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Les politiciens se moquent de nous

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 23 novembre 2008 à 8:22
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Les politiciens se moquent de nous
Nos politiciens sont véritablement déconnectés de la réalité. En trente ans de carrière, je n'ai jamais vu une campagne électorale avec une aussi imposante quantité de promesses électorales coûteuses. Et dire qu'il reste encore deux semaines !

Cette élection a été déclenchée sous le prétexte qu'il nous fallait choisir une équipe capable de faire face à la crise économique qui s'annonce. Depuis que les politiciens ont pris la route des régions, on a plutôt l'impression de vivre une des plus belles périodes de prospérité de l'histoire. Les chefs des partis agissent comme si le Québec avait d'imposants surplus budgétaires à disposer alors qu'au contraire, tout indique que le gouvernement du Québec se dirige tout droit vers un déficit.

En bon père de famille, lorsque la situation budgétaire familiale dégringole, on a le réflexe de couper dans les dépenses superflues. Ce n'est certes pas le temps de projeter un voyage dans le sud quand le compte de banque est à découvert. Les électeurs le réalisent, si bien que selon un sondage publié mercredi par le Devoir, plus du tiers des répondants se demandent s'il vaut la peine de se déplacer pour aller voter. Un tel comportement a pour effet d'alimenter encore davantage le cynisme des électeurs.

Prenons pour exemple le cas de la Ville de Québec où les promesses électorales donnent lieu à une telle surenchère qu'on en est à chercher des projets à subventionner. Jean Charest ira même jusqu'à relever le sommet d'une montagne pour des Jeux olympiques où Québec n'est même pas encore candidate. La plupart des comtés de la région de Québec sont représentés par l'ADQ et libéraux et péquistes ont bien compris la possibilité d'y faire des gains quitte à acheter l'élection à coup de promesses. Avez-vous remarqué qu'à Montréal où les luttes électorales sont peu nombreuses, le carnet de chèques ne s'allonge pas aussi aisément ?

À leur face même, certaines promesses frisent le ridicule tant il est assuré qu'elles ne pourront être respectées. Citons cette promesse du chef péquiste Pauline Marois d'assurer tous les Québécois qu'ils bénéficieront d'un médecin de famille à la fin d'un prochain mandat. Il n'y a même pas assez d'étudiants en médecine pour couvrir tous les besoins, et ce, sans compter qu'au cours d'un mandat de quatre ans, ce sont des centaines de médecins qui prendront leur retraite. Dans Lanaudière, une région des plus dépourvues, c'est plus du tiers des citoyens qui n'ont pas accès à un médecin de famille. Les difficultés de recruter des médecins ne disparaîtront pas d'un coup de baguette magique. Dans une de nos dernières éditions, nous faisions état du plan d'effectifs médicaux pour le Nord de Lanaudière. On nous accordait deux médecins de plus sur papier, mais dans les faits, ces deux postes s'ajoutent aux 12 autres postes de médecins spécialistes toujours vacants.

Et que dire de Jean Charest qui recycle un vieux slogan de l'élection de Robert Bourassa en 1970 en promettant 100 000 emplois? N'est-ce pas lui qui demande un mandat pour affronter la récession ? Y a-t-il quelqu'un pour croire à cette promesse ? On sera déjà bien heureux de conserver nos emplois actuels.

Le chef de l'ADQ, Mario Dumont, n'est pas en reste dans le domaine des rêves en couleur. Il promet rien de moins que de réduire le décrochage scolaire de moitié en un mandat. Tous les spécialistes s'accordent pour dire que l'atteinte d'un tel objectif se calcule bien davantage en décennie qu'en mandat de quatre ans.

J'ai passé l'âge de croire au père Noël, surtout lorsqu'il prétend passer un huit décembre. Je résisterai à l'envie de ne pas aller voter par principe, mais je risque fort de donner mon appui à celui ou celle qui promet le moins. Il paraît que la population a davantage confiance aux vendeurs de « chars usagés » qu'au politicien. Dommage qu'aucun vendeur de voitures d'occasion ne soit candidat.

André Nadeau

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Pierre Grandchamp

Commentaire mis en ligne le 23 novembre 2008

Pour ma part, j'en ai contre le solutions simplistes de Mario Dumont à des problèmes complexes.

Par exemple, en faisant disparaître les Commissions scolaires, des pluies de millions de $$ vont aboutir dans les écoles.Or, ce serait loin d'être le cas.

Quant au décrochage scolaire, c'est un problème, oui! L'économiste Pierre Fortin, dans L'ACTUALITÉ de septembre, démontrait que ce n'était pas si dramatique que le prétendent certains politiciens.Et que, tout compte fait, le décrochage au Québec était dans les mêmes proportions dans le reste du Canada et aux USA..

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