Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal | Édition électronique
L'Action
Louis Cornellier
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Le public en santé : la vraie richesse

Louis Cornellier par Louis Cornellier
Voir tous les articles de Louis Cornellier
Article mis en ligne le 19 novembre 2008 à 10:41
Réagissez à cet article
Le public en santé : la vraie richesse
L’histoire de l’homme d’affaires Gilles Papillon, rapportée par Geneviève Blais dans L’Action du 9 novembre dernier, contient une importante leçon quant à notre attitude face au système de santé québécois. Affecté par la maladie, « Gilles Papillon était prêt à payer pour se faire soigner », écrit la journaliste. La rapidité et la qualité des soins dispensés par le système de santé public, de toute évidence, l’inquiétaient. « Je voulais aller au privé, car je voulais trouver une solution à mon problème, et vite. Je ne voulais pas attendre trois ans », a-t-il confié à la journaliste. Or, surprise, M. Papillon a finalement été pris en charge par le système public et en a été ravi. « Je pense que c’est impossible d’avoir un meilleur service que celui que j’ai obtenu au CHRDL, même pas au privé. C’est un service cinq étoiles », a-t-il conclu.

Presque tous ceux qui ont été vraiment malades et qui ont dû être soignés dans le système de santé public québécois peuvent en dire autant. Comment expliquer, alors, la perception souvent négative entretenue à l’égard de ce système? Dans une récente étude, des chercheurs québécois proposent un solide élément de réponse. Plusieurs sondages médiatisés portant sur notre système de santé, affirment-ils, « utilisent une méthodologie défaillante et sont utilisés par leurs commanditaires pour faire la promotion de leur programme politique, notamment la privatisation des soins de santé », rapporte le journaliste André Noël dans La Presse du 20 octobre 2008.

Ainsi, alors que les sondages financés par des fonds publics indiquent un haut taux de satisfaction quant aux soins reçus dans le système public, les sondages financés par des groupes d’intérêts partisans de la privatisation des soins « répètent à l’envi que les gens estiment que le système de santé est en crise et qu’il faut le réformer en profondeur, plus précisément en permettant le recours à des soins privés ». En d’autres termes, les partisans de la privatisation manipulent les questions et orientent les réponses pour faire mousser leur option.

Par exemple, 70% des Canadiennes qui ont vraiment dû subir une biopsie au sein ont affirmé avoir attendu moins de trois semaines. « À l’inverse, précise André Noël en citant l’étude des chercheurs Contandriopoulos et Bilodeau, seulement 33% des répondants aux sondages commerciaux, disséminés dans la population générale, croient que l’attente est de moins de trois semaines. Bien entendu, la vérité se trouve du côté de celles qui ont vraiment attendu pour avoir une biopsie. »

Les médias, donc, en accordant de la crédibilité à des sondages partisans qui affirment que le système de santé public va mal, suscitent une malsaine anxiété dans la population. « Il y a un peu trop de sensationnalisme lorsqu’on parle des hôpitaux, affirme l’économiste Nicolas Marceau dans Le Devoir du 14 septembre 2008. J’attends encore qu’on me présente des preuves qui démontrent que notre système fonctionne moins bien qu’ailleurs dans le monde. »

L’été dernier, dans « La Déclaration de Montréal », une cinquantaine de médecins réitéraient leur appui au système public et leur opposition à une plus grande ouverture au secteur privé à but lucratif. Au terme d’une vaste enquête de trois ans, l’Organisation mondiale de la santé concluait que « les inégalités sociales tuent à grande échelle » et se prononçait en faveur « de systèmes de santé financés par l’argent public ». Comme le rappelle l’économiste Marceau, même « les entreprises qui s’installent au Canada répètent sans cesse à quel point le réseau public est avantageux, car elles n’ont pas besoin de fournir des polices d’assurance coûteuses à leurs employés ». Dans L’Actualité du 1er novembre, le journaliste François Guérard rapporte que, en 2001, la moitié des familles américaines qui ont déclaré faillite « l’ont fait parce qu’elles étaient incapables de payer des frais d’hospitalisation ».

Dans l’élection actuelle, seulement deux partis s’opposent à une plus grande place du privé en santé : le Parti québécois et Québec solidaire. Il faut le savoir.

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


michel geoffroy

Commentaire mis en ligne le 21 novembre 2008
Il y a de belles réussites dans notre système public mais, malheureusement, beaucoup d'échecs.Les journaux nous en farcissent d'exemples chaque semaine. Hôpital Ste-Justine, cette semaine même: "un jeune patient sur cinq retourne chez lui sans avoir été vu par un médecin" ( La Presse). Peut-être que les parents de ces enfants ne le trouvent pas si beau que cela, notre système...

Chez nos voisins


La question du net

  • Êtes-vous d'accord avec la décision de Steven Harper de geler le salaire des députés ?
  • oui:
  • non: