À propos du billet de Mgr Lussier
Lettre ouverte
Monseigneur Gilles Lussier
Suite à votre billet dans le cahier Week End du 21 décembre 2008 qui s'intitulait « une visite inattendue », j'ai été choquée de l'attitude que vous avez eu envers le jeune couple qui a cogné à votre porte parce qu'il avait faim.
Vous avez dit à votre personnel: « Qu'ils m'attendent à l'extérieur ». Vous avez pris la peine de sortir du garage votre rutilante auto pour aller les reconduire à la Tablée au sous-sol de l'église Christ-Roi.
J'ai 68 ans, et l'Église nous a toujours enseigné la charité… Mais faites ce que je dis et non ce que je fais comme je peux le constater.
Je dois vous dire que si ce même couple, affamé, avait sonné à ma porte, je n'aurais pas eu la même réaction que vous, Monseigneur. Je leur aurais ouvert la porte et je leur aurais offert à souper avec nous à la table. Cela aurait été un beau moment de partage dans le temps des Fêtes vous ne pensez pas. Vous avez sûrement tout en abondance à la Cathédrale. Vous auriez été content le soir au coucher de penser j'ai fait plaisir à quelqu'un aujourd'hui.
Ce couple me fait penser à Marie et Joseph à dos d'âne cherchant où elle pourrait accoucher et ça s'est terminé dans une crèche. Tout comme Marie, la jeune femme était enceinte de 8 mois. Quelle coïncidence, c'était aussi en décembre!
Je pense que vous auriez pu leur offrir tout au plus votre repas. Mais non, histoire de les épater, vous les avez fait monter dans votre belle voiture et vous les avez accompagnés dans un endroit où ils ont été accueillis par un juron et un « y était temps ». Par hasard, il n'y avait personne pour les raccompagner en auto après le repas… Une chance qu'une bénévole s'est offerte pour leur rendre ce service sinon que serait-il arrivé ? Tout comme Marie et Joseph, ils seraient retournés à pied encore une fois cherchant de l'aide. Vous écrivez que vous êtes ravi parce que de surcroît, cette jeune femme va donner la vie. Quel manque de jugement! Ne vous vantez surtout pas d'avoir fait une bonne action ce jour-là.
J'espère vous faire réfléchir sur la pauvreté. Vous n'avez sûrement jamais connu la misère pour avoir agi de la sorte, mais en voulant vous élever devant ces gens, je pense que vous vous êtes rabaissé. N'oubliez pas, les écrits restent. C'est ça la charité chrétienne ?
Comme mon grand-père Doria disait quand il arrivait une personne inattendue à l'heure du souper : « Rose-Anna, met de l'eau dans la soupe ». Il n'était pas riche, mais il avait du cœur. C'est ça le partage. Quand il y en a pour trois, il y en a pour quatre.
L'approche de la nouvelle année me fournit l'occasion de vous offrir mes vœux et souhaits de bonne année sur terre en notre époque si troublée à l'échelle planétaire.
Monique Boucher
Saint-Liguori
Marcel Routhier
Commentaire mis en ligne le 6 janvier 2009Madame Boucher,
Je comprend votre désaroi face à l'attitide qu'a pris Monseigneur Lussier cette journée, mais je crois qu'il vous manque quelques notions. Monseigneur Lussier n'a pas refusé de donner à manger à ce couple, il a pris le temps de se vêtir, et de les conduire là où il y avait probablement de la nourriture chaude qui les attendaient, même avec juron si juron il y a eu(question d'interprétation). J'aurais fait la même chose que Monseigneur. Vous semblez bien connaître le couple, ce que Monseigneur Lussier ne connaissait pas. Avec toutes ces invasions de domicile qui se propagent un peu partout, Il n'avait pas de chance à prendre,et Il a bien fait. Dans votre énoncé, vous oubliez le côté sécurité, ce que vos et nos parents n'avaient pas à se soucier autrefois. Malheureusement, autre temps, autre moeurs, la société est ainsi faite, et il faut vivre avec ça. Nous n'avons pas l'autre côté de la médaille pour savoir exactement ce qui s'est passé, dommage que la cathédrale ne soit pas située à St-Liguori...