Madame Marois et le développement des régions
Lettre ouverte
Laissez moi vous parler de Madame Marois et du développement des régions. De 2000 à 2003 j’ai eu l’honneur et le privilège de présider le Centre local de développement (CLD) de la Matawinie, au nord de Lanaudière. Si vous vous souvenez, c’est durant cette période que le ministère des finances du Québec a instauré le fameux crédit pour les régions ressources et que Gilles Baril était le ministre responsable des régions.
Alors que la MRC d’Antoine-Labelle, dans les Laurentides, et la MRC de Mékinac, en Mauricie, se voyaient octroyées l’accès à ce crédit important pour le développement, la MRC de la Matawinie, située entre ces deux MRC et étant aux prises avec les mêmes défis économiques et de développement, fut exclue des MRC devant bénéficier de cette aide sur une base de 10 ans.
Rencontrant d’abord Monsieur Baril, ce dernier nous annonça que la Matawinie avait été exclue de l’ensemble des MRC ressources afin que ce dernier ne soit accusé de choix partisans. Encore aujourd’hui, je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui a motivé ce député à agir à l’encontre du bien être et de la prospérité économique de son comté et de ses électeurs.
Ne pouvant accepter son verdict, nous avons soigneusement préparé divers documents que nous avons présentés tant au ministère des régions qu’au ministère des finances. Accompagné du préfet de la MRC, nous avons rencontré Madame Marois pour lui démontrer, sans l’ombre d’un doute, que la MRC de la Matawinie était, selon toutes les définitions et statistiques, une MRC ressource et que le fait de ne pas avoir accès au crédit pour les régions ressources s’avérerait néfaste pour sa croissance.
Bien que nous ayons obtenu un semblant de victoire en étant reconnu comme région ressource, Madame Marois a par la suite modifié ledit crédit pour ne le rendre accessible qu’aux « régions ressources éloignées ». C’est ainsi que les MRC d’Antoine Labelle et de Mékinac ont pu conserver tous les avantages liés aux divers incitatifs de développement en régions ressources éloignées, puisqu’elles étaient plus éloignées de Montréal que la Matawinie.
Combien d’entreprises ont décidé de ne pas s’installer en Matawinie? Combien d’emplois avons-nous perdu? Aurions-nous évité la fermeture de Louisiana Pacific et l’impact négatif qui continue dans la région de Saint Zénon? Autant de questions qui demeureront pour longtemps sans réponses claires. N’oublions pas que c’est une grande partie de l’économie de Lanaudière qui a été affectée par la perte du crédit pour les régions ressources.
Vous comprendrez que je n’ai d’autres choix que d’inciter les électeurs à la prudence quand Madame Marois fait de tels énoncés, car les règles du jeu peuvent changer trop rapidement.
André G. Garneau