Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
L'Action
Louis Cornellier
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Donald et les autres

Louis Cornellier par Louis Cornellier
Voir tous les articles de Louis Cornellier
Article mis en ligne le 5 novembre 2008 à 9:33
Soyez le premier à commenter cet article
Donald et les autres
Je n’ai pas fait d’enquête statistique, mais mon intuition me dit que, par personne, c’est-à-dire toutes proportions gardées, la grande région de Joliette est peut-être la mieux nantie, à l’exception de Montréal, en terme d’offre culturelle. Et ce qui est particulièrement remarquable, c’est qu’une bonne partie de cette offre porte le sceau « fabriqué dans Lanaudière ».

Le 23 octobre dernier, par exemple, c’était soir de première à l’espace culturel L’Aube des saisons. On y présentait Un mari idéal, une comédie du grand écrivain anglais Oscar Wilde, dans une production entièrement lanaudoise. Dirigés par Sylvain-Alexandre Lacas, et dans un magnifique décor de José Canelho, Pauline Cournoyer et Jacques Ricard, les sept comédiens de la troupe –Marie-Soleil Roy, Pascal Parent, Simon Mercier, Annie Gravel, Jean-François Gaudet, Annie-Claude Gagnon et Aurore Gendron- font revivre avec justesse et énergie les magouilles de la haute bourgeoisie décadente du 19e siècle. Dans la petite salle de L’Aube des saisons où tous les spectateurs sont collés sur l’action, le résultat, de qualité professionnelle, est franchement convaincant. À voir jusqu’au 8 novembre.

Le lendemain, chez moi, je lisais David et les autres (XYZ éditeur, 2008), le plus récent roman du Charlois Donald Alarie. Homme et écrivain discret qui construit, depuis trente ans, une œuvre à son image, Alarie fut mon professeur de poésie québécoise, il y a vingt ans, au cégep de Joliette. Il fait partie de ceux qui m’ont donné le goût de l’écriture. Je me souviendrai toujours de sa générosité d’enseignant et de notre passion commune à discuter de notre littérature.

Alarie n’écrit pas des fresques enlevantes. Il s’intéresse plutôt aux atmosphères de nos vies quotidiennes, à la trame privée de nos existences et à nos déchirements intimes. Écrivain, le personnage de son dernier roman habite une ville située à 70 KM de Montréal, gagne sa vie en faisant de menus travaux de rénovation et traverse le monde sans faire de bruit, mais en quête de lucidité existentielle.

David et les autres est le roman d’un fils qui devient mari, père et grand-père et qui nourrit son rapport au monde par la littérature. « Pour David, écrit le romancier, traverser la journée sans cette arme rassurante –un livre bien chargé au fond de la poche de son manteau-, ce serait comme se promener nu en plein hiver, à trois heures de l’après-midi, dans une ville de province où tout le monde se connaît depuis la petite enfance. »

Dans une suite de tableaux impressionnistes finement ciselés, Alarie jette un regard lucide sur les drames ordinaires de la vie qui n’empêchent pas, suggère-t-il, de ressentir parfois « la certitude que le monde [va] bien, malgré tout ». Pour lui, la littérature n’est pas qu’un divertissement, mais une arme douce qui donne sens à la vie, à toutes les vies.

Il y a Donald, donc, mais les 7 et 8 novembre prochains, il y aura, dans le centre-ville de Joliette, tous les autres, c’est-à-dire la cinquantaine d’écrivains qui se feront donneurs pour le bonheur de ceux qui le veulent bien. Conçu par l’écrivain lanaudois Jean Pierre Girard, cet événement, qui en est à sa 8e édition, lance les écrivains dans la ville pour les démythifier, pour rapprocher la littérature vivante du public et des lieux de notre quotidien, pour dire que les mots qui font vivre, et ceux et celles qui les donnent, sont partout à leur place, même, comme c’est le cas ces jours-ci, sur les vitres des commerces.

Avec un peu d’attention, vous remarquerez donc que la région, et particulièrement Joliette, sa ville-centre, regorge de culture, lanaudoise ou autre. Ce n’est pas juste « le fun ». C’est un passeport pour le sens, sans lequel le vrai bonheur est impossible.

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net