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F. Ménard : Le traitement complet du lisier 2 ans après… Chronique sur le traitement des fumiers

Article mis en ligne le 11 septembre 2008 à 23:53
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F. Ménard : Le traitement complet du lisier 2 ans après… 
Chronique sur le traitement des fumiers
Tableau
F. Ménard : Le traitement complet du lisier 2 ans après…

Chronique sur le traitement des fumiers
L’entreprise F. Ménard a effectué, en 2006, la construction d’une station de traitement des lisiers pour certaines porcheries problématiques de Saint-Dominique en Montérégie. Cette station devait assurer à long terme un bon voisinage avec le milieu tout en maintenant les coûts de valorisation des lisiers compétitifs. Après 2 ans d’opération et près de 2 millions de dollars investis, qu’en est-il de ce système? Cet article dresse un bilan général de la station et fait suite à une visite effectuée au printemps 2008 de la station de traitement située à Saint-Liboire

Avant de se lancer dans le traitement des lisiers, les dirigeants de l’entreprise F. Ménard ont vu plusieurs systèmes de traitement en opération. Leur choix s’est finalement arrêté sur la firme Envirogain. Cette entreprise de la région de Québec était celle qui répondait le mieux à leurs besoins à l’époque. Le système BIOFERTILE-F implanté à la ferme de Saint-Dominique reprend en grande partie les procédés de traitement par boue activée retrouvés dans les stations d’épuration municipales. Rapidement, le lisier est amené par des conduites souterraines et par camions à la station de traitement. Le lisier est alors entreposé dans une fosse d’homogénéisation. Une fois rendu homogène, le lisier suit les étapes de traitement suivantes : une séparation de phase suivie de l’épuration de la fraction liquide, décantation naturelle, digestion aérobie et filtration des boues organiques.

Actuellement, la station traite entre 25 et 40 m3 de lisier par jour. Ce volume correspond à 12 700 porcs-place en engraissement. Les performances d’épuration mesurées sont présentées au tableau.

L’entreprise Envirogain qui avait vendu à l’époque le système BIOFERTILE-F et le suivi technique de la station a malheureusement fermé ses portes depuis l’hiver 2008. La débrouillardise des employés de l’entreprise F.Ménard, en partenariat avec une firme spécialisée dans le traitement des eaux usées, prennent maintenant la relève d’Envirogain sur ce plan.

Au départ, le projet était porteur d’innovations visant à rendre plus accessible le traitement complet du lisier aux fermes porcines Québécoises. La conception globale du système devait notamment permettre de récupérer un maximum de chaleur découlant de l’activité des bactéries aérobies et du mur solaire installé sur une des façades du bâtiment de traitement. Toute cette chaleur reprise devait servir principalement à réduire les coûts du séchage de la fraction solide du lisier. Une fois séché, ce solide pouvait notamment servir à la fabrication d’engrais organo-minéral (OM) à valeur ajoutée.

À l’intérieur de la station de traitement, la firme Envirogain a développé et installé des équipements permettant le compostage et le séchage avancé de la fraction solide. Malheureusement, ils sont demeurés au stade de projets. Le mur solaire génère toutefois suffisamment de chaleur pour réduire les coûts de chauffage de l’entrepôt de séchage qui sert, de façon temporaire, à remiser l’équipement lourds et la fraction solide dégagée par le traitement.

À l’heure actuelle, l’entreprise mélange la fraction solide du lisier avec du fumier de volailles (Saint-Paul d’Abbotsford). La vente de ce solide permet de couvrir les frais de transport associés à la valorisation de.

La fraction liquide (85% du volume de départ) est quant à elle irriguée, deux fois par année au printemps, sur les terres en propriété autour de la station de traitement. Les doses épandues se situent entre 55 et 70 m3/hectare sur des cultures de foin. Le coût des épandages s’élève à 0,50 $/m3 d’effluent traité. Le traitement à permis, pour un même volume de lisier, de réduire le besoin en terre de 95%.

Malgré un contrôle amélioré des odeurs et une diminution importante du besoin en terres nécessaire pour l’épandage, le système implanté chez F.Ménard n’est pas parfait. Des coûts non-prévus se sont ajoutés au cours de la construction et le procédé reste encore à être maîtrisé et optimisé.

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