Pierre Brunelle Photo Archives L'Action d'Autray
Le dossier de la bibliothèque suscite encore des remous à Saint-Didace
Deux conseillers quittent la séance régulière
La part que la municipalité doit fournir pour le projet de réaménagement de la bibliothèque passe mal à Saint-Didace. Les conseillers Pierre Brunelle et Benoit Noël de Tilly ont quitté la séance ordinaire du 15 octobre après que le vote de la mairesse Isabelle Villeneuve ait fait pencher la balance en faveur de l'implication financière municipale.
Ils doivent démissionner à la fin du mois de novembre afin d'éviter que la municipalité se retrouve en élection (vacance d'un poste survenant moins de 12 mois avant une élection générale). S'ils quittent effectivement leurs fonctions, ce seront les troisième et quatrième démissions en environ un an à cet endroit.
Lourde décision
MM. Brunelle et de Tilly trouvent imposant le poids que la dépense de 40,800$ représente pour les finances municipales. Ce déboursé représente 16% du coût (254,000$) du projet. Le ministère de la Culture a déjà accordé 127,000$ tandis que 76,200$ doivent provenir du Pacte rural et 10,000$ du milieu.
Comme leur collègue Marc-André Gravel, ils sont contre. La mairesse a dû trancher puisque les trois autres élus ont voté en faveur.
M. Brunelle qualifie d'astronomique la participation financière municipale. Il craint que d'autres factures apparaissent en raison de l'âge de l'ancien presbytère (bâtisse où loge la bibliothèque) qu'on compte restaurer en partie.
«Je suis là pour ne pas faire dépenser de l'argent aux citoyens pour rien», lance-t-il. Il rappelle que la population didacienne est d'environ 650 et qu'il y a peu de choses, outre les citoyens et les touristes, qui rapportent des revenus de taxes.
Il a peur que ce soit ses enfants et ceux de ses concitoyens, finalement, qui finissent par payer.
Pour lui, pas question de changer son fusil d'épaule, le mois prochain. «Je ne veux plus rien savoir», maintient-il.
M. de Tilly note que le plan de financement, qu'il dit préparé avec des trucs «cousus de fil blanc», s'appuie sur un estimé datant de 2007. Il ajoute que personne, lors de la rencontre d'information du mardi 9 septembre, n'a pu lui donner l'assurance que la facture ne changera pas.
Il s'interroge sur l'éventuelle participation du Pacte rural, en raison de la division au sein du conseil municipal. Même chose pour la possible contribution de la Caisse populaire Brandon.
M. De Tilly ne croit pas non plus au succès d'une levée de fonds puisque peu de gens empruntent des livres à la bibliothèque.
Il craint plutôt que l'appui financier municipal se traduise par une hausse de la taxe foncière. D'autant plus que Saint-Didace se retrouve à devoir payer une facture d'environ 80,000$; montant représentant sa part des travaux réalisés sur les routes par le ministère des Transports suite aux inondations du début du mois d'août dernier.
«Déjà, on se demande où on va prendre cette somme», dit-il; laissant penser que Saint-Didace va devoir emprunter.
Il aurait apprécié, en raison de l'importante divergence de vue chez les élus, que les discussions se continuent et que le plan de financement soit mieux ficelé.