Québec peut toujours atteindre Kyoto
Commençons cet article du bon pied et, comme on dit, ne boudons pas notre plaisir!
Car oui, plaisir il y a, à constater que le Québec, pour toute la période 1990-2006, a réussi à produire beaucoup plus de richesse, +41%, tout en augmentant de très peu ses émissions de gaz à effet de serre (GES), ces gaz qui contribuent aux changements climatiques : +1,6 %. Cela est la preuve que l’on peut être à la fois prospère et vert contrairement à ce que certains essaient de nous faire croire.
Bon! S’il est de bonne guerre de savourer ses victoires, il ne faudrait pas pour autant « se péter les bretelles ». Dans l’état actuel des choses, chaque québécois, vous et moi, ma belle-mère, votre beau père, émettons quand même 11 tonnes de GES par année.
Onze tonnes, c’est quand même 11 000 Kg, c’est quand même à peu près cinq fois le poids de votre véhicule automobile! Projeté dans l’atmosphère à des centaines de millions d’exemplaires, ça commence à faire un peu beaucoup.
Mais c’est aussi peu par rapport au canadien moyen qui, lui, envoie plus du double de cette pollution dans l’atmosphère!
Ça redevient énorme si on compare cela aux 0,06 tonne de CO2 que le paysan éthiopien émet en moyenne chaque année. En fait c’est 183 fois plus que lui! Et en plus, ce dernier risque de recevoir le gros des changements négatifs qui sont le résultat de la croissance des GES.
Malgré la bonne performance du Québec dans son ensemble, il n’en reste pas moins que dans le secteur des transports, nos émissions polluantes ont augmenté de presque 22%. (toujours pour la période 1990-2006). Comme aime le dire Richard Desjardins : « Il va falloir mettre un homme là-dessus ».
Concrètement, il va falloir, au cours des prochaines années, peser sur l'accélérateur pour développer les projets de tramway, trains de banlieue, voies réservées, pistes cyclables, etc. Il faudra aussi agir en matière d'aménagement du territoire pour freiner l'étalement urbain et la dépendance à la voiture individuelle, en plus d'imposer de nouvelles normes aux constructeurs automobiles.
Mais si l’on s’en donne les moyens, le Québec pourrait bien atteindre les objectifs de Kyoto.
Steven Guilbeault