Bonjour la visite !
Lettre ouverte
Dans le cadre du dernier Sommet de la Francophonie tenu à Québec, le président de la République française est passé en coup de vent et a trouvé le temps de dire aux Québécois comment voter au prochain référendum. Faut le faire ! Belle dénégation d’une formule ayant fait ses preuves que le gouvernement français applique depuis longtemps : une politique de non-ingérence et de non-indifférence. Tout en reconnaissant la sympathie de plusieurs dirigeants français pour le cheminement du Québec vers son autonomie, aucun chef de l’État français ne s’est immiscé dans nos affaires intérieures. Non, je n’oublie mot le mot de De Gaulle. Plus de 40 ans plus tard, je verrais d’un mauvais œil une semblable intrusion. La politique du ni-ni devrait – pour qui veut comprendre – satisfaire l’ensemble des Québécois, car n’implique-t-elle pas l’accompagnement amical de la France même si le peuple du Québec a « choisi » de rester dans le cirque fédéral. De plus, elle s’avère un rempart contre une répétition de 1967. La pensée du président français a couvé depuis un bon bout de temps. Un exemple me vient à l’esprit : les associations Québec-France et France-Québec (dont le mandat de faire connaître et apprécier le pays d’en face) ont vu, ces derniers temps, leurs ressources humaines et matérielles être sensiblement amputées. Ces deux associations sont malheureusement trop peu connues du grand public. Beau coup de main à la fraternité ! Le Canada a tissé sa toile et je me demande si les amitiés entre M. Sarkozy et le richissime Ontarien Paul Desmarais y sont pour quelque chose. Une question de plusieurs millions ! À ceux qui s’y connaissent d’y répondre.
Naturellement, les tenants quasi inconditionnels du fédéralisme se tapent dans les mains. Buvable ! Pendant que la chef du Parti québécois regarde passer le train par une déclaration plutôt drabe, celle de M. Duceppe est, tout au moins, plus stimulante. Pendant ce temps, je me demande ce que nos cousins français pensent de ces velléitaires valses du Québec… celles de Vienne étant certes plus harmonieuses.
Jacques Racine
Joliette