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Pour la bonne cause

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 13 juin 2008 à 14:50
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Pour la bonne cause
Les Lanaudois m'impressionnent par leur grande générosité. Dans le contexte actuel, alors que le prix du carburant ne cesse de grever les budgets familiaux, que les tarifs des services grimpent plus vite que les salaires et que les aliments coûtent de plus en plus cher, on pourrait raisonnablement s'attendre à ce que les gens sabrent dans leurs dépenses. Normalement, les loisirs et les souscriptions de toutes sortes devraient en souffrir. Comme le dit le vieil adage: « charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Pourtant, il n'en est rien! Depuis quelques semaines, les campagnes de financement pour toute une kyrielle de bonnes causes se multiplient et se chevauchent. Dans nos deux dernières éditions, nous rapportions les résultats de plusieurs campagnes de financement, lesquelles ont recueilli plus de 630 000 $, une somme impressionnante.

L'omnium Richelieu a ouvert la marche avec une collecte de 100 000 $, suivi du téléthon de l'Opération Enfant Soleil qui affiche un total de 56 000 $. Le tournoi de golf de la Fondation des Samares a amassé 64 000 $ puis, le même jour, le Défi têtes rasées de Leucan permettait de recueillir plus de 190 000 $, alors que le Relais pour la vie de la Société du cancer établissait un record provincial avec 220 000 $, uniquement dans la région de Lanaudière.

Non seulement, ces souscriptions ont-elles connu un succès financier, mais elles ont surtout suscité une participation massive. Plus de 400 personnes se sont fait raser le coco afin d'amasser de l'argent pour Leucan et les enfants atteints du cancer. Samedi dernier, les alentours de l'école Dominique-Savio de Notre-Dame-des-Prairies étaient si achalandés qu'on se serait cru un soir de fête nationale. Ces deux manifestations touchaient vraiment une corde sensible dans notre population.

D'autres souscriptions se dérouleront au cours de l'été et sont aussi assurées d'un succès. On a qu'à penser au tournoi de golf de la Fondation Raymond-Gaudreault et celui de la Fondation du CHRDL ou encore l'omnium André-Chalut.

La preuve de la générosité des Lanaudois n'est plus à faire et ces faits entrent en flagrante contradiction avec les données sur la générosité des Canadiens, publiées par Statistique Canada, qui nous classent bon dernier, loin derrière les Anglais. L'organisme fédéral tire ses informations des déductions pour dons de charité réclamées par les contribuables lors de la production des déclarations de revenus. Il appert que les Québécois, contrairement aux autres Canadiens, sont beaucoup moins nombreux à réclamer des reçus de charité lorsqu'ils font des dons. Un organisateur d'une campagne de financement me disait le week-end dernier qu'à peine la moitié des souscripteurs demandent un reçu aux fins de l'impôt et c'est bien souvent parce qu'on le leur a offert. Pas sûr qu'au moment de produire la déclaration de revenus, elles donnent lieu à des déductions.

Toutefois, on doit reconnaître que les gens sont très sollicités par toutes sortes de bonnes causes et qu'il est parfois difficile de toutes les appuyer. Il y a plus de 20 ans, un grand nombre d'organismes d'aide aux démunies ont constaté que la multiplication des sollicitations risquait de tuer la poule aux œufs d'or. C'est alors qu'ils se sont regroupés sous l'égide de la Fédération des œuvres de charité devenue aujourd'hui Centraide. C'est ainsi que Centraide organise une seule campagne pour ensuite partager les fonds. Depuis, l'éventail des organismes vivants de l'aide du public s'est considérablement élargi pour couvrir les services de santé, d'éducation en plus des organisations culturelles et sportives. On est ni plus, ni moins revenu au point de départ. Si l'économie devait connaître des sautes d'humeur, il existe un risque réel d'essoufflement et ce serait bien dommage pour toutes ces causes qui nous tiennent tant à cœur.

André Nadeau

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