Michel Gadbois est le vice-président principal de l'ACDA. Il soutient que des cigarettes de contrebande coûtent moins cher que de la gomme balloune.
- Photo Geneviève Blais
La contrebande du tabac n'épargne pas les dépanneurs de la région
Ils réclament une commission parlementaire sur la question
Pris à la gorge à cause de la contrebande du tabac, 12 dépanneurs de la région ont fermé leurs portes au cours des neuf derniers mois. Ce marché illégal leur fait perdre, en moyenne, 100 000 $ par année. Dégoûtés par la situation, ils demandent aux candidats de dire «oui» à une commission parlementaire sur la question.
«Les contrebandiers nous ont enlevé la moitié de notre marché et, si rien n'est fait, ce sera bientôt les trois quarts. Pour nous, comme pour l'ensemble des Québécois, ce fléau est devenu une crise sociale et économique hors de contrôle. Avec un dépanneur par jour qui ferme au Québec, il faut faire quelque chose et vite», lance Michel Gadbois, vice-président principal de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA).
Ce dernier était de passage au dépanneur À Tout Prix-Marché Roger Ferland et fils, de Joliette, le 28 novembre dernier. Une dizaine de détaillants s'étaient déplacés pour l'occasion. Directement touchés par la contrebande du tabac, ils ont manifesté leur préoccupation en arborant un brassard noir au bras gauche, un brassard qu'ils porteront jusqu'à la fin de la campagne électorale.
Pour eux, une partie de la solution consiste à organiser une commission parlementaire. «C'est le point de départ essentiel pour établir un plan d'action sérieux et efficace avec l'ensemble des groupes concernés», souligne M. Gadbois.
En octobre dernier, le Parti québécois (PQ) et l'Action démocratique du Québec (ADQ) ont annoncé leur soutien à la tenue d'une commission parlementaire sur la contrebande du tabac. Le déclenchement des élections a retardé la mise en place de cette initiative. Pour s'assurer que le sujet n'échappe pas pour autant aux candidats des trois principaux partis, les propriétaires de dépanneurs leur demandent de signer un engagement électoral.
C'est ce qu'ont fait les candidats adéquistes de Berthier et de L'Assomption, François Benjamin et Éric Laporte.
«Arrêtons de se mettre la tête dans le sable. À l'ADQ, on est en faveur d'une commission parlementaire, fait valoir M. Benjamin. Je suis ici aujourd'hui, car je suis un gars qui n'a pas peur de mettre ses culottes. On ne marche pas à la menace et on marche avec les gens qui gagnent leur vie honorablement.»
«Le statut quo, c'est inacceptable», ajoute M. Laporte.
Un véritable fléau
Selon Michel Gadbois, les groupes criminels qui ont pris le contrôle de la contrebande du tabac sont dangereux et armés. Et, de plus en plus, ils ciblent les jeunes à titre de clients, mais aussi de revendeurs.
«La moitié des fumeurs qui ont atteint la majorité achètent des produits de contrebande. Le reste du marché est formé par les jeunes. Les trafiquants veulent développer cette part du marché», indique M. Gadbois.
Selon lui, des cigarettes de contrebande coûtent moins cher que de la gomme balloune. «C'est le monde à l'envers», soutient-il.
L'écart de prix entre la cartouche de contrebande et légale est important. On parle de 10 $ contre 75 $, environ.
Denis Trépanier
Commentaire mis en ligne le 2 décembre 2008Je n'ai aucune pitié pour ces vendeurs de clous de cercueil.Avec le gouv.ils ont profité des fumeurs,ça fait longtemps déjà que l'éléphant blanc de Mtl.est supposé être payé...On paye toujours et encore...