L’église de Saint-Élie-de-Caxton avait des allures de Hollywood mercredi soir dernier pour la première mondiale du film Babine. Près de 900 personnes se sont entassées dans l’église pour assister à la représentation et rencontrer les artistes. Photo L'Hebdo/Andrée-Anne Trudel
Tapis rouge à Saint-Élie
Babine présenté en grande pompe mercredi soir dernier
Saint-Élie-de-Caxton avait des allures de Hollywood mercredi soir dernier. Des centaines de personnes font la queue pour accéder au tapis rouge qui mène tout droit dans l’église du village. À l’intérieur, les gens trépignent d’impatience. Babine va y être présenté en grande première mondiale.
Le long métrage de Luc Picard basé sur le conte de Fred Pellerin, Il faut prendre le taureau par les contes, est présenté vers 19h30. Selon le maire, André Garand, près de 900 personnes se trouvent à l’intérieur de l’église et plus de 200 ont dû repartir chez eux, faute de places.
Plusieurs comédiens étaient présents sur les lieux. Un à un, ils ont été présentés par Luc Picard, tout comme les Caxtoniens figurant dans Babine qui ont aussi été applaudis par la foule.
Tous savaient leur chance de voir en première mondiale ce film imaginé par Fred Pellerin. Même avec un brin d'humour, il a mentionné aux villageois que les Montréalais assisteraient à la seconde représentation du film à la Place des Arts le 24 novembre prochain, puisque tous tenaient à ce que la première se fasse dans le village d’origine du célèbre «conteux».
Quant au visionnement, on pouvait entendre une mouche volée ou bien les rires en chœur de l'auditoire à chaque fois qu'une pointe d'humour était présentée dans le film. Certains ont même versé une larme un peu plus discrètement.
Ce film, c'est l'univers de Fred Pellerin certes, mais c'est aussi l'univers de tout le village de Saint-Élie-de-Caxton. Babine nous transporte dans un monde féérique, à la hauteur de l'imaginaire du conteur de Saint-Élie.
Autour de Babine, interprété par l'attachant Vincent-Guillaume Otis, une belle brochette d'acteurs donne vie à cette histoire fantastique. Luc Picard, dans son rôle du sympathique éleveur de mouches Toussaint Brodeur, Isabel Richer, la sorcière du village, Maude Laurendeau, qui incarne la belle Lurette, Alexis Martin, qui campe le curé Neuf, René Richard Cyr, en coiffeur toujours un peu éméché qu’est Méo Bellemare, Marie Brassard en Madame Gélinas, enceinte depuis toujours, Julien Poulin, en vieux curé, Marie-Chantal Perron, en Jeanette Brodeur, pour ne nommer que ceux-ci. Sans oublier Fred Pellerin qui agit à titre de narrateur et qui est présent à la toute fin du film, dans une scène qui nous ramène à notre époque.
À la sortie de l’église, mercredi soir dernier, les sourires étaient au rendez-vous tout comme les commentaires très élogieux envers l’équipe de Luc Picard et Fred Pellerin.
«C’est la première fois que Saint-Élie fait du cinéma et on ne pensait pas être populaire autant que ça! J’ai été renversé et en plus, là-dedans, il y a une histoire. Le fou du village, il faut en prendre soin et il faut le respecter. Je dis que c’est un film de très grande qualité. Ce film parle à la population et aux gens de Saint-Élie», mentionne fièrement le maire de Saint-Élie, André Garand.
«C’était vraiment bon. Je ne m’attendais pas à ça», s’exclame Alex-Anne Riopel, de Saint-Élie-de-Caxton, une descendante du forgeron de Saint-Élie.
Vincent-Guillaume Otis, qui incarne le personnage de Babine, s’est dit honoré d’être dans le village où tout a commencé pour la grande première. «Ça fait chaud au cœur de voir ça. D’être ici pour la première mondiale, c’est un cadeau!», explique-t-il.
Le réalisateur Luc Picard, pour sa part, a eu un bon feeling sur la réception de la population caxtonienne. «Mon impression, c’est que les gens ont aimé ça! Ils sont restés debout très longtemps! Mais malgré le son difficile de l’église, tout le monde a suivi et a eu des réactions aux bonnes places!», conclut-il.