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Choisir, malgré tout

Louis Cornellier par Louis Cornellier
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Article mis en ligne le 3 décembre 2008 à 9:18
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Choisir, malgré tout
Même si la campagne électorale qui s’achève n’aura pas réussi à soulever l’enthousiasme, lundi prochain, malgré tout, il faudra bien choisir. Ceux qui décideront de ne pas aller voter pour protester contre la classe politique et les programmes proposés se donneront peut-être bonne conscience, mais ils n’auront pas d’influence. « On ne s’en sort pas : ce sont ceux qui prennent la peine de voter qui décident, écrivait André Pratte en 2003. […] On ne vote pas pour élire le gouvernement idéal; on vote pour choisir le meilleur gouvernement possible.» Sur quels critères, dans ces conditions, faut-il fonder notre choix?

Pour justifier sa décision d’appuyer, à titre personnel, le candidat libéral Christian Trudel, François Charbonneau, président de la commission scolaire des Samares, avance l’argument selon lequel, dans la circonscription de Joliette, « la couleur politique a moins d’importance que la personnalité ». Avantageusement connu dans le milieu lanaudois de la formation professionnelle, Trudel, sur cette base, serait un choix avisé, selon plusieurs. La candidate péquiste Véronique Hivon lui dispute toutefois le statut de personnalité la plus forte. Bardée de prestigieux diplômes et détenant une solide expérience politique malgré son jeune âge, la joliettaine d’origine a été présentée, par Le Devoir, comme une tête d’affiche et un « gros bonnet » du PQ. « Et franchement, en toute objectivité, écrivait le journaliste Stéphane Baillargeon le 17 novembre dernier, Véronique Hivon a tout ce qu’il faut pour se démarquer avantageusement. »

Selon ce critère de la personnalité, la lutte se jouerait donc entre ces deux grosses pointures. L’adéquiste Pascal Beaupré, en effet, ne se démarque pas sur ce plan. En public, on le sent souvent mal à l’aise. Un de ses anciens conseillers m’a déjà dit qu’il était efficace dans la gestion des dossiers, mais cela, pour un député, ne suffit pas. Flavie Trudel, de Québec solidaire, apparaît quant à elle comme une militante aux convictions de gauche assurées, mais la faible popularité de sa formation politique la condamne à rester dans l’ombre.

Il faut savoir, de toutes façons, que ce critère de la personnalité, quoi qu’en dise François Charbonneau, est devenu bien secondaire dans les campagnes actuelles, centrées sur les chefs. En 2004, une étude de l’Assemblée nationale concluait même que 71% des citoyens ne connaissaient pas le nom de leur député! Force est donc de conclure que l’on vote d’abord pour un parti et non surtout pour le candidat local. Sur quelles bases, alors?

Pierre Foglia, dans La Presse du 11 novembre dernier, émettait l’idée que « toutes nos élections vont finir par devenir culturelles ». Il expliquait que, même si les principaux partis acceptent le principe d’une économie de marché plus ou moins régulée par l’État, ils s’opposent « sur tout le reste, sur l’art de vivre, sur la saveur des choses, bref, sur la culture ». En d’autres termes, nous choisirions, en votant, une vision du monde.

Choisira-t-on celle de l’ADQ, très conservatrice, qui propose des solutions simplistes à des problèmes complexes, qui chante les vertus de la santé à deux vitesses et qui voit l’État, pourtant essentiel au développement de notre petite nation, comme une nuisance? On pourrait, au contraire, être tenté par la vision sociale plus généreuse de Québec solidaire, mais ce jeune parti, pour l’heure, reste en panne de crédibilité.

L’affaire se jouera donc entre les deux grands partis. Entre la mentalité strictement gestionnaire, très provinciale, des libéraux, si fédéralistes qu’ils n’ont plus aucun rapport de force avec Ottawa, et la vision plus interventionniste, plus volontaire, des péquistes, attachés à un modèle social-démocrate qui nous a plutôt bien servis depuis 40 ans et convaincus que le Québec n’est pas qu’une des dix provinces canadiennes.

Ma vision du monde me rend sensible au discours de Québec solidaire, mais, pour des raisons d’efficacité, elle me fera voter pour le Parti québécois. Et la vôtre? Ce n’est qu’en passant par l’isoloir que vous lui donnerez du poids. Le reste, lundi prochain, comptera pour du vent.

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

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Pierre Grandchamp

Commentaire mis en ligne le 7 décembre 2008

Mme Richard écrit:"Être efficace, c’est réaliser que le projet souverainiste et social-démocrate ne tient pas la route avec un autre parti que Québec Solidaire".

Mon dernier commentaire:

Il est là le cul-de-sac de QS.Les 194 nations présentes à l'ONU ne sont pas devenues souveraines parce qu'elles étaient d'abord de gauche. Voyons donc!

De plus, les pays souverains élisent des Gouvernements de diverses tendances au cours des ans.Ce n'est pas coulé dans le béton..

Les USA sont de droite actuellement et souverains.

Quand à l'éden des Gouvernements de gauche:l'Ontario a eu un Gouvernement NDP, dans les années 90:ce fut un désastre monumental!

D'autre part, des pays nordiques ont/ont eu des Gouvernementde gauche qui ont fait leurs preuves.

"Être efficace", c'est d'abord se rallier tous ensemble pour faire élire UN parti souverainiste.Par après, nous diviser selon nos tendances.

Ici, dans Joliette, voter QS c'est voter PLQ,à mon humble avis.

En tout respect!

Pierre Grandchamp

Commentaire mis en ligne le 7 décembre 2008

Les partis trop à gauche n'ont jamais eu d'audience importante au Québec. À preuve:le NPD.

D'autre part, c'est ici au Québec, où il y a le plus de mesures sociales en Amérique:les CPE, l'assurance médicaments, congé parental, bas taux de frais de scolarité, etc...

Or, la plupart des mesures sociales ont été adoptées sous le PQ.

Avant d'être à gauche ou à droite, il faut ÊTRE!! Une fois le Québec devenu souverain, là ce sera le temps de choisir des orientations spécifiques via les différents partis.

Or, la réalité est claire:un vote QS est un vote PLQ ou ADQ parce qu'il peut contribuer à faire passer l'un de ces partis.Or, que je sache, ces partis ne sont de gauche!

Ainsi, à la dernière élection dans Joliette, QS a contribué à faire passer le parti le plus de droite:l'ADQ. C'est cela la réalité!

En tout respect!

suzanne richard

Commentaire mis en ligne le 6 décembre 2008
Choisir Québec solidaire plutôt que « Choisir, malgré tout »
Monsieur Louis,
Être efficace, c’est réaliser que le projet souverainiste et social-démocrate ne tient pas la route avec aucun autre parti que Québec solidaire. En nous faisant remonter 40 ans en arrière, ce n’est pas un « modèle social-démocrate » qui nous revient en souvenir. C’est un rappel des nombreuses bévues tant du PQ que du PLQ, et faisons comme vous, ne parlons pas de l’ADQ, comme des décrets sur nos conditions de travail, l’ouverture au privé dans la santé, l’éducation, des appuis aux politiques de droite.
Comme votre vote, monsieur Louis ira au PQ, plaçons-nous pas plus loin que 2005-2006, où il déclare qu’il n’est pas question de ré-ouvrir ce qui nous tient lieu de convention dans l’enseignement collégial et du retrait même du droit de grève. Ce même PQ qui, très récemment, voulait « récupérer » un député adéquiste pour qu’il traverse le parquet de l’Assemblée nationale : de bien belles alliances!

Une seule citation. Le scénariste et auteur compositeur, Richard Desjardins qui apportait récemment son appui à Québec solidaire: "Avec tous les trois autres, t'as l'imnpression que c'est trois commis de banque qui essaient de balancer leur caisse le soir."

Et la souveraineté chez Québec solidaire sera inclusive. Le peuple choisira lui-même. Ça s’appelle une assemblée constituante.
Chaque vote pour Québec solidaire est un vote positif porteur de sens et d’espoir. Être sérieux, c’est voté Flavie Trudel qui a été sur le terrain bien avant les élections et qui sera encore là après les élections pour proposer une voie, une avenue prometteuse et réaliste.

Pierre Grandchamp

Commentaire mis en ligne le 4 décembre 2008

Vous écrivez:
Ma vision du monde me rend sensible au discours de Québec solidaire, mais, pour des raisons d’efficacité, elle me fera voter pour le Parti québécois

Mon commentaire:

J'abonde dans le même sens. Le problème de QS, c'est de viser 2 objectifs égaux en même temps:des mesures de gauche et la souveraineté. On ne peut courir 2 lièvres en même temps! En effet, on peut être du centre-droit, ou tout simplement de droite, et être souverainiste. Avant d'être à gauche ou à droite, on doit naître d'abord!

C'est pourquoi je déplore le programme de QS.En effet,des soi-disant souverainistes, vont voter pour un parti marginal, il faut le dire.Ce faisant, ils peuvent contribuer à faire passer le PLQ ou l'ADQ:ce qui est loin des objectifs de base de ce parti.

Ainsi, à la dernière élection, cette division du vote souverainiste avait contribué, notamment, à faire passer l'ADQ dans Joliette....et le PLQ dans Sherbrooke.


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