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Louis Cornellier
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Mon été dans Lanaudière

Louis Cornellier par Louis Cornellier
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Article mis en ligne le 25 juin 2008 à 6:19
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Mon été dans Lanaudière
L'amphithéâtre de Lanaudière
Mon été dans Lanaudière
J’aime Lanaudière. Profondément. Comment pourrais-je, de toute façon, faire autrement. Tout, dans mon parcours, m’attache à cette région. Mon grand-père paternel a cultivé la terre de roches de Saint-Damien pour faire vivre les siens. Mon grand-père maternel, lui, commerçait à Saint-Gabriel. Mes racines sont là.

J’ai fait mes études primaires et secondaires dans cette petite ville, sauf la dernière année, à Saint-Félix. Déjà sportif, à l’époque, j’ai eu la chance de participer à des compétitions de lutte olympique à Saint-Michel-des-Saints et à Repentigny, et de m’adonner au cross-country scolaire à Rawdon et à Mascouche. Venir à Joliette avec ma mère, pour moi, quand j’étais petit, était une fête. J’aimais cette ville que je trouvais bien grande. Je me souviens avec une saine nostalgie de mes études au cégep. La fête continuait. Elle se poursuit toujours, d’ailleurs, puisque j’y enseigne aujourd’hui avec un enthousiasme renouvelé. C’est ici, avec ma femme qui vient de Saint-Ambroise, qu’est toute ma vie, même si je suis bien content de vivre à proximité de Montréal, cette magnifique métropole qui constitue le cœur du Québec.

Aussi, quand viennent les vacances, je n’ai pas envie d’aller voir ailleurs. Il faut savoir, en effet, comme le suggérait Voltaire, cultiver son jardin, et je m’y applique avec bonheur. Cet été, dans Lanaudière, je ne m’ennuierai pas.

Par quelques doux soirs, j’irai au Ciné-parc Joliette, à Saint-Ambroise, regarder quelques comédies légères, dans le confort de ma voiture, avec des amis. J’exprimerai là cette part américaine de l’identité québécoise que mon grand-père maternel aimait tant. Pour nourrir la part française de cette même identité, j’irai, en juillet, assister à la pièce de théâtre de la troupe Advienne que pourra, dans le jardin français de la Maison Antoine-Lacombe, à Saint-Charles-Borromée.

Pour entretenir la part typiquement québécoise de mon identité –et faire quelques découvertes à saveur internationale-, je me gaverai, fin juillet, de la crème de la musique traditionnelle au festival Mémoires et Racines (en espérant que leurs verres de bière écologiques, cette année, ne seront pas unilingues anglais). Ceux qui boudent ce riche happening musical, probablement le meilleur au Québec, ne savent pas ce qu’ils manquent.

Je ne manquerai pas non plus, bien sûr, de jouer au tennis dans les parcs de Joliette et de jogger dans ses rues dont je ne me lasse pas. Il y a une sagesse à arpenter à répétition le même chemin. La vie est trop courte pour qu’on la passe à se disperser. Presque toujours, le parc Louis-Querbes sera ma ligne d’arrivée. Pourquoi irais-je au bout du monde quand le calme et la beauté, aussi modeste soit-elle, se trouvent à deux pas de chez moi? D’autres fois, j’irai lire là, sur un banc, au bord de la rivière.

La montagne de Saint-Damien sur laquelle broutait le petit troupeau de mon grand-père m’accueillera aussi. À son sommet, on voit loin. Mes ancêtres, qui ne voyageaient pas plus que moi, rêvaient néanmoins, eux aussi, de larges horizons. En chemin, je m’arrêterai souvent à Saint-Gabriel, pour aller saluer les miens, bien sûr, mais aussi, peut-être, pour aller marcher un peu dans la cour d’école et sur le terrain de jeu de mon enfance. La mélancolie, affirmait Victor Hugo, c’est « le bonheur d’être triste ». Revenir sur les lieux de son enfance, seul et dans le calme, quand on est heureux, c’est expérimenter l’universelle et douce douleur du passage du temps, un sourire aux lèvres.

« J’ai découvert, écrivait le grand philosophe Blaise Pascal, que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre. » Lanaudière, cet été encore, comme d’habitude, sera ma chambre, mon chez-moi. J’y trouverai un discret repos qui ressemble au bonheur. Je vous en souhaite tout autant.

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

N.b. Louis Cornellier sera de retour dans nos pages le 3 septembre.

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Dany Lavigne

Commentaire mis en ligne le 17 juillet 2008
Cher Louis,
Tes textes sont toujours aussi excellents! Je n'ai pas l'âme d'un grand voyageur, donc j'opterai également pour le tourisme local. Merci pour les suggestions de sorties (je ne connaissais pas le festival Mémoires et Racines). Il est vrai qu'on vit dans une belle région!
Bon été,
Dany

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