Denise Hétu interprétera le « Minuit, Chrétiens », le 24 décembre, un peu avant minuit, à la Cathédrale de Joliette.
(Photo : Jean Chevrette)
Denise Hétu à la barre du « Minuit, Chrétiens »
À la Cathédrale de Joliette
Le 24 décembre, Denise Hétu entonnera le « Minuit, Chrétiens », à la Cathédrale de Joliette, un peu avant l’heure solennelle. Elle sera portée par 90 choristes des Chanteurs de la Place Bourget.
Denise Hétu fait partie de la chorale depuis les années 90. Elle explique que le père Fernand Lindsay a pris l’habitude de lui faire chanter le « Minuit, Chrétiens » lors des concerts de Noël. Il y a une dizaine d’années, les Chanteurs de la Place Bourget visitaient les paroisses environnantes. Maintenant, ils se produisent, pour les Fêtes, à la Maison des Clercs de Saint-Viateur. Un concert qui se donne toujours à guichet fermé. Ils sont aussi choisis, depuis plusieurs années, pour les messes de Noël.
Traditionnellement chanté par des ténors, Denise Hétu souligne que le « Minuit, Chrétiens » est de plus en plus interprété par des sopranos. Mme Hétu a étudié l’art lyrique au Conservatoire de musique de Montréal. Sa voix puissante lui permet de livrer une interprétation magistrale du chant. « Les gens m’attendent », remarque-t-elle d’ailleurs.
Un chant qui résiste au temps
Elle exprime que le « Minuit, Chrétiens » est un chant toujours autant apprécié. « Chaque fois, je reçois des témoignages. Il y a des gens qui pleurent. Les gens sont émus et ils ont la chair de poule.» Elle ajoute que c’est un chant traditionnel, autrefois interprété par « quelqu’un du village », qui met en marche la messe de minuit. Un instant solennel.
C’est une pièce qui date du 17ème siècle, dit-elle, et il faut l’aborder en se transposant dans le contexte de l’époque, un temps où les femmes ne chantaient d’ailleurs pas à l’église. « Il faut l’accepter comme tel. » Denise Hétu se rappelle d’une époque où on a tenté de modifier les paroles du chant, ou même, de le proscrire. Aujourd’hui, c’est par contre la version originale qui a résisté au temps et qui est interprétée partout.
Une interprétation exigeante
La soprano spinto a d’abord étudié au conservatoire dans le but de faire de son art une carrière. Elle chante maintenant pour le plaisir. Le « Minuit, Chrétiens » requiert du coffre et est très exigeant physiquement. Denise Hétu souligne qu’elle aborde aujourd’hui ce défi avec plus de sagesse. Le chanter fait toutefois travailler des muscles qui ne sont pas souvent sollicités. « Certaines années, j’en ai mal aux côtes. » Interpréter le chant accompagné d’un chœur ou d’un orchestre demande encore plus de puissance. Denise Hétu a déjà chanté le « Minuit, Chrétiens » en compagnie de la Sinfonia de Lanaudière.
Chaque année, elle donne son maximum pour ce moment tant attendu. Elle désire continuer à chanter le « Minuit, Chrétiens » tant qu’elle pourra le faire.
(Photo : Jean Chevrette)