme objectif de réduire son inventaire. «Je ne veux pas fermer. J'aimerais rendre mon entreprise intéressante pour la relève. Je suis même disposée à donner encore un coup de main pendant quelques mois.»

Les travaux de réfection du centre-ville ont grandement affecté les marchands. «Six mois sans circulation devant ma porte, il faut vraiment être passionnée pour persévérer. Par contre, j'ai confiance que le centre-ville va se renouveler, que les clients vont y revenir. On y trouve même depuis peu une charcuterie !»

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