Marc Corriveau, Diane Vendette, Daniel Tessier et Denise Boucher, devant les locaux de la CSST à Joliette, qui sont comme par hasard situés juste en face de ceux du Conseil central de la CSN. Photo: André Lafrenière
Année après année, des travailleurs meurent ou sont blessés
Santé et la sécurité du travail: 85% des travailleurs ne sont pas protégés
Près de 30 ans après son adoption, la Loi sur la santé et la sécurité du travail ne s'applique toujours pas à 85% des travailleurs du Québec. Année après année, le nombre de décès et d'accidents du travail ne varie guère, preuve qu'il faut que la loi couvre tous les travailleurs.
Tel est le message qu'une vice-présidente de la CSN, Denise Boucher, est venue livrer à la directrice générale régionale de la CSST, Diane Vendette, mardi midi à Joliette. Piloté par son président, Daniel Tessier et son vice-président chargé des questions relevant de la Loi sur la santé et la sécurité au travail, Marc Corriveau, le Conseil central de la CSN de Lanaudière avait, pour l'occasion, organisé une petite manifestation de soutien aux revendications de la centrale.
Dans Lanaudière, on signale six accidents mortels ou dus à une maladie professionnelle lors des premiers sept mois de 2008. Au Québec, d'après des chiffres fournis par la CSST, 118 personnes ont ainsi été touchées au cours de la même période.
Mme Boucher a fait remarquer à la directrice de la CSST que cette loi sur la santé et la sécurité a pour objet « l'élimination à la source même des dangers pour la santé, la sécurité et l'intégrité physique des travailleurs. À son entrée en vigueur, la loi devait s'appliquer graduellement à tous les secteurs. Mais, depuis 1985, la CSN dit constater que seulement 15 % de la main-d'œuvre est protégée par la loi. Selon Mme Boucher, il est clair que quelqu'un au gouvernement met des bâtons dans les roues. « Comme par hasard, la mise en œuvre des dispositions de la LSST s'est arrêtée: juste au moment où elle allait s'appliquer à l'administration publique; juste au moment où le gouvernement allait devoir assumer des coûts de libération pour les comités paritaires et les représentants à la prévention.»
En conséquence, d'ajouter Mme Boucher, la CSST devrait faire pression pour la mise en application de la loi pour l'ensemble des groupes de travailleurs non couverts. Le gouvernement doit appliquer à tous les secteurs, sans exception, la réglementation prévue à la LSST et, en particulier, ses outils de prévention (comité paritaire de santé et de sécurité, nominations de représentants à la prévention, élaboration des programmes de prévention. Il doit aussi augmenter le nombre d'inspecteurs à la Commission de la santé et de la sécurité du travail, qui est actuellement de 300.»
Pour Marc Corriveau, vice-président du Conseil central de Lanaudière (CSN) où il est responsable des questions entourant la santé et la sécurité au travail, tout semble bloqué depuis 30 ans. Normalement, on peut s'attendre à une amélioration graduelle de la situation du nombre de décès et d'accidents. Pourtant, année après année, les données sont à peu de choses près toujours les mêmes. Cela est triste, injuste et anormal qu'à chaque jour des travailleurs hypothèquent leur avenir et leur qualité de vie à vouloir la gagner. Il est révoltant de constater que certains d'entre eux perdent leur vie, que plusieurs autres se blessent ou sont malades en raison de leur travail.»