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Ces autres femmes

Élise Brouillette par Élise Brouillette
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Article mis en ligne le 21 octobre 2008 à 13:43
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Ces autres femmes
La fin de semaine dernière, avec mon conjoint, nous avons reçu à l'occasion de l'Action de grâce. Une idée ambitieuse d'instaurer une nouvelle tradition automnale au sein de nos deux familles. Une invitation à venir dans notre coin de pays à l'heure où l'on voudrait tout simplement coller les feuilles de couleur dans les arbres pour toujours. Le goût de réunir nos proches et de les faire se rencontrer et passer un bon moment ensemble.

Au total, quelques amis en plus, nous avons accueilli une vingtaine de personnes pour un dîner traditionnel où nous avons servi de la dinde, découpée au préalable santé mentale oblige, du sucre à la crème et des tartes faites maison. Sans oublier la gelée de canneberges.

Alors que, avant que nos convives ne se manifestent, je terminais à bout de souffle les derniers préparatifs culinaires, j'ai eu cette révélation. J'étais là, à m'épivarder en pensant à servir autant de gens et à tenter de tout arrimer pour que tout le monde mange chaud en même temps. Une tâche qui me semblait juste impossible. Et pourtant, à la fin du 19ème siècle, il n'y a pas si longtemps, c'était une infime partie de la réalité d'autres femmes. Une corvée de chaque jour. Mais comment faisaient-elles? J'ai bien compris pourquoi Émilie dit qu'elle mange froid au début des Filles de Caleb! J'ai pensé à mon arrière-arrière-grand-mère, Élise, qui a mené à terme plus de 20 grossesses. J'ai eu une pensée pour ma grand-maman, Claire, qui a pris soin de ses 13 frères et sœurs. Et je me suis sentie bien ridicule de me dire que je ne me verrais pas préparer un tel repas plus d'une fois par année. Et j'ai ressenti beaucoup de fierté pour des générations de femmes dont j'ai instantanément admiré le courage et la force. Je veux ici leur rendre hommage, pour avoir vécu au quotidien mon impossible!

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