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Le traitement des lisiers avec le procédé Uréco chez Élevages Baillargeon

Chronique sur le traitement des fumiers

Article mis en ligne le 7 mai 2008 à 12:04
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Le traitement des lisiers avec le procédé Uréco chez Élevages Baillargeon
Chronique sur le traitement des fumiers
Le 6 décembre dernier, nous avons visité une ferme en production porcine située dans la Montérégie. Cette ferme est équipée d’une technologie de traitement complet des lisiers qui permet apparemment le rejet au cours d’eau à un coût abordable. Ce serait bien le premier système à y parvenir au Québec.

Les Élevages Baillargeon à l’Ange-Gardien est une maternité d’une capacité de 2 000 truies. Cette ferme produit annuellement 15 000 m3 de lisier, soit 40 m3/jour. Elle traite une partie de ses lisiers (environ 5 m3/jour) depuis septembre 2007 à l’aide du procédé Uréco et prévoyait en traiter la totalité dès l’hiver ou le printemps 2008. Ce procédé a été développé par la compagnie Agmatech, une firme spécialisée en automatisation qui a pignon sur rue à Drummondville. Elle travaille notamment à adapter au traitement des lisiers des procédés connus et utilisés dans l’industrie chimique et pétrolière (sables bitumineux). Les essais effectués jusqu’à présent chez les Élevages Baillargeon ont permis de valider l’efficacité du procédé à la ferme.
Quel est ce fameux procédé?
Il s’agit simplement d’une distillation azéotropique de la vapeur provenant de l’évaporation du lisier. Cette technique est bien connue dans la fabrication de spiritueux. Ici, le lisier brut est d’abord pompé de la pré-fosse vers un tamis rotatif perforé afin d’enlever les solides grossiers (poils, écailles de céréales,…). Ces derniers sont ensuite évacués à l’aide d’une vis sans fin vers un abri à fumier. Le liquide est pompé dans une bouilloire où il est chauffé au point d’ébullition. La vapeur obtenue, encore chargée de contaminants volatils, est dirigée vers trois colonnes de distillation. Dans la première, l’eau condensée additionnée d’un solvant est mélangée à de l’acide sulfurique afin d’extraire les composés azotés sous forme de sulfate d’ammonium. Après séparation de phase (l’acide flotte sur l’eau), l’eau est pompée dans la seconde colonne où elle est épurée des autres contaminants à la suite de l’ajout de chaux. Enfin, dans la troisième colonne, l’eau est épurée du solvant par séparation de phase, qui est recyclé au début du procédé. Cette eau respecte les critères de rejet à l’égout pluvial. Or, évaporer de l’eau coûte cher en énergie. Heureusement, il y a des astuces pour économiser les besoins énergétiques. D’abord, la récupération de la chaleur de l’eau sortant des colonnes permet de préchauffer le lisier. Ensuite, une pompe spéciale permet de compresser la vapeur chaude (ce qui réduit le point d’ébullition) et d’en extraire une partie de sa chaleur. Enfin, le tout est bien isolé pour minimiser les pertes de chaleur. Dans ces conditions, selon le promoteur, le coût total approximatif du système est de 6 $/m3, ce qui est fort acceptable. De plus, le sulfate d’ammonium liquide représente un engrais azoté (N) intéressant, similaire au 32-0-0 utilisé en post-levée dans le maïs.

Un bilan massique a été développé par le promoteur. Ainsi, pour une tonne de lisier à 3 % de matières sèches, on obtient 14 kg de sulfate d’ammonium (contenant 70 % du N initial) et 980 kg d’eau épurée : moins de 10 ppm de DCO, 0,02 ppm de phosphore (P) et 1 ppm de N. Trente pourcent du N ainsi que la totalité du P et du K sont concentrés dans les solides résiduels du tamis et de la bouilloire.

Cette technologie présente plusieurs avantages potentiels : les performances ne sont pas compromises par les médicaments, la température ou l’âge du lisier. De plus, il permet d’éliminer les pathogènes et les odeurs. Enfin, il demande peu d’espace. Pour en savoir davantage, je vous invite à me contacter au 450 753-7486, poste 232.

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