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Zone agricole permanente: déjà 20 ans!

La Confédération et les fédérations régionales boudent la cérémonie commémorative

Article mis en ligne le 11 juin 2008 à 12:26
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Zone agricole permanente: déjà 20 ans!
Pour commémorer le 20e anniversaire de la signature du Protocole d'entente conclu ente la Ville et le Syndicat des producteurs agricoles de Laval, on avait réuni quelques signataires de l'époque. (Photo: Martin Alarie) Fichier: Protocole
Zone agricole permanente: déjà 20 ans!
La Confédération et les fédérations régionales boudent la cérémonie commémorative
Le 20e anniversaire marquant la signature du Protocole d'entente conclu ente la Ville et le Syndicat des producteurs agricoles de Laval n'a pas été passé sous silence.
Cet accord historique, le seul du genre au Québec, avait pour effet de créer une zone agricole permanente que les autorités municipales s'engageaient à respecter dans son intégrité.
De grands absents
La cérémonie commémorative s'est tenue le 22 mai dernier en la salle du conseil de l'hôtel de ville en présence des principaux acteurs de l'époque.
Une ombre au tableau: l'absence remarquée du cosignataire de l'entente et vice-président du Syndicat local des producteurs d'alors, Roger Paquette qui, en ce jeudi soir de fête, a préféré rester au champ.

Idem pour les dirigeants actuels de la Confédération québécoise de l'Union des producteurs agricoles (UPA) et des Fédérations régionales de l'Outaouais-Laurentides et de Lanaudière qui ont tous boudé l'événement, et ce, en dépit d'une invitation qui leur avait été dûment adressée.

Force est de reconnaître que, malgré toutes ses bonnes intentions, le président du Syndicat de base de l'UPA Laval a échoué dans sa tentative de créer un rapprochement avec les différentes instances de l'UPA.

Occupant depuis les 21 dernières années la présidence de l'association syndicale locale, Gilles Lacroix fait contre mauvaise fortune bon coeur. Devant cette importante désaffection, il dit tout simplement «accepter leur choix» en parlant de ceux qui le désavouaient en février 2007, conséquemment aux recommandations d'un rapport accablant déposé par le comité de déontologie.
Passé plus heureux
Pendant que le torchon brûle entre le syndicat local de l'UPA et les instances supérieures, on célébrait ces jours plus heureux où, au printemps 1988, la Confédération, la Fédération régionale et le Syndicat de base des producteurs agricoles lavallois étaient tous unis derrière la même cause.
«Cette entente mettait fin à une ère de confrontation», a rappelé le maire Gille Vaillancourt, ajoutant que le Protocole d'entente signé le 5 mai 1988 «donne toujours de bons fruits 20 ans plus tard». Nonobstant la Loi sur la protection du territoire agricole adoptée en 1978, «ça dézonait à tour de bras», se souvient Gilles Lacroix.

Directrice de l'Agropôle, Nancy Guay précise le contexte qui prévalait à cette époque.

«La Loi avait fait de Laval une des villes les plus agricoles au Québec, avec une superficie de 47 % du territoire zoné agricole, mais entre 1978 et 1984, les opposants au zonage agricole eurent gain de cause», évoque-t-elle, rappelant que le décret gouvernemental était sans cesse torpillé par de nombreux dézonages, forçant un petit groupe de producteurs à prendre le taureau par les cornes.

Dès 1984, une première approche est faite auprès des autorités municipales afin de mettre fin à l'hémorragie. «Après une cinquantaine de rencontres de travail répertoriées entre 1986 et 1988, les parties réussissaient, en mai 1988, à s’entendre pour redéfinir le périmètre de la zone agricole et consacrer la première zone agricole permanente au Québec», de remémorer Mme Guay.

Pour Gilles Lacroix, le Protocole d'entente ouvrait un dialogue avec la Ville en jetant les bases à un climat de coopération basé sur la confiance et le respect mutuel. «C'est un outil évolutif qui nous permet de poursuivre nos activités agricoles dans un contexte d'agriculture intra-urbaine».
Zone permanente
À l'article 9 du fameux accord, la Ville s'engage expressément à ne pas recommander, ni appuyer toute requête déposée devant la Commission de la protection du territoire agricole, visant une utilisation autre qu'agricole dans la zone permanente, sauf pour des fins d'utilités publiques.
Si la zone agricole révisée en 1990 s'est vue amputer de 40 % de sa superficie initiale, l'engagement de la municipalité assurait à tout le moins un caractère permanent et immuable aux 7194 hectares restants.

«C'est près de 30 % du territoire que l'on consacre à la production agricole», a signifié Gilles Vaillancourt, signataire de l'entente de 1988 en qualité de président intérimaire du comité exécutif de Ville de Laval et de la Municipalité régionale de comté.

Le maire n'a pas manqué de souligner que la production agricole lavalloise est dix fois supérieure à celle de l'agglomération de Longueuil, malgré que celle-ci soit plus grande en superficie et plus nombreuse en démographie.

Se targuant d'être «sans doute le plus gros maire agricole du Québec», M. Vaillancourt a tenu à féliciter les cultivateurs présents:«Si la zone agricole est prospère, c'est grâce à vous qui avez su prendre les moyens pour devenir de meilleurs agriculteurs. Vous avez donné à cette entente signée il y a 20 ans toute sa valeur».

(Photo: Martin Alarie)

Fichier: Protocole

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