À quand le litre d'essence à 1,50 $
Entre révolte et résignation
Selon toute vraisemblance, le prix de l'essence atteindra, sinon dépassera, 1,50 $ le litre au cours de l'été qui vient. À ce prix-là, même ceux qui ne se sentaient pas concernés « parce qu'ils en mettaient toujours pour 20 $ » commencent à trouver que les 20 $ sortent souvent du portefeuille.
Certains prétendent qu'au-delà de 1,40 $ le litre, on risque de voir les premiers signes d'une révolte des consommateurs. Les « tannés de payer » vont se choquer noir ? Voyons donc ! Voulez-vous bien me dire comment pourrait se matérialiser cette révolte appréhendée ? C'est effectivement choquant de voir les prix grimper pendant que les pétrolières engrangent des profits records, mais les gens ne se mettront tout de même pas à la bicyclette pour se rendre au travail. Pétro-Canada a réalisé un bénéfice de 1,1 milliard de dollars seulement au cours des trois premiers mois de l'année et c'est la même chose pour les autres pétrolières. Une étude du Mouvement Desjardins évalue à 464 $ la facture annuelle que chacun devra éponger si l'essence se vend en moyenne à 1,40 $ le litre en 2008.
Toutes les raisons sont bonnes pour justifier une hausse des prix, surtout à la veille d'un long week-end ou au début des vacances de la construction : ouragan qui passe proche d'une raffinerie, un iman qui tient des propos épeurants dans un pays producteur, une tempête de sable au Sahara ou un gros rhume du président de la compagnie. Remarquez que ces derniers temps, les pétrolières ne prennent même plus la peine de justifier les hausses.
Occasionnellement, des groupes lancent un mot d'ordre de boycottage d'une pétrolière, mais jamais, jusqu'ici, ces exhortations n'ont été suivies par le public. De toute façon, priver une pétrolière de revenus ne ferait qu'augmenter ceux de ses concurrents. Le seul qui écoperait vraiment, c'est le pauvre pompiste qui verrait sa clientèle le déserter.
D'autre part, il serait futile de compter sur les gouvernements pour soulager quelque peu les consommateurs. Pas question de diminuer les taxes, surtout que plus l'essence augmente, plus les recettes de l'État se bonifient, les taxes étant un pourcentage du prix à la pompe. Soyez sans crainte, les pétrolières auraient tôt fait de récupérer la marge libérée par une éventuelle baisse de taxe. Du côté d'Ottawa, les conservateurs sont davantage portés à protéger l'industrie pétrolière que les automobilistes. Il ne faut pas compter non plus sur l'opposition libérale. Son chef, Stéphane Dion, plutôt que de sympathiser avec les consommateurs, suggère avec un sens de l'à-propos sidérant, l'introduction d'une nouvelle taxe sur le carbone qui aurait pour effet de faire grimper encore davantage le prix de l'essence.
On a déjà connu le choc pétrolier de 1973 et la situation s'est ensuite rétablie. Ça ne risque toutefois pas de se produire cette fois-ci, car la hausse des prix du pétrole n'est pas uniquement le fait d'une conjoncture politique temporaire. La pression à la hausse est surtout attribuable à la spéculation encouragée par une demande accrue des pays asiatiques. À mesure que les Chinois et les Indiens se procurent des automobiles et développent leur économie, ils prennent une plus grande part de l'énergie disponible.
Doit-on se résigner ? Pas tout à fait ! Il est sans doute temps de revoir nos comportements et diminuer notre consommation. Juste un exemple: selon Ressources naturelles Canada, les automobilistes canadiens brûlent 643 millions de litres de carburant uniquement parce qu'un ou plusieurs de leurs pneus sont mal gonflés.
Le covoiturage est une autre solution quand on sait que la moitié des gens voyagent seuls dans leur véhicule. Suffit de jeter un œil sur ses voisins dans l'embouteillage du matin au pont Charles-De Gaulle. Et je ne parle pas du transport en commun, car il faut vraiment être mal pris pour l'utiliser, tellement il est peu développé et rebutant.
Faudra peut-être s'habituer à prendre ses vacances au Québec ? C'est si beau …
André Nadeau
Sylvain Guillemette
Commentaire mis en ligne le 25 mai 2008En fait monsieur Nadeau, la demande ne fera qu'augmenter et d'ailleurs à ce sujet, le Pic de Hubert serait déjà atteint, c'est-à-dire le début de la demande toujours plus forte que les réserves, les réserves diminueront donc.
Les chinois sont en ce moment près de 1 300 000 habitants, l'Inde, 1 200 000, sauf que l'Inde ne possède aucune régularisation de la natalité. Bref, demain se plus demandant, surtout depuis la sortie de la voiture indienne à 2500$!
Mais encore faut-il savoir que les alternatives existent, comme par exemple la voiture électrique, à hydrogène ou à air comprimé. Imaginez un instant que l'on mette les mêmes budgets faramineux, qui servent aux guerres impérialistes états-uniennes, dans un tel projet. Imaginez un instant que nous puissions avoir mis, depuis plus d'un siècle, les mêmes investissements que dans la voiture à essence. Imaginez un instant que l'on cesse de vouloir faire des profits sur le consommateur!
www.pcq.qc.ca/Dossiers/PCQ/Economie/AutoElectrique/AutoElectriqueIndex.htm
http://reactionismwatch.wordpress.com/2008/05/22/la-voiture-electrique-est-enfin-disponible-au-quebec-et-a-bas-prix/
http://pourquedemainsoit.wordpress.com/2008/05/24/a-quand-les-reelles-alternatives-au-moteur-a-combustion/#comment-1743
Toutefois, il devient indispensable de relancer le débat, qui n'a en fait jamais eu lieu, je retirerai donc le "RE" de mon "relancer", bref, de lancer le débat sur la consommation de notre système qui ne serait en fait, qu'un vaste suicide collectif, aussi pertinent que les raéliens ou les évangélistes.
La consommation nord-américaine, si elle était globalisée, nécessiterait près de 7 planètes Terre de ressources, où sont elles? Nous défendons donc, sans le savoir, une hérésie. Ce système n'est pas viable, nous devons revoir notre mode de consommation, notre mode de vie et certes, les bourgeois ne seront jamais aussi malheureux d'abaisser la productivité. Mais la survie de l'humanité en dépend peut-être, alors ces parasites minoritaires sur Terre iront au diable (je suis en fait communiste, donc athée), si l'humanité le permet.
Sachez aussi que les pays du tiers monde, comme Cuba, lequel nous sert d'exemple pour prôner NOTRE modèle et cracher sur le leur, nécessiterait aussi, près de 3 planètes Terre si nous globalisions leur modèle, lequel nous ne rêvons pas ici, au Québec, de partager. C'est donc dire que le débat ne fait que commencer, et encore faut-il commencer par le début avant de faire un choix, sinon, cela fera de nous une bande de "totalitaristes".
Débutons par la source du problème, notre consommation, notre mode de vie disjoncté qui ne tient pas compte des réalités environnantes. Encore la semaine dernière, on annonçait que les océans commencent à s'acidifier plus rapidement que prévu. Des traces de vie microscopiques, base de la chaîne alimentaire, commencent à mourir prématurément, compte tenu de l'acidité présente dans l'eau. Il faut aussi comprendre que les scientifiques espéraient ce problème beaucoup plus tard. On attendait plutôt ce phénomène pour dans 50 ans, voire dans le prochain siècle. Vous comprenez donc, qu'il s'agisse d'une urgence?
Lançons d'abord un débat de fond.