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La réforme du capitalisme

Jean-Pierre Malo par Jean-Pierre Malo
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Article mis en ligne le 8 novembre 2008 à 8:46
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La réforme du capitalisme
Le mur de Berlin et plus tard le bloc soviétique se sont effondrés, pourquoi pas le capitalisme triomphant? L’actuelle crise financière qui nous projette dans le marasme économique nous rappelle combien les valeurs les plus sûres et en apparence les plus solides peuvent s’écrouler comme des châteaux de cartes. Qui eût cru que les banques, tant déifiées dans le système capitaliste et tant dénoncées à la fois pour ses juteux profits, étaient aussi fragiles au point de menacer les économies du monde entier? En effet, même si on nous rassure sur la solidité des banques canadiennes, bien capitalisées comparativement à leurs cousines délinquantes des États-Unis, le désordre économique mondial, sans précédent, nous rejoint tous les jours, dans tous les foyers.

Mondialisation oblige, le Canada ne peut pas vivre en vase clos, qu’il soit fait en nickel flamboyant ou en manganèse indestructible. Les marchés mondiaux comme les grandes entreprises sont aujourd’hui inter-reliés et personne, du moins les petits consommateurs que nous sommes, n’auraient jamais pu prédire que les milliers de banques américaines qui dopent le marché des capitaux dans le monde, allaient sauter. Du jour au lendemain, des milliards se perdent en capitalisation, partout dans le monde, en Chine comme au Canada. Tout d’un coup, les capitaux américains ne circulent plus parce qu’ils deviennent rares, le développement économique est menacé et les finances publiques de tous les pays du monde se fragilisent.

Jamais n’a-t-on vu dans l’histoire des peuples, pareil effet de dominos. Les États-Unis du « laisser-faire », du libéralisme économique à outrance et de la domination de son système, même parmi les états socialistes, remettent tout en question. Les Républicains, plus durs et durs que les cowboys de la finance qu’ils défendent, ont dû investir comme gouvernement, 700 milliards de US$ et garantir pour 3700 milliards de dettes bancaires soit 14 fois le PIB québecois pour sauver les meubles de leurs citoyens! « The best in the world » a-t-on déjà entendu ?

Espérons que les petites secousses à la hausse des marchés boursiers n’empêcheront pas les gouvernements de mettre dorénavant en pratique de nouvelles règles pour mieux encadrer le marché des capitaux et éviter que les brigands de la finance, aux États-Unis , en Russie ou en Asie, ne conduisent les petits investisseurs à la faillite. Il faudra démasquer les spéculateurs ou les faux spécialistes de produits occultes qui travaillent dans l’ombre des édifices du « stock exchange ». Le capitalisme devra vivre désormais avec l’intervention de l’État dans ses affaires pour garantir l’ordre mondial.

On devrait peut-être commencer par faire revenir sur terre les milliers de milliards de capitaux, propres ou nauséabonds, qui ne servent à rien dans les paradis fiscaux de la Suisse, du Luxembourg ou des îles Cayman.

Voilà, assurément, un des plus grands cancers du capitalisme moderne.

Jean-Pierre Malo

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