Le programme de Maternité sans danger a pour but de protéger la santé de la mère et de son enfant tout en lui permettant de poursuivre ses activités professionnelles.
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Les infirmières enceintes au travail plus longtemps
Effet de la pénurie de personnel?
Les infirmières enceintes sont maintenues à l'emploi plus longtemps que par les années passées, leur charge de travail ayant été modifiée dans le cadre du programme Maternité sans danger. Les changements ne font toutefois pas l'unanimité. Certaines de ces futures mamans estiment être pénalisées par la pénurie de personnel. Une position réfutée par Dre Mireille Arteau de la Direction de la santé publique.
«Le travail est moins risqué? Moins difficile? Pas du tout. Nous ne devrions pas être pénalisées à cause de la pénurie», estime Chantal (nom fictif), qui a accepté de parler sous le couvert de l'anonymat.
Les informations transmises par le Syndicat des professionnelles en soins de santé du Nord de Lanaudière (FIQ) précisent qu'avant janvier 2008, les infirmières devaient travailler jusqu'à la 24e semaine de grossesse. Ensuite, le nombre de jours d'ouvrage diminuait jusqu'à atteindre une seule journée. Les futures mamans pouvaient être debout jusqu'à cinq heures par jour, une situation qui a poussé plus d'une quinzaine d'infirmières à porter plainte en 2007.
Pour corriger le tir, depuis janvier dernier, la station debout est limitée à quatre heures par jour à compter de la 24e semaine. Toutefois, la déclinaison de l'horaire a disparu. Les infirmières doivent donc travailler 35 heures hebdomadairement jusqu'à la 36e semaine de leur grossesse.
«On a beau ajuster les lits, on ne trouve jamais la position idéale. On est toujours obligées de se pencher et il y a toujours le risque de se piquer sur une aiguille contaminée. De plus, certains patients confus nous donnent des coups. On fait attention, mais ce n'est jamais prévisible», souligne Chantal.
À sa 15e semaine de grossesse, elle se dit inquiète et préoccupée par la situation. Elle estime que les recommandations effectuées dans le cadre du programme Maternité sans danger ne sont pas nécessairement applicables dans le quotidien.
«Si le patient est malade ou qu'il y a une urgence, on veut aider. On peut difficilement rester là à rien faire en se disant que ce n'est pas bon pour notre santé», soutient Chantal. Elle ajoute que les infirmières ne prennent pas leurs pauses de façon systématique et qu'elles ne peuvent pas toujours respecter le maximum de quatre heures de travail debout par jour. «On essaie de le respecter, mais c'est difficile», soutient-elle.
Si la situation est décriée par certaines infirmières, peu d'entre elles portent plainte. Jean-Louis Pelland, représentant syndical, précise que deux plaintes ont été reçues depuis janvier. «Nous avions beaucoup plus de plaintes avant, car c'était un maximum de cinq heures debout. Maintenant, cela va mieux», estime-t-il.
Il croit que cette décision de modifier les conditions menant au retrait préventif est liée à la pénurie d'infirmières. Une position réfutée par Dre Mireille Arteau de l'équipe de la Direction de la santé publique qui travaille sur le programme Maternité sans danger. «Les recommandations sont émises de façon objective. On ne pénalise pas un milieu par rapport à un autre. Il n'y a aucun lien avec la pénurie d'infirmières, assure Dre Arteau. L'objectif est de protéger la santé de la mère et de son enfant tout en lui permettant de poursuivre ses activités professionnelles.»
Celle-ci explique que des modifications sont régulièrement apportées au programme et que les ajustements touchent toutes les femmes enceintes, pas seulement les infirmières.
Quand les conditions de travail exigées ne sont pas respectées, la femme peut partir en retrait préventif dès la 24e semaine. «Il y a des employeurs qui ne sont pas capables de s'ajuster. Cela dépend du domaine d'activités», souligne Dre Mireille Arteau.
En moyenne, les responsables du programme Maternité sans danger de Lanaudière reçoivent 2000 demandes de retrait préventif par année, alors qu'environ 3 500 grossesses sont répertoriées.