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Trajet Joliette-Montréal: une hausse difficile à digérer

Des usagers en colère

Geneviève Blais par Geneviève Blais
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Article mis en ligne le 9 janvier 2009 à 13:45
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Trajet Joliette-Montréal: une hausse difficile à digérer
Le laissez-passer mensuel pour le circuit Joliette-Montréal grimpe de 17 %. Photo Geneviève Blais
Trajet Joliette-Montréal: une hausse difficile à digérer
Des usagers en colère
La surprise est bien mal accueillie. Les usagers du transport en commun doivent maintenant payer 165,55 $ pour le laissez-passer mensuel Joliette-Montréal. Cela représente une augmentation de 17 % par rapport à l'année dernière… Une hausse difficile à digérer.
«Alors que l'on assiste à une baisse du prix de l'essence à la pompe depuis quelques semaines, ce n'est rien pour encourager l'utilisation du transport en commun», soutient Pierre Auclair, un habitué du circuit 55.

Kléo Efthymiou, économiste-mathématicien, partage cet avis. «Cette énorme augmentation du coût de transport risque d'avoir des répercussions considérables sur les ménages de la région de Lanaudière», estime-t-il.

Pour lui qui a recours à ce service plusieurs fois par semaine, cette décision est un non-sens. Il évoque plusieurs arguments afin d'étayer sa position: le taux de chômage à la hausse, la baisse du prix des matières premières, la stagnation des salaires... Il croit que ce nouveau prix agira comme une barrière à la mobilité économique et sociale des travailleurs lanaudois.

«La récession actuelle exigera de la main-d'œuvre plus de disponibilité pour occuper les postes vacants qui se font plus rares et pour lesquels les travailleurs devront parcourir de plus grandes distances», avance-t-il.

Dégoûté par la situation, il invite la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet, à «faire de la pression pour mettre fin à cette augmentation de coût».

Lise Marier, utilisatrice du service, fait elle aussi appel aux politiciens. Elle demande à la députée de Joliette, Véronique Hivon, de s'impliquer dans le dossier. «Nous, les usagers de la couronne nord, sommes de loin les moins favorisés en transport en commun», peut-on lire dans la lettre qu'elle lui a fait parvenir.
Un rattrapage nécessaire
S'il reconnaît que la hausse n'est pas agréable pour les gens, André Hénault, président du Conseil régional de transport de Lanaudière (CRTL), affirme qu'elle était inévitable.

«On ne fera pas de transport avec des prières. Il y a des coûts», fait-il valoir.

Depuis 2004, précise-t-il, les tarifs du circuit 55 auraient dû augmenter de 5,7 % par année, ce qui ne s'est pas fait. Un rattrapage était donc nécessaire.

«Si on calcule qu'une personne qui achète un laissez-passer prend l'autobus au moins 42 fois dans le mois et que l'on multiplie ce nombre de voyages par le prix unitaire (8,75 $), cela donne 367,50 $. Or, l'utilisateur paie 165,55 $ pour le mois, soit 45 % du montant. Dans les autres trajets, les usagers assument 60 % du coût réel», indique M. Hénault, en soulignant que le CRTL voulait être équitable envers tous les passagers.

Les prix sont majorés, en moyenne, de 3 à 4 % sur l'ensemble des circuits. Les augmentations sont attribuables au coût du pétrole, de l'exploitation et des contrats. «On a fait nos budgets en prévoyant une somme élevée pour le pétrole. L'an passé, l'essence nous a coûté 120 000 $ additionnels», mentionne le président.

Le contrat de transport est octroyé à Lanau Bus, en vertu d'un prix qui est «semblable à ce qui est demandé ailleurs», ajoute André Hénault. Il croit qu'il est important d'encourager les entrepreneurs locaux, car ils génèrent des retombées économiques et ils procurent des salaires à des employés de la région.

En 2009, le CRTL dispose d'un budget de 33 millions $, financé à 70 % par le gouvernement et les municipalités et à 30 % par les usagers.
Achalandage accru
L'achalandage du circuit 55 a augmenté de 35 % dans la dernière année.

«C'est le seul service qui fonctionne avec des autobus de type ''coach'', ce qui est la ''cadillac'' du transport en commun, soutient M. Hénault. Nous n'avons pas voulu pénaliser les gens.»

Il croit que les efforts mis de l'avant afin d'assouplir l'horaire et les heures de départ ont porté fruit. Il espère que les passagers sauront l'apprécier en 2009, et, ce, malgré le coût plus élevé.

«On est certain d'une seule chose. Peu importe ce que nous allons faire, on ne pourra pas plaire à tout le monde», indique-t-il.

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Kléo Efthymiou

Commentaire mis en ligne le 13 janvier 2009
Le 11.01.09

D'abord, je tiens à remercier le président du CRTL, M. Hénault, d'avoir répondu – via le journal- au mécontentement de plusieurs usagers qui ont vu le tarif de leur passe d'autobus mensuelle fléchir vers le haut et d’essayer de justifier cette hausse de prix.

Premièrement, M. Hénault nous informe que "On ne fera pas de transport avec des prières. Il y a des coûts.» Cette affirmation- garnie d'un ton ecclésiastique- vient juste de sauver aux usagers un pèlerinage inutile à l'Oratoire St-Joseph. D'ailleurs, on ne peut pas s'empêcher d'être d'accord avec M. Hénault, car -selon les sources officielles- depuis que Jésus a marché sur l'eau de la mer de Galilée, aucun lanaudois/se à réussi à se rendre à Montréal en marchant sur la rivière l'Assomption.

Deuxièmement, selon M. Hénault, les usagers du circuit 55 doivent être reconnaissants envers les membres philanthropes du C.A du CRTL car - depuis 2004- ils ont profité du gel des tarifs au lieu d'assumer des généreuses augmentations de 5.7% par année -un pourcentage qui aurait été quasiment le double du taux d'inflation pendant la même période.

Troisièmement, malgré le fait que M. Hénault admet que le CRTL s'est trompé royalement dans ses prévisions du coût du carburant utilisé (pétrole), il ne s'engage pas à ajuster les prix à la baisse. À titre d'exemple, pendant la même période l'année passée, le prix du baril de pétrole était supérieur à $100 USD- avec une tendance à la hausse- tandis qu'à ce jour le prix du baril frôle le $42 USD. Si on se fie aux données économiques officielles qui font état d' une crise économique mondiale sans précédent, d'un ralentissement économique global suivi par une forte baisse de la demande pour le pétrole - malgré les 3 réductions consécutives sur la production décidées par l’OPEP entre sept. 2008 et déc.2008, totalisant 4 million de barils de pétrole de moins par jour, sans pour autant réussir à freiner la spirale déflationniste du prix qui a continué à baisser-on peut être quasiment certain, M. le Président, que les dépenses du CRTL en essence ne seront pas aussi importantes que l'année précédente.

En ce qui concerne les coûts d'exploitation qui ont augmenté, on sait que les coûts de la main d'œuvre représentent la majorité des dépenses d'une firme. Même si c'est très inhabituel, je serai très heureux d'apprendre que les salaires de vos employé (e)s ainsi que ceux de Lanau Bus ont augmenté plus rapidement que le taux d'inflation (2 – 2.5 % par année ?). C'est à dire que leur salaire a augmenté assez haut pour justifier votre argument sur la hausse des coûts d'exploitation qui est, en partie, responsable de l'augmentation – par 17%-des tarifs de la passe d'autobus pour Montréal.

Quatrièmement, même si M. Hénault prétend que " l'achalandage du circuit 55 a augmenté de 35 % dans la dernière année" il omet de reconnaitre que la contribution d'un surplus d'usagers participant au service de transport (par 30%) fait en sorte que les coûts fixes moyens et les coûts moyens variables sont maintenant répartis sur une plus grande échelle d'usagers ce qui logiquement aurait dû enlever de la pression sur les tendances inflationnistes des prix du transport en commun.

Si le CRTL s'obstine au maintien des prix élevés sur l'ensemble de ses circuits d'autobus, ceci aura des répercussions considérables sur le service. À court terme, les usagers vont continuer à payer des prix élevés mais entre temps ils vont essayer de trouver des solutions alternatives pour économiser. Certaines de ces solutions pourrait être : l'utilisation de leur propre véhicule- surtout quand un litre d'essence coûte en ce moment moins cher qu'un litre de jus d'orange "en spécial"- faire du covoiturage, travailler moins pour limiter ses déplacements, chômer si les prix hauts se maintiennent, ou déménager plus près de leur lieu de travail pour sauver $300 annuellement dû à l'augmentation de $25/mois sur la passe d'autobus. Compte tenu de la baisse d'achalandage, le CRTL n'aura plus de choix que de diminuer le nombre de départs vers Montréal pour éviter des pertes additionnelles. Pourquoi donc, ne pas se réjouir des gains déjà faits et des gains potentiels -économiques, sociaux et environnementaux - par la popularité accrue du transport en commun au lieu de dynamiter les efforts collectifs vers un futur économiquement, socialement et environmentalement responsable et le développent durable de la région de la Lanaudière?

Finalement, on doit rappeler à M. Hénault, qui se désole du fait qu'«On est certain d'une seule chose. Peu importe ce que nous allons faire, on ne pourra pas plaire à tout le monde», que le débat sur le prix juste du transport en commun ne fait pas partie d'un concours de popularité pour plaire au c.a. du CRTL. Qu'il plaise à M. Hénault, ou non, chacun est maître de son opinion, de ses convictions et de son budget qu'il/elle peut disposer librement. Par contre, lors de la prise de décisions, les instances gouvernementales ayant à leur disposition une pléiade d'outils d'information- doivent tenir compte des particularités et des réalités économiques et sociales et des enjeux politiques et environnementaux de la région de la Lanaudière dans le but de servir les citoyen/nes au mieux qu'elles le peuvent et d’assurer à la population de la Lanaudière un traitement juste et équitable à l’octroi des services dont elle finance, en grande partie, via la perception des taxes et de l’impôt par le gouvernement.



M. Kléo Efthymiou
Sainte-Mélanie, Qué

Nicole Giasson

Commentaire mis en ligne le 12 janvier 2009
On se demande bien pourquoi les efforts et bonnes actions pour contrer l'effet de serre ne sont jamais récompensés? Probablement qu'on vit dans un monde corrompu...

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