Sylvie Anctil, Égide Royer et Richard Fiset. (Photo le Journal)
Il faut intervenir dès le primaire !
Réussite scolaire aux Samares
«Les élèves problèmes du primaire «surfent» sur les promotions automatiques. À leur arrivée au secondaire, ils vont créer de l'atmosphère en classe. Les décrocheurs, c'est rarement des premiers de classe.»
Psychologue scolaire depuis plus de 35 ans, conseiller de plus hautes instances en éducation et père de quatre enfants, Égide Royer était mercredi l'un des conférenciers invités par les Samares dans le cadre du troisième colloque «Ensemble pour faire la différence» en faveur de la persévérance scolaire.
L'auditorium de l'école secondaire Thérèse-Martin de Joliette était rempli à craquer d'enseignant(e)s de la maternelle, de première et de deuxième année, et de directrices et directeurs d'écoles.
Égide Royer avait annoncé qu'il brasserait la cage. Il a en fait brassé tout le monde en reprenant parfois le discours syndical. Dans un geste théâtral, pontifical même, il a d'ailleurs conseillé à une participante d'adapter son enseignement aux besoins de l'enfant. «Juste le dire ne suffit pas», a-t-il ajouté pour se mériter les applaudissements d'un auditoire surpris.
Égide Royer a parlé de la «danse du bacon» que font les jeunes en colère, des tempéraments d'enfant-roi engendrés par d'autres enfants-rois et des solutions adoptées au compte-goutte. «J'aime mieux qu'un psycho-éducateur consacre une semaine à une école plutôt qu'il s'y présente une demi-journée par semaine pendant des semaines.»
Le conférencier a recommandé aux enseignants de collaborer avec les parents, de les surprendre même en leur communiquant que leur enfant vient de commettre un bon coup. «Vous verrez les résultats tant au niveau de l'élève que des parents.»
À l'heure actuelle, quatre élèves sur 10 quittent les Samares sans diplôme professionnel ou d'études secondaires. En intervenant auprès des tout petits, M. Royer est persuadé que le taux de succès pourrait augmenter de 10 % en quelques années.
Directrice générale adjointe des Samares, Sylvie Anctil a d'abord été orthopédagogue. «J'ai toujours été en faveur des interventions précoces. Malgré la diminution du nombre d'inscriptions, donc des montants en provenance de Québec, le budget de soutien aux élèves a été augmenté», a-t-elle signalé.
Le taux d'abandon scolaire est le double dans les milieux défavorisés. «Or, c'est notre réalité dans neuf écoles secondaires sur 10. Plusieurs parents, a-t-elle déploré, ont de mauvais souvenirs de l'école et encouragent peu leurs enfants.»
«Les jeunes sont le moteur de notre société. Il faut accroitre la persévérance scolaire. Il n'y a pas de recette miracle. La famille, la communauté, les écoles font partie de la solution», a enfin résumé le directeur général des Samares, Richard Fiset.