Quatre semaines de travail intensif
Les quatre dernières semaines n’ont pas toujours été faciles pour l’équipe de chercheurs de l’Université de Montréal qui a pris part aux fouilles à Saint-Ignace-du-Lac. Il leur a fallu beaucoup de patience, de détermination et de volonté pour poursuivre leur mission, même sous la pluie.
«Le travail est très physique. Il faut aller vite, mais il faut aussi s’adapter aux découvertes. Et il y a les fortes pluies qui nous ont parfois obligés à s’arrêter», a expliqué Isabelle Ribot, professeure adjointe au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal.
À leur arrivée, le 28 juillet, ils n’ont eu d’autres choix que de débroussailler la section de l’île à étudier. La végétation y était dense et difficile d’accès.
Après deux jours de déboisement intensif, ils ont commencé à installer un quadrillage sur une superficie de 25 mètres par 25 mètres. Les premières tranchées ont été creusées dans le centre de la zone. Ils y ont découvert des planches de bois, des clous, des morceaux de verre et du fil barbelé.
Étant donné que leurs trouvailles se limitaient à des objets liés à l’habitat, ils ont poursuivi leurs recherches plus au nord. C’est à cet endroit qu’ils ont découvert la pierre tombale. «Ça nous a donné de l’espoir», a soutenu Mme Ribot.
Une journée dans la peau d’un chercheur
Au travail dès 7 h 30, les chercheurs ont creusé des tranchées et ont parcouru les trous à l’aide de leur truelle, toujours en espérant trouver des ossements humains. Ils ont noté toutes leurs découvertes, ont analysé la nature du sol, ont fait des dessins et des plans. «Nous avons besoin d’un maximum d’informations», a soutenu Isabelle Ribot.
Aux endroits les plus intéressants, ils ont installé des bâches afin de bien pouvoir se retrouver lorsqu’ils retourneront sur le site l’été prochain.
Ils accentueront alors leurs efforts sur la fouille d’une zone plus grande située tout près de celle qu’ils ont déjà étudiée. «Une fois que nous aurons trouvé une sépulture, nous pourrons mieux définir l’organisation du cimetière», a précisé la professeure en ajoutant qu’elle croit être sur la bonne voie.
Des connaisseurs de la nature ont remarqué la présence d’une vieille souche de pin dans ce secteur, laquelle aurait été coupée à la méthode ancienne. Or, un pin est présent tout juste à côté du cimetière, sur les photos anciennes de Saint-Ignace-du-Lac.
Rappelons que la majeure partie de cette municipalité a été inondée lors de la création d’un barrage sur le rapide Toro. Environ 600 personnes avaient alors été forcées de quitter leur village.