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Molière à Joliette

Louis Cornellier par Louis Cornellier
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Article mis en ligne le 14 mai 2008 à 14:21
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Molière à Joliette
Si, par miracle, Molière revenait sur Terre et se retrouvait, par hasard, dans le grand Joliette, il s’y trouverait assurément fort aise. Bien connue comme « sol de musique », notre ville, en effet, est en passe de devenir aussi un « sol de théâtre » très fécond.

Il y a deux ans, dans le jardin français de la Maison Antoine-Lacombe à Saint-Charles-Borromée, le grand dramaturge n’aurait pu résister au charme et à l’énergie déployés par la troupe Advienne que pourra qui jouait sa pièce intitulée Le Dépit amoureux avec brio. Notamment animée par trois Lanaudois –Frédéric Bélanger, Maryse Drainville et Audrey Thériault- passionnés de théâtre, cette troupe remettait ça l’année dernière en incarnant les sympathiques mousquetaires d’Alexandre Dumas et nous annonce, pour cet été, une pièce de Goldoni, le « Molière italien ». Devenu un des plus riches plaisirs de l’été dans Lanaudière, le rendez-vous annuel auquel nous convie cette jeune troupe serait sûrement à l’agenda du père de L’Avare.

Ces jours-ci, cela dit, c’est à l’espace culturel L’Aube des saisons, sis rue Saint-Paul, à Joliette, que le comique français prendrait ses aises. Dirigée par le comédien Sylvain-Alexandre Lacas, la troupe en résidence du lieu, composée d’amateurs lanaudois de 19 à 66 ans, y présente un Monsieur de Pourceaugnac plein de fraîcheur et d’entrain. Appartenant au registre le plus léger de l’œuvre moliéresque, cette pièce raconte les aventures d’un petit noble qui souhaite marier une jeune fille amoureuse d’un autre. Afin de faire échouer cette union non désirée, la promise et ses amis multiplieront les cocasses fourberies. Dans le rôle-titre, Pierre-Michel Gadoury est particulièrement juste et efficace. En médecin incompétent et prêt à tout, même à tuer le malade, pour respecter les dogmes thérapeutiques antiques, Vivianne Lévesque habite aussi fortement la scène.

Réalisé avec de petits moyens, ce spectacle n’est pas parfait. Le décor et les éclairages y sont rudimentaires et le rythme d’ensemble manque un peu de constance. Il reste qu’il s’agit là d’une production fort honorable, jouée par des comédiens amateurs de qualité, vêtus de beaux costumes. Les trois dernières représentations auront lieu cette semaine, plus précisément les 15, 16 et 17 mai, à 20 h.

Fin mai et début juin, L’Aube des saisons présentera Bérénice, de Jean Racine, toujours dans une mise en scène de Sylvain-Alexandre Lacas, directeur artistique de cette salle, qui dirigera alors des comédiens professionnels de chez nous. On peut facilement imaginer que, ami de Racine, notre Molière joliettain ne manquerait pas ça.

Il aurait certainement apprécié, d’ailleurs, la mise en lecture de La Gifle, le plus récent roman de la Pauloise Roxanne Bouchard, présentée par trois comédiens du collectif lanaudois À voix haute, le 30 avril dernier, sur la petite scène du bar L’Interlude, à Joliette. Les spectateurs présents ce soir-là, ravis, en redemandaient, les larmes aux yeux, tellement ils riaient de bon cœur.

Joliette, on le constate donc et on s’en réjouit, brille par son dynamisme théâtral. La relève, de plus, semble assurée. Je n’ai pas vu la pièce présentée à l’école secondaire Thérèse-Martin par les élèves du profil théâtre, dirigés par Annie Gravel, mais des amis, connaisseurs, qui y étaient, m’ont dit avoir été soufflés par la très haute qualité générale de cette production (décors, jeu, mise en scène, éclairages).

J’ai assisté, cependant, récemment, au Psychomaton, une pièce d’Anne-Marie Olivier montée par les étudiants en théâtre du Cégep régional de Lanaudière à Joliette sous la direction de Dominique Corneillier (eh oui, mon frère!), et à La nostalgie du paradis, une pièce de François Archambault mise en scène par Denis Lajeunesse pour le théâtre de l’Os, une activité parascolaire au cégep, et je peux vous assurer que notre ami Molière, en voyant tout ça, dirait que chez nous, c’est chez lui. Ne boudons pas, nous qui sommes encore ici-bas, notre plaisir.

Louis Cornellier

louisco@sympatico.ca

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